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 Break your world. (Raphy)

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MessageSujet: Break your world. (Raphy)   Jeu 29 Sep - 9:21



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Elle n'aurait jamais dû accepter ce rendez-vous, elle le savait. Elle l'avait fait par dépit, par épuisement alors même qu'elle savait que cela ne mènerait à rien. Et là voilà, à marcher sur les quais avec un sombre crétin. Elle n'écoutait plus le moindre mot qui pouvait sortir de sa bouche, son esprit était totalement ailleurs, fatigué de le supporter. « Oh allez Jilly, avoue que c'était marrant ». Elle s'apprêtait à lui lancer un regard des plus méprisants mais il n'en fut rien puisque ce grand gaillard se décida à lui donner un coup d'épaule. Un geste supposément taquin, amical mais qui fut un peu trop brusque. La jolie brune se retrouva face contre terre, la mâchoire serrée. Le jeune commençait à se confondre en excuse, tendant sa main à la jeune femme qui la refusa abruptement. « C'est bon t'en as assez fait ! ». Il recula d'un pas, ne sachant plus quoi faire de sa carcasse. Jilly passa sa main sur son front qui dégoulinait de sang, elle grimaça. De ce qu'elle pouvait dire, elle allait avoir besoin de points. « Je t'amène à l'hôpital ? ». Malheureusement, vu l'emplacement, il était préférable qu'elle ne le fasse pas par elle-même. « Oui, bouge-toi, y'en a un pas loin. ». En temps normal, elle serait aller directement à l'hôpital où ils travaillaient tous les deux mais le trajet aurait été trop long, elle ne voulait pas avoir à le supporter davantage.

Jilly claqua la portière violemment, au moins, cette fois elle était sûre qu'il lui foutrait la paix à l'hôpital. Ce crétin ne pouvait pas croire qu'il avait encore la moindre chance après cela. Jilly se dirigea vers l'accueil des urgences pour remplir les papiers, elle savait bien qu'elle risquait de patienter un moment, ce n'était rien de si urgent après tout. Ce soir, elle aurait vraiment dû s'écouter et profiter de son jour de repos pour dormir et regarder des films stupides. Au lieu de cela, elle avait perdu son temps avec cet homme qui ne l'intéressait même pas. Et même temps, aucun homme -ni aucune femme- ne l'intéressait vraiment de ce point de vue là.

Des brancards passèrent en urgence sous ses yeux et Jill' observait la scène avec envie. Elle aimait tellement ce métier, elle détestait être loin de l'hôpital. Elle jeta un rapide coup d'oeil à son portable. Peut-être qu'à l'est aussi il y avait des urgences, elle pourrait peut-être se rendre utile si elle partait maintenant et cela remonterait le niveau de sa soirée. Elle s'occuperait de cette plaie plus tard. « Mademoiselle Clarke ? ». Eh merde... Jilly se leva pour suivre la jeune femme qui lui indiqua un lit en précisant qu'elle n'allait pas tarder à être prise en charge. A contre coeur, elle s'installa sur le lit, regardant constamment son portable, priant pour qu'on l'appelle, pour qu'une urgence neuro la tire d'ici. Elle était prête à implorer un seigneur en qui elle ne croyait pas à ce moment et pourtant, elle n'était pas encore au bout de ses peines.

Le rideau se tira, dévoilant le début de la farce dont elle était, contre son gré, l'un des protagonistes principal. Elle se figea face à ce visage qu'elle avait aimé au moins autant qu'elle l'avait détesté. Tous ses muscles se crispaient, sa mâchoire était serrée. « La poisse... ». Elle le souffla, pour elle-même, désespérée par avance. Elle voulait fuir, loin, très loin, mais ça ne changerait rien, ça ne changerait pas la réalité. Raphaël était face à elle, il était à San Francisco.

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MessageSujet: Re: Break your world. (Raphy)   Jeu 29 Sep - 13:11

Vingt-deux heures trente-cinq, je baille. Vingt-deux heures trente-cinq, je m'étire. Je termine mon café d'une gorgée et je retourne voir le patient qui s'est foulé la cheville durant une partie de foot avec ses collègues. Il est grincheux, visiblement dégoûté de s'être blessé si bêtement. « Alors, Monsieur Jackson, ça va mieux la douleur ? » Il fait une grimace. Je comprends que ça n'a pas tellement évolué. « Vous pourrez vous en aller après que le docteur soit revenu vous voir. Il ne devrait pas tarder... Désolé de l'attente, il y a eu quelques urgences toute à l'heure. » Il lève les épaules, visiblement résigné.
Je m'éloigne à nouveau et me retrouve face à ma collègue qui gère les accueil. Elle m'interpelle : « Raphaël ? Tu peux t'occuper de la patiente au lit n°5 ? Elle est tombée à vélo, c'est juste quelques points de suture. » J'acquiesce et je pars chercher le matériel. Vu l'heure, je suppose que ce sera ma dernière patiente. La soirée aura été mouvementée avec un accident de voiture violent en début de soirée et un jeune patient arrivé dans une grave détresse respiratoire, ce qui s'est finalement avéré être une pneumonie foudroyante. Ce genre d'arrivée provoque toujours de grosses attentes pour les autres patients qui s'accumulent, eux qui ne souffrent pas de maux vitaux.

