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 Freya & Jordan | J'aurais aimé t'aimer comme on aime le soleil, te dire que le monde est beau et que c'est beau d'aimer...

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Jordan Gauthier
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MessageSujet: Freya & Jordan | J'aurais aimé t'aimer comme on aime le soleil, te dire que le monde est beau et que c'est beau d'aimer...   Jeu 8 Juin - 12:12

Je suis devenu pire qu'un gosse, pire qu'un adolescent qui vit sa première idylle, pire que ces nanas qui se mettent à chialer devant un film (bidon) à l'eau de rose. Depuis tes premiers messages, je ne lâche plus mon portable, c'est devenu une autre partie de moi. Je ne cesse de t'envoyer des messages, je ne cesse de t'appeler dès que j'ai la moindre minute et que je suis dans un endroit qui capte. Heureusement que j'ai pris un forfait vers l'international depuis bien longtemps maintenant, sinon à mon retour, la facture aurait été salée, mais bon, ça aurait valu le coup.

Malgré ce putain d'espoir qui ne voulait pas me lâcher, je ne pensais pas qu'on arriverait à arranger les choses ; notre mariage, notre relation, nous, qu'on pourrait à nouveau parler sans s'hurler dessus pour des conneries. Pire, je ne pensais pas que tu daignerais un jour faire autre chose que m'ignorer, moi et mes appels. Je sais bien que tout est loin d'être arrangé, même si j'essaie de ne pas y penser, je sais qu'il y a encore cette histoire de bébé, pire, cette histoire de fidélité aussi, mais on verra ça plus tard. Je n'ai pas envie de me projeter plus loin, ni d'anticiper des futurs disputes houleuses parce que nous connaissant, elles finiront par revenir, c'est sûr. J'ai juste envie (et besoin) de profiter de ce qu'il se passe maintenant. Pour la suite ? Et bien, on verra plus tard.

Une fois que j'ai atterri, que tous les passagers sont partis vaquer à leurs occupations, je rallume mon téléphone. J'ai un putain de sourire scotché sur le visage, le genre de sourire niais dont on avait l'habitude de se moquer quand on croisait des amoureux épris l'un de l'autre. On en riait en faisant des paris sur la durée de leur pseudo idylle. Putain, on a toujours été con à ce point ou... ? Sauf que mon sourire se fait la malle quand je vois les messages que j'ai reçu. Un message de Lola, d'autres de personnes beaucoup moins importantes, mais rien de toi. Je soupire doucement. Bon bah... putain, ça me fait chier. D'un seul coup, je me rappelle toutes les dernières semaines, je me souviens de la douleur et je suis effrayé. Ouais, ouais, effrayé ! Je commence à douter, à me demander si les messages qu'on a échangés n'étaient pas que du vent, si tu comptes vraiment revenir. Non, tu as promis et tu le feras. On ne revient pas sur une promesse. Ah non merde, ce n'est pas ça. On ne revient pas sur un pari, mais là il n'y a eu aucun pari et puis, tu as bien décidé de revenir sur le mariage, alors qu'est-ce que ça vaut au fond ?

Je peste et je traîne ma mauvaise humeur dans l'aéroport. Une collègue tente tant bien que mal de me faire la discute, mais je suis bien trop occupé par toutes ces pensées qui me rongent pour y faire attention. Elle est nouvelle dans la boîte, elle est plutôt sympa et j'ai été plusieurs fois sur des vols avec elle. Il m'est arrivé de déraper avec elle aussi, à croire que les habitudes ont vraiment la vie dure. Non pas que j'ai couché avec elle depuis que tu m'as demandé de ne plus le faire, mais cette promesse risque d'être vraiment compliquée à tenir. Vu le nombre de nanas avec qui j'ai couché (et de manière régulière en plus), je vais forcément tomber sur l'une d'elle et je ne suis pas vraiment le genre à dire non. Il faudrait peut-être qu'on songe à quitter le pays et à s'exiler dans un endroit loin de tout le monde.

Je fais les derniers trucs que j'ai à faire, je salue quelques collègues et je me dirige vers l'un des cafés de l'aéroport. J'ai vraiment besoin d'une dose de caféine pour ne pas sombrer et je n'ai franchement pas envie de devoir faire la conversation avec des gens que je connais. Je vais prendre une boisson à emporter avant de rentrer à la maison. En chemin, j'en profite pour t'envoyer un message. Je viens d'atterrir. Je prends un café et j'arrive. J'ai hâte de rentrer. Nouveau sourire et j'envoie ce message. Je suis stoppé dans mon élan vers la caféine quand j'aperçois un bout de carton avec mon nom. Et je t'aperçois, là, dans l'aéroport, avec une pancarte où il y a écrit mon putain de nom. Mais naaaaaan... que je souffle alors que je retrouve ce putain de sourire. C'est tellement, tellement pas nous que je me mets à rire comme un con alors que je me dirige vers toi d'un pas décidé. Tant pis pour le café, il attendra. Une fois à ta hauteur, j'attrape ta pancarte en secouant la tête. T'es complètement tarée que je te lance avec mon putain de sourire qui n'est pas prêt de lâcher mes lèvres.