Le fil, l'aiguille, l'anesthésiant local, le désinfectant et les compresses posés sur un plateau métallique, j'avance vers le lit n°5 qui est caché fermé par des rideaux pour l'intimité des patients. J'ai hâte d'en avoir fini pour pouvoir rentrer chez moi. Je tire le rideau et je pose le plateau sur la table sans réagir tout de suite. Dans mon cerveau, se produit comme un bug. Pas de réaction. Je fixe Jilly avant de réaliser. C'est elle, c'est bien elle. Combien de fois ai-je cru la voir ? Combien de fois me suis-je figé devant une blonde qui lui ressemblait ? Combien de fois me suis-je crispé en sentant son parfum, en me retournant dans tous les sens pour la chercher ? Elle était partout et nul part à la fois. Parfois, j'avais l'impression que son fantôme me poursuivait, comme pour me rappeler sans cesse ce que j'avais fait. Un parfum, un élément si anodin, mais qui me renvoyait toujours au passé, qui provoquait en moi un mélange de désir et de souffrance. Je l'adorais son parfum. Et je détestais l'adorer.
Et cette fois, elle est bien là devant moi. C'est Jilly. Jilly Clarke. Ma Jilly. Ou plutôt celle de Jean. Je vois trouble et pendant quelques instants je faiblis, me raccrochant à la table comme si rester debout était vital. Je fais quelques pas en arrière, en sueur. « Maddy ! Tu peux t'occuper de la patiente n°5 ? Je peux pas... Je... peux... pas. » Livide, je dois faire peur. Maddy me dévisage, sentant bien que quelque chose cloche. « Raph, fais pas l'enfant et va t'occuper de ta patiente, tu pourras rentrer juste après. On a tous du boulot ici, tu sais bien qu'on est en sous effectif. » dit-elle sur un ton de reproche.

Je respire profondément et je retourne au chevet de Jilly. Elle s'est ouverte à l'arcade sourcillère. Une blessure classique et bénigne, mais qui nécessite tout de même quelques points. Et je sais pertinemment que je ne pourrai pas la laisser partir avant d'avoir fait mon travail. Pour la première fois depuis ma prise de poste, je sens que je ne vais pas y arriver. « Jilly... Je suis désolé, aucun autre collègue n'est disponible... Je vais devoir m'occuper de toi. » Je pense qu'elle a probablement autant envie de me voir que j'ai envie de partir très loin.
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MessageSujet: Re: Break your world. (Raphy)   Ven 30 Sep - 10:14



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Elle le voyait faiblir sous son regard dur et froid, il s'accrochait à ce plateau, elle s'accrochait à sa colère. Il faisait quelques pas en arrière, elle avait envie de s'effondrer. Elle aurait voulu se rouler en boule, cachée sous une couverture et l'espace d'un instant, croire que cette forteresse suffirait à changer la réalité. Elle n'entendait plus ce qui se passait autour d'elle, ce n'était qu'un brouhaha constant. Son regard vide était venu fixé le sol. Elle aurait voulu que rien de tout cela ne soit réel, que ce ne soit qu'un affreux cauchemar mais, elle savait bien que non. Alors, elle était physiquement là mais son âme se battait contre tous ses vieux démons qui guettaient constamment le moindre signe de faiblesse comme des charognards. La tentation de s'évanouir dans les bras de Morphée à l'aide d'une simple petite pilule était plus que tentante. Ainsi elle pourrait échapper aux souvenirs qui la submergeait, la secouait, se mélangeant avec ceux de Jean.

Sueur, torpeur et douleur se confondaient parfaitement à cet instant pour lui donner la sensation d'une brèche immense dans sa poitrine. Cette absence, Jilly n'en avait jamais vraiment fait le deuil, Jean lui manquait chaque seconde de chaque jour de sa misérable vie. Elle le revoyait lui tourner le dos alors que sur sa tombe, elle souhaitait seulement le rejoindre, elle ressentait sa déception. Elle faiblissait, il fallait qu'elle trouve une porte de sortie, une échappatoire. « Jilly... Je suis désolé, aucun autre collègue n'est disponible... Je vais devoir m'occuper de toi. ». Ses mots la fit sursauter. Pourtant, le son de sa voix réveillait en elle les souvenirs d'une douceur passé, la faisant frisonner d'un désir coupable, d'une tendresse désirée. Elle releva alors les yeux vers lui, sans pour autant plonger son regard dans ces prunelles qui l'avait toujours troublé. Le regard de Raphaël l'avait toujours troublé, comme celui de Jean. « Alors fais-le, rapidement. ». Elle souffla, elle voulait que ce moment passe, vite, aussi vite que possible.