Finalement, je laisse les dernières semaines de côté, je laisse les emmerdes, le divorce, la souffrance, la haine aussi et ces putains de semaines de merde. Je lâche ma valise, la pancarte, tout et je plaque mes lèvres contre les tiennes. Je m'accroche à toi parce que putain, j'ai vraiment besoin de toi. Je sens malgré moi, des larmes qui me montent aux yeux et je ne fais rien pour les faire fuir. J'ai tellement attendu ce moment, espéré pouvoir te serrer à nouveau dans mes bras sans que ce soit dans un geste désespéré pour te faire revenir. Je finis tout de même par m'éloigner alors que je suis à bout de souffle. Je te souris. Putain, tu m'as tellement manqué. C'est un doux euphémisme vu la souffrance qui m'a bouffé pendant ces quatre dernière semaines.
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Freya Gauthier
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MessageSujet: Re: Freya & Jordan | J'aurais aimé t'aimer comme on aime le soleil, te dire que le monde est beau et que c'est beau d'aimer...   Jeu 8 Juin - 14:51

Je trépigne d'impatience. Je regarde l'horloge pour la 36 ème fois de la minute, et peste à voix haute quand je vois que l'heure n'a toujours pas avancé. Raaaah, le temps passe paaaaaas. Mes collègues me jettent un coup d’œil étonné, mais je fais mine de ne rien voir. Au bout d'une minute d'impatience de plus, je finis par me lever, et aller à l'arrière de la caserne, à la recherche d'un truc bien précis. Il me faut quelque chose pour passer le temps, sinon je ne vais pas tarder à imploser. Je trouve finalement ce que je convoitais, et retourne en salle commune, munie d'un gros marqueur. Je grimpe sur une chaise, et me mets à gribouiller le prénom et le nom de Jordan sur une pancarte. Ouais, je m'apprête à faire un truc un peu con, mais qui me fait marrer d'avance. Foutue connerie. Bobby, l'un de mes collègues, finit par se pencher sur mon travail, et ne tarde pas à ricaner : « -T'as peur que ton mari ai oublié à quoi tu ressembles Gauthier ? » Je lui lance un « la ferme !! » hargneux, mais qu'il sait sans doute amical, alors que je le frappe avec ladite pancarte, que je viens tout juste de finir. S'il savait que c'est exactement le fond de ma pensée, qu'il a vu dans le mille, et que c'est précisément pour cela que je fais ce que je suis en train de faire, il ferait sans doute moins le malin. Bien, faire une pancarte m'a occupée à peu près 4 minutes...et ma garde ne finit que dans une heure et 23 minutes. Je tourne en rond dans cette caserne, comme un lion en cage, à sentir presque physiquement toutes les minutes s'écouler avec une lenteur atroce. Je prie silencieusement en espérant qu'aucune intervention ne nous fasse bouger dans l'heure qui vient, ce qui risquerait de faire tomber mon plan à l'eau. Je sais pas trop ce qu'il m'a prit d'avoir cette idée à la con. En fait, j'avais juste envie de surprendre Jordan, qui s'imagine qu'il va me retrouver à la maison, à l'attendre sagement, telle la parfaite petite ménagère. Ce que je ne suis pas. Ce que je doute d'ailleurs d'être un jour. Au lieu de faire ce sur quoi on était tombés d'accord, je pars sur une autre idée, une idée qui me surprends moi-même au final.