Se noyant de nouveaux dans ses souvenirs, elle revoyait leurs corps s'entremêlants, leurs baisers fougueux, passionnés. Elle ressentait encore ce feu ardent prendre possession d'elle. Elle entendait sa voix murmurée à son oreille des mots d'amour. Chaque caresse était la promesse d'un toujours, elle était sienne, totalement sienne. Ce souvenir revenait comme un rappel à l'ordre, ce souvenir n'appartenait qu'à elle et Jean, qu'à celui qu'elle avait réellement aimé. Elle ne pouvait pas le laisser la toucher de nouveau, souiller quoique ce soit d'autre. « NON ! ». Sa voix avait claqué dans l'air comme un violent coup de fouet. Elle ferma les yeux un instant, elle ne pouvait pas se raisonner. Elle ne voulait pas qu'il la touche. « Passe-moi le matériel, je peux le faire moi-même... ne me touche pas. ». Dans ses mots, la colère reprenait le pas sur le trouble, elle ne pouvait pas perdre pieds. Il ne fallait pas qu'il sache à quel point le fait de le voir ici l'atteignait, la brisait. Alors, elle préférait faire les choses elle-même ou encore fuir, aller ailleurs. Elle n'était pas capable de faire face à la situation maintenant. Et puis à quoi bon ? Ils étaient seulement des fantômes du passé l'un pour l'autre. Elle devait simplement veiller à ce qu'il ne vienne plus la hanter.  

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MessageSujet: Re: Break your world. (Raphy)   Mar 4 Oct - 14:47

Je crois que l'instant le plus difficile de toute ma carrière est en train de se jouer sous mes yeux. D'habitude sûr de moi, précis et très professionnel, je suis tombé sur la seule personne sur cette planète qui puisse me faire trembler. Revoir Jilly, me retrouver face à elle a tout d'un cauchemar. Ces retrouvailles, je les ai imaginé des centaines et des centaines de fois dans ma tête, mais pas une seule fois je n'étais parvenu à estimer à sa juste mesure ce que ça me ferait ressentir. Et cette fois, cela ne se déroule plus dans mon imagination, c'est réel. Nos retrouvailles ont lieu dans la seule situation que je n'avais pas imaginé : sur mon lieu de travail, aux urgences de l'hôpital. Jilly faisait des études de médecine à l'époque, elle doit probablement être médecin aujourd'hui. J'aurais pu plus facilement imaginer la retrouver en tant que collègue qu'en tant que patiente. En plus, je ne peux pas me dérober. J'aurais aimé fuir, me barrer coûte que coûte, me dire que si je suis viré, tant pis, je referai ma vie ailleurs, encore une fois. Mais quelque chose m'a poussé à rester. Je ne peux pas fuir, non pas cette fois.

« Alors fais-le, rapidement. » dit-elle sèchement. Je tente de rassembler mes esprits et je me repète mentalement que tout va bien se passer. Après tout, c'est facile. Suturer une arcade sourcilière n'a rien de très compliqué, c'est même plutôt rapide. Comme c'est une blessure fréquente, j'en ai déjà fait un nombre incalculable de fois. Et pourtant, Jilly n'est pas une patiente comme les autres.
Je prends un bout de coton stérile et j'applique du désinfectant pour pouvoir nettoyer un peu la plaie avant de faire les points. Je détaille un peu plus le visage de la jeune femme. Sa peau est couverte de quelques coulures de sang séché, mises en évidence par son teint porcelaine. La voir blessée me fait mal au coeur. Je m'approche doucement d'elle et, tout à coup, elle fait un mouvement en arrière. « NON ! » Je sursaute presque et recule à mon tour instinctivement. « Passe-moi le matériel, je peux le faire moi-même... ne me touche pas. » La colère est lisible sur son visage. Lorsqu'elle me demande de ne pas la toucher, ses mots transpirent la rancoeur. Elle m'en veut toujours et est déterminée à avoir le moins de contact avec moi possible. Sauf que je ne peux pas la laisser faire. « Tu sais bien que ce n'est pas possible. Je ne peux pas te laisser prendre les instruments et je ne vais pas te laisser partir non plus. » Je m'approche à nouveau, supprimant l'espace que j'avais créé entre nous suite à mon sursaut. « Je sais que c'est dur, ça l'est pour moi aussi. Tu es ma dernière patiente, laisse moi faire, ce sera vite fini et on pourra tous les deux partir d'ici, chacun de notre côté. »
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MessageSujet: Re: Break your world. (Raphy)   Mer 5 Oct - 9:04