Le temps continue sa course lente, et finalement...la relève arrive enfin. Je n'attends l'aval de personne pour foncer au vestiaire et me changer, me glisser dans un pantalon qui commence à devenir un brin trop petit, et vérifier ma tronche dans le miroir. J'ai jamais vraiment cherché à être particulièrement coquette. Bon, pour dire vrai, j'ai jamais trop été attentive à mon apparence. Et je me dis que ça a toujours convenu à Jordan, et que y'a aucune raison pour que je change ça. Pourtant, je ne peux pas m'empêcher de jeter un coup d’œil dans le miroir, pour vérifier les dégâts après cette longue garde. Je retire l'élastique qui emprisonne mes cheveux, passe mes mains dedans...et ouais, finis par sortir l'un des seuls rouge à lèvres que j'ai réussi à sauver lors de mon départ de la maison. Oui, putain, j'ai envie d'être jolie. J'ai bien le droit, non ? Quoi qu'il en soit, j'attrape vite ma pancarte et me barre presque en courant sous les sourires moqueurs de mes collègues. Qu'ils aillent se faire voir, eux et leurs réflexions débiles. Je saute en voiture, et roule d'une traite jusqu'à l'aéroport de San Francisco. Je m'apprête à faire le truc le plus con que j'ai jamais fait depuis ces dix dernières années. Pourtant, Jordan et moi on est sacrément cons quand on s'y met, mais là...là, ça dépasse toutes les conneries que j'ai jamais faites. Je vais débarquer à l'aéroport, ramasser Jordan après son vol, et tout ça avec une jolie petite pancarte à son nom. Ouais, comme dans ces putains de films débiles qu'on s'amusait tant à critiquer à chaque fois qu'on tombait dessus à la télé. Je me reconnais pas dans cet acte...et pourtant, je suis là, avec ma pancarte, en train de traverser le hall de l'aéroport, un sourire léger sur les lèvres, le regard se promenant de visage en visage.

Mes yeux commencent sérieusement à me picoter, faut dire que ma garde a été vraiment longue, sans doute parce que je mourrais littéralement d'impatience, et je ne peux pas retenir un long bâillement qui me fait monter les larmes aux yeux. C'est à ce moment là que je sens mon téléphone vibrer dans ma poche, et c'est immédiatement son visage à lui qui s'imprime dans mon esprit quand je pense à la personne qui a pu m'écrire. Bingo ! Mon visage s'illumine quand je vois son prénom s'afficher...et je ne peux pas m'empêcher de froncer les sourcils quand je lis ce qui est écrit. Non, non, non. Il va tout gâcher avec ses conneries ! Il n'est pas censé rentrer à la maison, putain, il va tout faire foirer bordel !! Je  commence à taper un message, et m'arrête soudainement en sentant un regard peser sur moi, tandis qu'une personne s'avance avec conviction dans ma direction. Je relève les yeux, et...putain, mon cœur manque un battement. Il est là, juste là. A quelques pas de moi, il attrape ma pancarte, et sa remarque m'arrache un petit sourire en coin : « -Hé ! C'est toi qui as dit que tu te souvenais pas de moi ! » Je proteste, pourtant, le sourire n'a pas quitté mes lèvres. La situation est tellement différente de toutes les dernières fois où nous nous sommes vus. Il suffit de voir le sourire sur son visage, ce putain de sourire quasi béat que je n'ai pas vu depuis une éternité. Et qui m'a manqué, ouais. Je ne le quitte pas des yeux, et mon sourire s'agrandit petit à petit, entraîné par le sien. Il finit par tout lâcher, littéralement, et par m'accorder ce baiser auquel je n'arrêtais pas de penser depuis son arrivée. Enfin ! Je me rapproche de lui, je glisse mes mains sur ses hanches, dans son dos, je m'accroche désespérément à lui et finis même par me hausser sur la pointe des pieds pour lui rendre ce baiser si attendu. J'ai pensé qu'à ça pendant ces trois derniers jours. A ce moment, où on allait enfin se retrouver, vraiment. J'oublie les secondes qui défilent, le regard de tous ces gens qui doivent nous prendre pour des gros niais. Ouais, ces mêmes niais dont on n'arrêtait pas de se moquer il y a encore peu de temps. Qu'importe. Ils peuvent bien se foutre de nous, c'est le dernier de mes soucis. A cet instant, rien d'autre ne compte que...nous. Putain, je suis en train de devenir tout ce que j'ai toujours détesté et moqué. Je deviens un chamallow, une pauvre gonzesse qui se laisse manipuler par ses foutus sentiments, et qui en plus, à l'air d'apprécier ça. Au bout d'un moment, il finit par se détacher de moi (quoi, déjà?!), mais il reste proche, si proche. Je vois les larmes qui brillent dans ses yeux, et qui me prennent aux tripes. Je l'ai jamais vu pleurer...enfin, pas que je m'en souvienne, et je me dis qu'il doit vraiment être sincère quand il dit que je lui ai manqué, et cette fois, c'est moi qui me rapproche pour poser mes lèvres sur les siennes. Putain, s'il savait à quel point c'est réciproque, à quel point lui aussi m'a manqué, chaque jour, chaque minute, chaque putain de seconde. Bordel, on est vraiment des imbéciles. Des sacrés imbéciles avec un énorme problème de communication. Je finis par me détacher à mon tour, et par me blottir dans ses bras, et me serrer fort contre lui. Je me souviens pas d'avoir déjà fait ça auparavant. Enfin, si...on a déjà été aussi proches, mais...jamais dans ces conditions. Jamais un câlin (appelons un chat un chat) ne m'a procuré autant de réconfort. Autant d'espoir aussi. Peut-être qu'il a raison, et qu'on peut le faire, finalement. Sauver notre couple. Nous sauver nous. Je ferme les yeux quelques instants, et noue mes bras autour de ses reins, en poussant un léger soupir. Pendant une brève seconde, je me demande pourquoi est-ce qu'on est incapables d'être toujours comme ça. Enfin, pas si niais, mais...sur la même longueur d'ondes, dirons-nous. Au bout de quelques instants supplémentaires, je finis par m'éloigner, un peu à contrecœur d'ailleurs, et lui adresse un grand sourire. « -Bon...et maintenant ? On va boire ce foutu café, ou...on rentre à la maison ? » Que je lui demande, en lui adressant un petit sourire en coin. Je suis crevée, visiblement autant que lui à en juger par les cernes qui marquent son visage, et je me damnerais pour une bonne tasse de café noir bien chaud. Et, je crois que j'ai la dalle aussi. Mais...mais pourtant, c'est pas forcément ma première priorité. « -T'as l'air débile avec cet immense sourire ! Mais...j'aime bien ! » Ouais, on sait pas se dire des trucs gentils. Notre truc à nous, c'est plutôt les chamailleries, les remarques assassines, les coups bas. Les trucs mignons, on a du mal. Vraiment du mal. Et disons que quand ça nous arrive, on essaye toujours de faire passer ça pour autre chose. On est cons ouais. On a même élevé la connerie à un niveau inimaginable. Je lui lance un sourire moqueur, je lui tire même la langue, et finis par le relancer, après avoir ramassé la pancarte qu'il a balancé au sol. « -Alors Mr Gauthier, on fait quoi maintenant ? » Je lui lance un énième sourire. Visiblement, j'arrive plus à le décrocher de mes lèvres, et je dois avoir l'air aussi débile que lui, mais je m'en fous. Il est là, on est là tous les deux, et pour une fois personne ne crie, ne pleure, ou n'a envie d'étrangler l'autre. Et c'est quand même une sacrée victoire. Surtout pour nous.