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Non, c'était non. Elle ne pouvait pas le laisser agir. Elle ne pouvait pas le laisser être celui qui soigne ses plaies. Pas quand il avait blessé son coeur, quand il l'avait anéanti, broyé. Ce n'était rien, ce n'était qu'une petite blessure, superficielle. Ce n'était rien d'important. Et pourtant, c'était trop, c'était bien plus que ce qu'elle était en mesure de supporter. « Tu sais bien que ce n'est pas possible. Je ne peux pas te laisser prendre les instruments et je ne vais pas te laisser partir non plus. ». La respiration de Jilly était bruyante, elle s'accrochait à tout, à rien, à ce qui la faisait se sentir vivante en cet instant. Il se rapprocha d'elle, comblant cet espace né d'un sursaut, il se rapprocha d'elle et son coeur manqua un battement avant de vibrer contre sa cage thoracique à un rythme insupportable. Tout son être se confondait dans cette tourmente sentimentale à ne plus savoir différencier l'amour de la rancoeur, les souvenirs du présents. « Alors, je vais attendre. ». Attendre, attendre que quelqu'un d'autre soit là pour s'occuper de cela, attendre des heures s'il le fallait. Cependant, ce qu'elle voulait vraiment, c'était quelqu'un pour reconstruire son monde, pour lui dire que tout ne s'était pas effondrer, que cette fois tout irait pour le mieux, même si elle était totalement incapable d'y croire. « Je sais que c'est dur, ça l'est pour moi aussi. Tu es ma dernière patiente, laisse moi faire, ce sera vite fini et on pourra tous les deux partir d'ici, chacun de notre côté. ». Un signe négatif de la tête et une larme qui roula sur la joue de Jilly. Elle ne pouvait plus tenir la barre, se fier à sa colère pour tenir. Elle pliait, elle était un genou à terre, complètement brisée. « Rien de tout cela ne sera fini, tu seras toujours là, tout le temps.... t'es tout le temps là, à chaque instant et je peux rien faire contre ça! ». Elle respirait bien trop vite, bien trop fort, elle savait ce que cela signifiait. Elle était médecin. Elle savait qu'elle faisait une crise d'angoisse et pourtant, elle ne se calmait pas, chaque souffle était plus difficile que le précédent. « ça ne changera rien, ça ne changera jamais. ». Il était là mais était-il seulement parti un jour ? Elle ne savait même pas si un jour, elle avait du répit. Si pendant vingt-quatre misérables petites heures, elle avait pu ne pas pensé une seule fois à cette histoire. Cela faisait des années qui la tourmentait peu importe où il était sur cette planète, il la tourmentait sans même le vouloir, sans même le savoir. Alors non, ils ne pourraient repartir chacun de leur côté et reprendre leur vie en agissant comme si ce n'était rien. Ce n'était pas rien, c'était ce qui pouvait arrivé de pire. La douleur était d'autant plus réelle, d'autant plus vive et l'espoir était mort à partir du moment où leur regard s'était croisé. Ils étaient liés à jamais, dans une souffrance qui ne pourrait pas être surmontée. Ils n'avaient pas le droit à l'oubli, ils étaient tous les deux prisonniers de leurs erreurs passés et cette culpabilité qui détruisait leur vie. Il n'y avait d'avenir radieux pour eux, même si elle se laissait faire, même si chacun rentrait chez lui maintenant.  

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MessageSujet: Re: Break your world. (Raphy)   Sam 8 Oct - 15:15

À ma grande surprise, mon professionnalisme finit par prendre le dessus. Je me décrispe peu à peu. Ma respiration est presque normale. Je considère Jilly comme une patiente difficile, pas comme Jilly la femme qui me fait ressentir tant d’émotions à la fois. Il faut dire qu’aux urgences, les situations stressantes et complexes ne manquent pas. Il n’est pas rare que les patients n’acceptent pas le diagnostic et refuse de rester ou de se faire soigner. Alors il faut négocier… Négocier pour les garder en vie. Parfois, il est difficile de garder son calme face à l’évidence de leur état de santé et de leur entêtement. Au début, je me retrouvais souvent désarmé face à ce genre de situation, passant le relai à mes collègues. Avec le temps, j’ai appris. Avec le temps, j’ai trouvé les astuces. Avec le temps, je suis devenu même plutôt bon.

Jilly est sous le choc, en proie à l’angoisse. Son corps entier transpire la panique et l’affolement. Elle réagit comme je devrais réagir face à ces retrouvailles impromptues. Et pourtant, outre ma première réaction, je me surprends à être étonnamment très calme. Et j’espère à présent que cela puisse déteindre sur la jeune femme. Je lui explique doucement qu’elle ne va pas pouvoir s’en charger seule, qu’elle sait bien que je n’en ai pas le droit. « Alors, je vais attendre. » dit-elle, visiblement prête à attendre des heures de plus juste pour avoir un autre infirmier de disponible. D’un signe de tête je lui indique que ça ne sera pas possible, qu’elle va devoir me laisser faire et que ce sera vite terminé. Des larmes font briller son teint crystallin. Son visage est déformé par la tristesse et la haine. Et moi, je reste de marbre, incapable de ressentir quoi que ce soit, comme si la douleur aurait été si intense que mon esprit a décidé de l’éteindre pour m’en protéger. « Rien de tout cela ne sera fini, tu seras toujours là, tout le temps.... t'es tout le temps là, à chaque instant et je peux rien faire contre ça! » crie-t-elle en un sanglot. « ça ne changera rien, ça ne changera jamais. » À travers ses mots, je comprends que même cinq ans après, elle est toujours aussi hantée par le passé que moi. Prisonniers de nos actions, nous ne pouvons nous libérer du poids de la souffrance, de la rancoeur, de la culpabilité. Ça m’a valu des années de dépression, une addiction aux somnifères et dieu sait quoi pour Jilly.