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Jordan Gauthier
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MessageSujet: Re: Freya & Jordan | J'aurais aimé t'aimer comme on aime le soleil, te dire que le monde est beau et que c'est beau d'aimer...   Jeu 8 Juin - 15:35

J'ai à peine le temps de te souffler à quel point tu m'as manqué que tu m'embrasses à nouveau. La situation semble surréaliste. Il y a quelques jours à peine, on s'ignorait comme pas permis, on ne s'adressait plus la parole si ce n'est pour s'hurler dessus ou s'insulter. C'était la première fois depuis dix ans qu'on s'embrouillait de cette façon, qu'on en était arrivé au point de non retour, celui qui aurait tiré un trait sur notre relation si étrange. Putain, ouais, on était à deux doigts de vraiment signer ces papiers pour le divorce, d'effacer dix années, de tout oublier ou de faire comme si. Je pensais pas qu'on arriverait à se reparler comme avant, enfin, ce n'est pas vraiment comme avant, c'est différent. Putain, ouais, sacrément différent. Tu es déjà venue me chercher à l'aéroport, ce n'est pas la première fois, mais c'est la première fois que ça se passe comme ça, que tu te ramènes avec une putain de pancarte, que je te saute dessus comme ça, que je m'accroche à toi, à tes lèvres de cette façon. On ressemble à tellement d'autres couples dans cet aéroport et c'est bizarre, enfin, pas bizarre dans le mauvais sens, mais bizarre parce que ça ne nous ressemble pas. On n'est pas du genre effusion de sentiments, loin de là. Les gens qui ne nous connaissent pas ont d'ailleurs du mal à capter qu'on est marié lorsqu'ils nous voient ensemble. On est du genre à se comporter comme des potes en public (et parfois même en privé). On n'est pas du genre à étaler notre amour... wait, notre amour ? Enfin, notre histoire !

Tu finis par décoller tes lèvres des miennes et tu te blottis dans mes bras. Je suis trop heureux pour te repousser, de toutes façons, je n'ai aucune envie de le faire. On continue dans notre lancée d'agir comme on ne l'a jamais fait. Un câlin de retrouvailles, purée, j'aurais trouvé ça hilarant il y a quelques temps, aujourd'hui, je suis juste heureux, de te retrouver, que tu sois là, de te serrer dans mes bras. Je dépose un baiser sur tes cheveux tout en te serrant contre moi. Holly shit, qu'est-ce qu'il me prend ?!

Bon... et maintenant ? On va boire ce foutu café, ou... on rentre à la maison ? Et maintenant ? Maintenant, on arrête de faire les cons et on vit sans divorce, sans bébé, sans emmerdes. Je me tais, je ravale une petite pique que j'ai envie de te balancer et ça me demande beaucoup d'effort. On n'a jamais été ce genre de couple, ceux qui se sautent dessus après quelques jours séparés, qui parviennent à dire les bonnes choses au bon moment. Nous, on agit toujours de la pire des façons. On trouve la faille chez l'autre et on s'infiltre dedans jusqu'à ce que ça fasse mal. On se pousse, on repousse nos limites et surtout celles de l'autre. On joue et à trop jouer, on a fini par oublier de juste profiter, vivre l'instant présent, sans la pièce, sans les paris, sans nos conneries aussi. T'as l'air débile avec cet immense sourire ! Mais... j'aime bien ! Je souris un peu plus à tes propos. Ça, ça c'est nous et j'ai encore plus l'impression de te retrouver, retrouver la Freya d'avant, celle qui m'a fait vivre un enfer bien trop souvent, mais sans qui j'étouffe. C'est ta sale tête, ça me fait sourire. Si tu te voyais dans un miroir, ça te ferait le même effet que je te souffle tout en continuant à sourire. Putain, dans pas longtemps, je pourrais postuler pour une pub Colgate, je serais pris à coup sûr ! Tu agis alors comme la vraie gamine que tu es, tu me tires la langue et je secoue la tête un instant, un brin désespéré par ton comportement, mais surtout amusé. Je suis content de voir que les semaines ne t'ont pas changées.

Tu rattrapes alors ta pancarte et je secoue encore la tête. Putain, une pancarte, t'as vraiment pété une durite. Alors Mr Gauthier, on fait quoi maintenant ? Je fais mine de réfléchir un instant avant de reprendre ma valise et de la poser sur mon épaule. On va boire un café, le meilleur café de ta vie... Je ne cache pas l'ironie qui transperce mes lèvres, alors que je pose mes mains sur tes hanches. Et après... Je plonge mon regard dans le tien. Après je te fais l'amour dans ta voiture ou la mienne comme tu préfères. Je change pas le ton de ma voix, je me fiche royalement que les autres entendent. D'ailleurs, je n'aperçois pas la petite mamie qui vient de se tourner vers nous et qui nous lance un regard amusé. Je t'adresse un clin d’œil et je t'attrape par la main avant de me tourner vers le café. Allez, viens ! Je te tire légèrement pour que tu bouges et je nous amène jusqu'au café. Il n'y a pas grand monde (miracle) et on n'a pas à patienter longtemps avant de passer commande. Je souris à la serveuse. Salut Jordan. Depuis le temps que je viens prendre mon café ici, j'ai fini par connaître les serveurs, du moins, leurs prénoms. Il m'arrive d'échanger quelques banalités avec eux et ça s'arrête là, enfin, ça dépend des serveuses, mais c'est pas le moment de penser à ça. Salut. Deux double-expresso et... Je me retourne alors vers toi et j'hésite un instant. Je me rends compte de ma boulette, enfin, de ce qui est potentiellement une boulette et j'ajoute pas trop sûr de moi. Euuuh... Tu peux boire du café ? Je tente un petit sourire, c'est toi qui a proposé de venir ici alors... Putain, pourquoi est-ce qu'il fallait que je me retrouve direct à dire ce qu'il faut pas, enfin, c'est pas vraiment une boulette, mais j'ai pas tellement envie d'échanger à propos du bébé. Puis merde, pourquoi est-ce que j'ai relevé ?
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Freya Gauthier
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MessageSujet: Re: Freya & Jordan | J'aurais aimé t'aimer comme on aime le soleil, te dire que le monde est beau et que c'est beau d'aimer...   Jeu 8 Juin - 16:54