Le rideau s’ouvre tout à coup sur ma collègue Nadia. « Mais qu’est-ce que tu fous Rapha… » Elle s’arrête net en voyant la détresse apparente de Jilly. Elle me regarde alors avec mépris, comme si elle me tenait responsable de tout ça. Ce qui, même si elle l’ignore, est la vérité. Cela dit, son regard sur moi m’irrite profondément. Nadia n’est pas la personne de l’hôpital que j’apprécie le plus, bien au contraire. « Ça va aller mademoiselle, ce ne sont que quelques points, ce n’est pas bien grave. Ne soyez pas effrayée par le sang. » dit-elle, persuadée d’avoir saisi la situation. Avant même que Jilly ne puisse émettre le moindre son, j’interviens. « Ce n’est pas ça, c’est une PNC. » Mon ton est sec et piquant. PNC signifie « Patient(e) non coopératif(ve) », mais ça Jilly doit le savoir en tant que médecin. C’est un code très utilisé dans l’univers des urgences. Là, je n’ai pas vraiment réfléchi et je l’ai dit par habitude, même si ça perd de son sens si la patiente le comprend. « Je crois que tu en as fait assez pour ce soir Raphaël, tu devrais rentrer chez toi. Je prends le relai. » dit-elle sur un ton tout aussi méprisant.
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MessageSujet: Re: Break your world. (Raphy)   Jeu 13 Oct - 6:41



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Elle aurait voulu pouvoir se tenir face à lui telle une statut que même le vent n'aurait pu faire vriller. Elle aurait voulu lui offrir un regard de pire reflet de son amertume et de ses sentiments envers lui. Elle aurait voulu que sa présence ne l'atteigne pas, pas même une seconde. Elle aurait voulu être aussi forte que lui qui se tenait face à elle, prétendant agir professionnellement comme si rien ne venait le toucher, le heurter, le blesser, comme si sa vie n'était pas un vaste désert témoin de la désolation d'un passé honteux. Seulement, elle n'y parvenait pas et le rideau se tira marquant la fin du premier acte, lui offrant un instant pour respirer. « Mais qu’est-ce que tu fous Rapha… ». Le visage de cette femme se décomposa en découvrant celui de Jilly et elle posa un regard accusateur sur Raphaël. Le coeur de Jilly se serra dans sa poitrine, elle avait envie de lui hurler d'aller voir ailleurs, de se casser, que le spectacle se faisait privé, qu'elle n'avait rien à faire là et que ses jugements, elle s'en passerait bien. Elle avait envie de lui arracher ses yeux remplis de mépris parce qu'elle ne savait rien. Et pourtant, elle était là, figée, sans dire un mot, tentant simplement de respirer. « Ça va aller mademoiselle, ce ne sont que quelques points, ce n’est pas bien grave. Ne soyez pas effrayée par le sang. ». Jilly ne dit rien, elle tremblait. Ce n'était pas le sang qui l'effrayait, c'était sa vie toute entière et cette bonne femme ne pouvait rien faire contre ça. Aucune compresse, aucun désinfectant ne pourrait jamais changer ça. Jusqu'ici, Jilly pensait qu'elle vivait sur un champ de ruines dont elle ne pouvait plus rien espérer. Elle s'était trompée, elle vivait sur un champ de mines qui cherchait à la faire exploser. « Ce n’est pas ça, c’est une PNC. ». Jilly releva les yeux, son regard plein de haine se posa sur Raphaël, dégoûté qu'il ait pu dire une telle chose. Elle savait très bien ce que signifiait ce code et il n'avait aucun droit de l'utiliser pour elle. « C'est comme si t'étais totalement étranger à ça ! ». Une chance pour lui, elle n'avait rien -de physique- à lui envoyer à la figure, là tout de suite. Comment voulait-il qu'elle coopère avec lui quand il avait utilisé son coeur en guise de pâte à modeler ? « Je crois que tu en as fait assez pour ce soir Raphaël, tu devrais rentrer chez toi. Je prends le relai. ». Jilly baissa de nouveau les yeux, décider à ne pas regarder Raphaël partir. Elle voulait se casser d'ici, au plus vite.

La jeune femme s'occupa rapidement et soigneusement de Jilly, respectant le silence qu'elle imposait. L'opération fut rapide, en quelques minutes tout était recousu malheureusement, rien n'était réparé. Le mal était fait, la souffrance gagnait du terrain et se nourrissait de l'âme de Jilly. Elle s'éclipsa aux toilettes, observant le reflet de son fantôme dans ce miroir. Elle avait envie de le briser, d'envoyer son poing valser et de faire éclater en morceau cette ombre qui ne lui ressemblait pas. Elle se passa de l'eau sur le visage, elle fit une tresse rapide, laissant une mèche de cheveux cacher son front abîmé et pour finir elle se remaquilla. Elle n'était toujours pas plus que l'ombre d'elle-même mais à cet instant, elle pouvait prétendre, elle pouvait recommencer à faire semblant parce que c'était encore ce qu'elle faisait le mieux et la seule chose qu'elle pouvait encore offrir. Elle n'avait plus le droit de dévoiler sa souffrance au reste du monde, de prendre le risque de les blesser de nouveau. Elle était seule face à son enfer, seul face à l'image de Raphaël. Il ressemblait tellement à Jean... il lui manquait tellement, ils lui manquait tellement.