A nous voir, personne ne douterait que ces dernières semaines ont été un véritable enfer, qu'on ne s'est pas adressés la parole, si ce n'est pour se prendre violemment le bec, qu'on s'est dit des mots durs. Qu'on était engagés dans une procédure de divorce. Non. A nous voir, on pourrait imaginer un couple lambda, qui vient tout juste de se retrouver après avoir passé quelque temps loin l'un de l'autre. Je ne peux plus m'arrêter de sourire, d'une façon sans doute aussi débile que la sienne, mais qu'importe. Je suis vraiment contente d'être là, contente de pouvoir me serrer contre lui, de pouvoir sentir de nouveau ses lèvres sur les miennes, de le voir, tout simplement. Mais ça...impossible de le lui dire. De toutes façons, si je suis là, c'est pas pour rien, j'espère que Jordan s'en rend compte, et qu'il sait lire dans mes silences. Même si, depuis le temps, j'en doute. J'affiche une mine faussement affligée quand il me parle de ma sale tronche, sans doute à juste titre (merci la garde), mais son large sourire efface très vite toute trace de ronchonnement de sur mon visage. La situation pourrait être étrange, le fait de se retrouver, comme ça, comme s'il ne s'était rien passé, mais c'est loin de l'être, sans doute parce que l'euphorie prend le pas sur tout le reste. Je reste stoïque quand Jordan se rapproche et pose ses mains sur mes hanches, et je lève légèrement la tête pour que mes yeux se glissent dans les siens. Et finalement, j'esquisse un fin sourire en coin à ses paroles, me retenant de lui dire que finalement, le café pouvait bien attendre, et qu'on pouvait directement passer à cette étape de nos retrouvailles. Mais Jordan m'attrape déjà par la main pour m'entraîner vers le café, et tire sur mon bras pour vaincre ma faible résistance, tandis qu'on se met en marche.

On finit par entrer dans le café, main dans la main, ce qui est loin d'être dans nos habitudes, mais pour une fois, c'est plutôt agréable. Je suis tellement sur un petit nuage, que je ne tique même pas sur les mots de la serveuse, et le fait qu'elle connaisse Jordan. Non pas que je sois vraiment du genre jalouse en temps normal, non, mais...je connais Jordan, et son succès auprès de la gente féminine. Et si d'ordinaire mon imagination aurait eu tendance à faire tout un tas de scénarios sur la relation que mon très cher mari aurait pu entretenir avec la demoiselle en question, aujourd'hui, ça me passe au dessus de la tête. Je me contente de saluer poliment la jeune femme, en lui souriant, avant de laisser mon regard parcourir la vitrine. Je suis partie en catastrophe de la caserne, sans prendre la peine de me poser cinq minutes pour avaler quelque chose, et la faim commence à se faire sentir. Je suis en train de me livrer un combat silencieux sur ce que je vais prendre à grignoter, quand la voix de Jordan me tire de ma rêverie gourmande. Son ton incertain me fait froncer les sourcils, et ça se connecte difficilement dans mon cerveau. J'ouvre la bouche, et la referme aussitôt, réellement surprise qu'il pense au fait que la caféine ne soit pas vraiment recommandée dans mon état. Les questions se bousculent dans ma tête, je me demande comment il a pu y penser comme ça. Il n'a pas eu l'occasion d'assister à ce nouveau mode de vie auquel je m'astreins, sain en tout point, depuis que j'ai appris pour le pois chiche. J'ai du dire adieu à tout un tas de trucs que j'adorais, alors même que la déprime me donnait envie de me jeter sur la première bouteille qui aurait pu passer par là. Je suis surprise qu'il ai fait le rapprochement avec le fait que le café ne soit pas recommandé en cas de grossesse, mais il ne me faut que quelques secondes pour comprendre aussi que la situation est devenue en une fraction de seconde, un brin incertaine. « -Un grand déca, ce sera parfait, merci. Et, ce truc là, qui a l'air plein de gras... » que je rajoute, en pointant de mon index vers la vitrine pour lui montrer le truc en question. Après un autre sourire vague à la serveuse, je me tourne de nouveau vers Jordan, et je sens venir le malaise. Ce sourire crispé, je le connais par cœur. Je repense à toutes ces engueulades, à ces longues journées loin de lui, et je me dis que merde, je veux que cet instant de calme, de...de bonheur ouais, dure plus longtemps. Alors je fais celle qui ne remarque pas son trouble, et j'espère que ça suffira. « -Il me faut des forces, parce que ma réponse est dans ta voiture, et dans la mienne ! » J'accentue bien sur le « et » en haussant un sourcil, puis lui lance un nouveau sourire, et l'accompagne d'un clin d’œil plein de promesses, qui j'espère, détendra l'atmosphère. Je n'ai pas déjà envie qu'on se prenne la tête, et qu'on se remette à s'ignorer, à être incapables de communiquer. Je ne suis pas certaine de pouvoir le supporter une nouvelle fois. Je sais aussi que je ne fais que repousser l'inévitable, et qu'il faudra bien qu'on aborde ce sujet si délicat de la grossesse à un moment où à un autre. Mais pas maintenant, pas ici. D'abord, je veux profiter, avant que tout foire de nouveau.

La serveuse finit par poser nos boissons et mon en-cas sur un plateau, et il nous faut quelques instants de plus pour rejoindre une table, alors que le café est quasiment désert. Je m'installe, et prends le parti de relancer vite la conversation, pour éviter de revenir sur ce moment de flottement. « -Alors, Buenos Aires ? Ça devait être crevant, t'as de ces cernes ! » Et...je passe ma main sur sa joue. Putain, mais c'est quoi ça ? Euh...c'est moi qui vient de faire ça ? Ça aussi c'est carrément inhabituel, et j'ai du mal à me positionner face à cette réaction. Je finis par baisser le bras, et je sens mes joues rougir face à ce geste incontrôlé. Pour lutter contre cet instant de gêne passager, je fais mine de m'intéresser plus que de raison à nos cafés, et cherche le mien, triture tous les gobelets jusqu'à trouver celui où la serveuse a griffonné un « déca » à la va-vite. Pendant quelques brèves secondes, je peste contre moi-même de boire mon café noir, me disant que si j'avais du y mettre du sucre et du lait, ça m'aurait fait gagner un peu de temps avant d'avoir à affronter de nouveau le regard de Jordan. Je touille quand même le café, histoire de dire, avant d'attraper le truc, effectivement plein de gras, entre mes doigts. « -Tiens, il va te falloir des forces aussi. » Je lui en tends la moitié, avant de relever peu à peu mon regard vers lui. Je sais bien que mon attitude est con, et qu'il faut être sacrément débile d'être gênée d'avoir eu un geste tendre pour son mari. Mais Jordan et moi, on est pas n'importe quel couple, et ce genre de gestes, précisément, ne fait vraiment pas parti de notre quotidien. On n'est pas de ces personnes qui passent tout leur temps à se câliner, se peloter en douce, à se faire des papouilles, des caresses, et toutes ces autres conneries. On ne l'est déjà pas dans l'intimité de notre maison, alors autant dire que dans le café public de l'aéroport, on l'est encore moins. Mais voilà, maintenant le geste est fait, et impossible de revenir dessus. Je finis par croquer avec appétit dans la machin poisseux, avant de porter mon café à mes lèvres, et d'esquisser une grimace. « -Hum...t'avais raison, c'est le meilleur café de toute ma vie ! » Je fronce un peu le nez, et esquisse un petit sourire. Je ne veux pas que ces trop nombreux non-dits gâchent encore une fois la situation, et j'espère que ce moment de calme et de quiétude durera encore longtemps, et qu'on fera pas tout capoter, comme d'habitude.


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MessageSujet: Re: Freya & Jordan | J'aurais aimé t'aimer comme on aime le soleil, te dire que le monde est beau et que c'est beau d'aimer...   Jeu 8 Juin - 17:13

Je te regarde et j'attends, ouais, j'attends, plus trop certain de la suite des événements. J'ai peur d'avoir prononcer les mots que je n'aurais vraiment pas dû lâcher. On vient tout juste de se retrouver après des semaines et des semaines de silence radio, des semaines à se voir par ci par là uniquement pour accentuer le désastre qu'est (était ?) devenu notre mariage. Ça fait quelques minutes à peine et pourtant, il a fallu que je relève pour le café, enfin, pour le bébé surtout. Ce n'est pas que je veux cet enfant, non, du tout, c'est juste que... bordel je n'en sais rien. C'est venu et il a fallu que je te balance ça. J'aurais pu me taire. Non, j'aurais dû me taire.

On n'a jamais parlé grossesse, gosses et c'est pour une bonne raison. J'ai toujours pensé que tu ne voulais pas d'enfants, enfin, la vérité, c'est que j'ai surtout jamais pensé que tu en voulais. J'en suis très vite venu à la conclusion que ça ne t'intéressait pas parce que moi, ça ne m'a jamais intéressé et qu'encore une fois, j'ai joué le parfait égoïste. Alors quand tu m'as annoncé ta grossesse et que j'ai lancé cette pièce, ce n'était pas qu'une énième connerie. Je mentirais si je disais que sur le coup je n'ai pas vraiment pensé qu'on pourrait jouer la vie d'un futur enfant sur un pari. On a toujours tout joué à Pile ou Face, on s'est bien marié sur un Pile ou Face, je ne vois pas en quoi cette fois aurait dû tant changer des autres. Alors oui, il y avait la vie de quelqu'un en jeu, mais il y a toujours eu des dommages collatéraux, un de plus, un de moins. Puis, j'aurais préféré que la pièce décide qu'on (que tu ?) abandonne cet enfant plutôt que de t'avouer les raisons qui font que je n'en voulais (et que je n'en veux toujours) pas. Je n'ai pas envie de m'étaler là-dessus avec toi. On s'amuse, on joue, on se fait souffrir, mais on ne parle pas beaucoup à cœur ouvert. Enfin ça nous est déjà arrivé, mais ça a toujours été à cause de la pièce ou à cause de la colère. Je t'ai déjà dit bien des fois que je ne supportais pas mon père, qu'il me sortait par tous les pores et d'autres choses peu glorieuses à son sujet, mais la vérité c'est que je n'ai pas envie d'être un père aussi minable que lui. Je sais que je ne pourrais pas élever cet enfant comme il faudrait, que je ne pourrais pas l'aimer comme il le mériterait. Je ne serais jamais père car je suis incapable d'être un bon père. Alors, je sais, on n'est pas obligé d'être le portrait craché de ses parents, on peut apprendre de leurs erreurs et avancer, sauf que... putain, pas moi. Je ne veux pas d'enfant, point. Ouais sauf que tu as fait la remarque qu'il fallait pas, Jordan.