Elle se précipita hors de l'hôpital, laissant l'air frai remplir ses poumons comme une vaine tentative de se persuader qu'elle était toujours vivante. Elle était bien ici mais son coeur saignait, son coeur souffrait, son coeur hurlait et elle ne savait plus comment le faire taire. Elle l'avait bâillonné durant toute ces années mais aujourd'hui, il en avait assez. Aujourd'hui, elle ne pouvait plus ignorer sa souffrance, sa douleur et ses sentiments. Aujourd'hui, elle s'était ouvert le front sans savoir que c'était le chemin le plus direct vers son coeur.

 

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MessageSujet: Re: Break your world. (Raphy)   Jeu 13 Oct - 10:08


Je baisse les yeux et je me retire, sans plus un mot, sans plus un regard. Je marche d'un pas lent vers les vestiaires, toujours sonné par ce qui vient de se passer. Tout en moi marche au ralenti. Je ne parviens pas à réfléchir, mon esprit est anesthésié par le trop plein d'informations à traiter. Jilly est à San Francisco, tout comme moi. Qu'est-ce que cela signifie ? Comment gérer tout ça ? Peut-on en rester là ? Peut-on vivre tout en sachant qu'on risque de croiser l'autre à chaque instant ? À présent, ce n'est plus le fantôme de mes souvenirs qui me poursuit. Ce ne sont plus les remords. Ce ne sont plus les regrets. Ce n'est pas le spectre du mensonge que je croise à chaque croisement de rue. Cette fois, tout est bien réel et c'est Jilly qui est là, qui s'est trouvée face à moi.

J'ouvre la porte du vestiaire et je me dirige vers le casier qui porte mon nom : "Lenoir". Un nom de famille pas si facile à porter en France, mais sans histoire aux Etats-Unis. Les américains n'en connaissent pas sa signification, ni même le drame tragique qui lui est associé. Ils ne voient qu'un nom de famille aux consonances françaises, qu'ils ne savent pas prononcer. Je tourne les numéros de mon cadenas. Ma date de naissance, mais surtout celle de Jean. De toute façon, tout me ramène constamment à lui. Mes anniversaires, ce sont aussi les siens. C'était mon frère jumeau, ma moitié. Il fait partie de moi. Il a toujours fait partie de moi. Ce soir plus que jamais je pense à lui. Je me demande une énième fois ce qu'il pense de moi s'il a été témoins de la scène. M'aurait-il compris ? Qu'aurait-il fait à ma place. Il s'en serait mieux sorti que moi, j'en suis certain. Il n'aurait pas menti. Il n'en aurait pas eu besoin. Jean savait toujours comment gérer les choses, même lorsqu'il s'agissait de se sortir de situations compliquées. Et moi, j'ai toujours été le boulet de la famille. Parfois Jean s'amusait même à m'appeler son "boulet préféré". Ça me faisait rire. Aujourd'hui quand j'y repense, ça me laisse juste un goût amère. Finalement ces mots avaient du sens.

L'eau glisse sur ma peau : chaude, elle me martèle le corps. Il fallait que je prenne une douche. Je me sens sale, sali par la culpabilité qui me ronge. Je frotte fort mes bras, comme si le savon allait suffire à effacer mon mal être. Je pense encore à Jilly. Son visage ensanglanté me hante et j'ai beau essayer, aucune image ne parvient à remplacer la sienne. L'eau glacée me fait sursauter. J'ignore depuis combien de temps je suis là, mais j'ai visiblement utilisé jusqu'à la dernière goutte d'eau chaude.
Je sors en vitesse de la douche et attrape mes affaires de rechange. Il vaut mieux que je m'eclipse au plus vite avant de me faire accuser d'usage abusif du ballon d'eau chaude. Je m'habille en quatrième vitesse et je sors de l'hôpital. Ma respiration est coupée par la brise glaciale qui s'est installée pendant ma garde. Le trajet à vélo ne risque pas d'être des plus agréables pour rentrer. Un frisson me parcourt lorsque je la vois pas loin de mon vélo, attaché à un poteau devant le bâtiment des urgences. Je suppose qu'elle vient tout juste de signer sa sortie. Ne sachant pas trop si je dois l'aborder ou non, j'avance quand même dans sa direction, au moins pour récupérer mon vélo. Une fois sur place, je ne me trouve qu'à deux ou trois mètres d'elle, dans son dos. Tenté de fuir sans rien dire, je me concentre sur le cadenas qui est fermé toujours par le même code. Au moment de le déverrouiller et de le retirer du cadre de mon vélo, le bruit métallique vient attirer l'attention de Jilly. Dans son regard, je trouve une émotion que je ne saurais décrypter. « T'en fais pas, je récupère mon vélo et ensuite je disparais. Tu sais où je travaille, il te suffira de ne plus venir dans ce quartier. Ça peut marcher, non ? On peut vivre nos vies ici, sans en souffrir ? » je dis autant pour la convaincre elle que moi. « Je n'ai pas envie de fuir à nouveau... Je suis bien ici. »
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MessageSujet: Re: Break your world. (Raphy)   Sam 15 Oct - 3:25



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Elle observait la ville, elle observait le gens, comme figée dans le moment. Elle observait sans voir, se perdant dans ses pensées, les souvenirs la dévorant. Un jour, elle avait été heureuse, un jour elle avait aimé. Elle se souvenait de l'indécence de ce bonheur qui lui avait été retiré comme une vengeance amère. Elle pouvait tenter de sourire mais rien n'était vrai, rien n'était similaire à ceux qu'elle offrait à Jean. Elle pouvait tenter d'être jolie mais, elle ne serait jamais aussi belle qu'à travers le regard de Jean. Et au milieu de tout cela, elle ne savait pas où placer Raphaël. Elle lui avait donné son amour, cet amour qui ne lui était pas destiné et qui pourtant n'avait pas faiblit. Cet amour n'avait jamais douté malgré toutes les différences, elle l'avait aimé aveuglement. Et si au fond, elle l'avait toujours su ? Si elle avait refusé d'admettre la vérité ? Si finalement, son coeur était tombé pour lui ?

Elle détourna le regard en entendant un bruit de chaîne derrière elle. Il était là, libérant son vélo, prêt à s'éclipser, à retourner chez lui pour oublier qu'il l'avait croisé. « T'en fais pas, je récupère mon vélo et ensuite je disparais. Tu sais où je travaille, il te suffira de ne plus venir dans ce quartier. Ça peut marcher, non ? On peut vivre nos vies ici, sans en souffrir ? ». Elle fit un léger signe négatif de la tête. Rien de tout cela n'était réaliste. Elle allait le voir à chaque coin de rue, elle allait le voir à travers chaque regard. Il deviendrait un simple passant, un simple patient mais, il serait là. Ces retrouvailles n'avaient fait qu'accroître la place qu'il prenait dans sa vie et dans son esprit. Il ne pouvait rien faire contre cela, elle ne pouvait rien faire contre cela. La bataille était perdue d'avance, il faudrait bien plus qu'une vie pour que la peine s'efface, pour la souffrance s'atténue. Elle attrapa un vieux paquet de cigarette au fond de son sac qu'elle ne sortait que lorsque la vie était une telle garce qu'elle ne la supportait plus. Elle l'alluma alors que ses mots venaient sonner à ses tympans. « Je n'ai pas envie de fuir à nouveau... Je suis bien ici. ». Elle se tourna vers lui, plongeant son regard dans le sien. Ses prunelles brillaient de culpabilité, de nostalgie, de peine, de douleur mais aussi d'une douce tendresse. Il était le souvenir de l'homme qu'elle avait aimé, quand elle le voyait, elle retrouvait ce visage qu'elle souhaitait voir à chaque instant de sa vie. Et quand la colère se dissipait, elle ne pouvait pas projeter sa haine. « Les choses ne fonctionnent pas ainsi, tu le sais aussi bien que moi. Un jour ou l'autre, tu iras à un concert, ou dans un café, ou même au cinéma, un jour ou l'autre, nous serons de nouveau dans le même lieu. ». Elle prit une nouvelle bouffée de cigarette, détournant le regard, bien trop troubler pour persister. « Mais... tu n'as pas à fuir et je ne le ferais pas non plus. ». Non, aucun d'eux n'avait à fuir puisque quoi qu'il en soit, la vie semblait vouloir s'emmêler pour faire en sorte qu'ils se croisent, qu'ils ne tournent pas la page. « Le mal est fait et même si nous étions chacun à une extrémité du globe, ce ne serait pas différent. Comme je te le disais, tu es toujours là et ça ne changera jamais. ». Ces mots tremblaient de résignation et pourtant, un petit rictus se dessina sur son visage, dévoilant une certaine douceur. Elle était perdue mais, elle savait au moins ça, elle ne pouvait pas fuir, il serait toujours à ses côtés.
 

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MessageSujet: Re: Break your world. (Raphy)   Jeu 20 Oct - 22:58


Lorsqu'elle se retourne alors que je m'apprête à m'en aller, j'ai l'impression d'être pris en flagrant délit. Son regard me transperce, comme une balle en pleine poitrine, mon coeur tire. J'ai mal. Tout en moi se relâche, mais je garde la face. Je marmonne deux, trois excuses, plus pour moi même que réellement pour la convaincre. Mais elle n'acquiesce pas, elle refuse de participer à mon mensonge. Elle ne se voile pas la face, elle sait bien que prétendre n'est pas possible. La réalité est là, éblouissante. Elle nous crève les yeux. Ce ne sont plus des fantômes qui nous suivent. Ce n'est plus un parfum que je crois sentir partout autour de moi. Ce n'est plus une voix qui me rappelle la sienne, un visage qui est semblable au sien, un profil qui me fait tressaillir l'espace d'un instant avant que je ne me rende compte que c'est quelqu'un d'autre. Cette fois, tout est bien réel. C'est bien Jilly qui est là. Nos chemins se sont à nouveau croisés. Ils se sont à nouveau croisés à des kilomètres de la dernière fois où l'on s'est vu. Et pourtant, je ne m'en étonne pas. Je suis pris d'un mélange d'émotions, toutes plus fortes les unes que des autres, mais le choc n'en fait définitivement pas partie. C'est comme si je l'avais toujours su. Comme si j'avais pressenti qu'on se reverrait, que ce jour arriverait. Cette peur constante d'être face à elle, ce fantôme qui me hante, tout ça, ce n'est que le spectre de l'attente de ces retrouvailles : des retrouvailles inévitables.

En un dernier soupir de dépit je lâche une phrase. Je ne fuirai plus. C'est vrai que ce serait tellement plus simple. Ce serait tellement plus simple de faire comme j'ai toujours fait. M'en aller, tout laisser derrière moi et recommencer, à l'infini. Quitte à tout perdre, quitte à me perdre au passage. Durant mes années de errance, je ne savais plus très bien qui j'étais. J'ai eu tellement de prénoms, tellement d'identités, tellement de personnalités, tellement de casquettes, de métiers et de vies. Qui était Raphaël Lenoir ? Parfois, je me demande si lui aussi n'est pas mort dans ce foutu accident. Peut-être n'y a-t-il pas qu'un frère qui a péri, mais bien les deux... « Les choses ne fonctionnent pas ainsi, tu le sais aussi bien que moi. Un jour ou l'autre, tu iras à un concert, ou dans un café, ou même au cinéma, un jour ou l'autre, nous serons de nouveau dans le même lieu. » Bien sûr qu'elle a raison. En fait, ça j'en avais conscience avant même de prononcer cette foutue phrase. Mais, en cet instant, prétendre que tout pouvait bien se passer apparaissait comme la seule solution. « Mais... tu n'as pas à fuir et je ne le ferais pas non plus. » Alors comment ? Comment vivre ? Comment être capable de faire une chose aussi futile que faire ses courses sans craindre de voir surgir la femme qui représente toute l'étendue de la noirceur de mon âme ? « Le mal est fait et même si nous étions chacun à une extrémité du globe, ce ne serait pas différent. Comme je te le disais, tu es toujours là et ça ne changera jamais. »

Je me laisse aller contre le poteau qui soutient toujours mon vélo. Je ferme les yeux quelques instants. Je me déconnecte visuellement de la scène. Je ne vois plus Jilly. Je ne vois que du noir. J'ai besoin de penser. J'ai besoin de réfléchir. Elle a raison. Elle a complètement raison. Et ça, je pense en avoir toujours eu conscience. Nous sommes liés pour toujours, qu'on le veuille ou non. Et la meilleure chose à faire est peut-être, finalement, de l'accepter. « Alors... » J'ouvre les yeux. Je me redresse. Je plante mon regard dans le sien. « Nous devons juste vivre avec, c'est ça ? »
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MessageSujet: Re: Break your world. (Raphy)   Dim 23 Oct - 5:27



"Break your world"

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Quand il ferma les yeux, son regard à elle se détacha de lui. Il y avait-il de la place pour eux dans ce monde ? Elle ne savait pas quelle relation pouvait leur convenir, elle ne savait même pas s'il devait exister une quelconque relation entre eux. Elle savait qu'elle n'était pas capable de balayer le passé, elle était bien trop accrochée aux souvenirs, à ces moments de tendresses, à ce bonheur qui s'était enfouit, quelque part au fond de son âme. Elle ne pouvait pas y renoncer même si ces doux souvenirs formaient les barreaux de sa prison de fer. Et si jamais Raphaël était la clé ? Peut-être qu'il n'y avait aucun hasard et qu'ils avaient besoin l'un de l'autre pour soigner leurs plaies. Cette idée avait beau sembler douce et agréable, Jilly n'était pas prête à l'accepter. Elle avait peur de laisser Raphaël être nouveau présent dans sa vie, elle avait peur qu'il bouleverse tout. Il n'était pas seulement un fantôme du passé, il était aussi le spectre de l'avenir et elle n'était pas prête à l'affronter.

« Alors... ». Il ouvrit les yeux, elle reporta son regard sur lui. Ses prunelles venaient la transpercer, son coeur battait à tout rompre. Ses mains étaient moites, son estomac se nouait. « Nous devons juste vivre avec, c'est ça ? ». Jilly hocha alors la tête positivement. « C'est ce que nous avons de mieux à faire. ». Et, la seule solution qui vaille. Elle ne pouvait pas envisager de solutions plus radicales, pas une nouvelle fois. Cette fois, elle acceptait qu'elle devait se tenir droite et avancer, cette fois, elle se refusait d'abandonner. Elle ne le faisait pas pour elle-même, elle le faisait pour chaque être qu'elle aimait, en priant pour que cet amour lui donne assez de forces et d'espoir. « Je dois y aller. ». Sans attendre son accord, elle héla un taxi, n'ayant guère envie de rentrent autrement. Un chauffeur s'arrêta devant le trottoir, face à elle. Elle planta une nouvelle fois son regard dans celui de Raphaël et les mots passèrent ses lèvres « À bientôt. ». Elle se hissa dans le taxi, ferma la porte et en quelques secondes la voiture s'éloignait de Raphaël. Le coeur se Jilly se serra douloureusement, elle ne ressentait aucun soulagement mais plutôt un vide immense, un trou béant dans sa poitrine. Et si elle avait réellement besoin de lui ?
 

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