Un grand déca, ce sera parfait, merci. Et, ce truc là, qui a l'air plein de gras... Enfin, ça ne semble pas te perturber outre mesure. Il me faut des forces, parce que ma réponse est dans ta voiture, et dans la mienne ! Je retrouve immédiatement mon sourire et j'éloigne bien vite toutes mes préoccupations concernant cet être qui grandit dans ton ventre. Je sais bien qu'à un moment, ce sera inévitable, il faudra bien qu'on en parle, mais plus on repousse le moment, plus ça me va. Je ne suis pas naïf au point de croire que si on n'en parle pas, ça va faire disparaître le problème, mais au moins, ça l'éloigne, d'une certaine façon. Y a des toilettes à côté si tu veux... que je te souffle à l'oreille en désignant un couloir au loin. Question glamour, on repassera. Je suis cependant coupé dans mon élan romantique par la serveuse qui nous ramène nos cafés et ta pâtisserie.

On file alors s'installer à l'une des nombreuses tables libres avec notre plateau. Alors, Buenos Aires ? Ça devait être crevant, t'as de ces cernes ! La suite me perturbe. Ce n'est pas tant le geste tendre que tu as qui me choque, même si c'est vrai que ça nous ressemble pas du tout, vraiment pas. Non, c'est ta réaction après qui me fait sourire. Tu te recules comme si tu venais de faire la boulette du siècle. Tu te mets alors à faire des trucs totalement inutiles et ça me fait sourire un peu plus. C'est drôle de te voir mal à l'aise comme ça, ce n'est tellement pas courant. Je fais mine de rien et je te réponds comme si de rien n'était, après tout, c'est toi qui te monte le bourrichon pour pas grand chose. Je fais des insomnies de fou en ce moment. Je ne sais pas trop pourquoi je te dis ça, pourtant, c'est la vérité. J'ai toujours eu dû mal à me faire au décalage horaire, le temps n'a jamais changé ça, mais depuis ton départ, c'est pire. Je dors quasi plus et quand je le fais, c'est dans un état second, bref autant dire que je ressemble à un zombie depuis des semaines. Et j'ai quasi pas quitté l'hôtel. C'était... Je marque un temps d'arrêt avant d'ajouter. ... passionnant. L'ironie perce. J'aurais pu faire un tas de trucs à Buenos Aires, ce n'est pas la première fois que je vais dans cette ville et je connais des endroits bien sympas, mais je n'avais pas la tête à sortir, à voir du monde, à visiter ou que sais-je encore. Je suis resté la moitié du temps accroché à mon téléphone dans l'espoir de pouvoir te parler dès que tu ne bossais pas. Pitoyable.

Tiens, il va te falloir des forces aussi. J'attrape la moitié de la pâtisserie que tu me tends. Je n'ai pas spécialement faim, mais la gourmandise n'a jamais tué personne, si ? Merci que je te réponds avec un grand sourire alors que tu continues à agir de manière étrange, sacrément étrange même. Hum... t'avais raison, c'est le meilleur café de toute ma vie !  Je secoue la tête, amusé. Ce café est loin d'être l'un des meilleurs, mais j'apprécie l'effort. Tu devrais la savoir depuis le temps, j'ai toujours raison !  Nouveau sourire, un poil différent de celui d'avant parce que là, j'agis comme on l'a toujours fait avant qu'on se mette à jouer les chamallows. Je finis de manger et je me mets à jouer avec l'une des pièces que la serveuse nous a rendu quand j'ai payé avec un billet et qui traîne sur le plateau. En d'autres circonstances, je t'aurais proposé un nouveau pari, tu aurais ri, tu aurais peut-être râlé un peu (pour changer) et tu aurais fini par lancer la pièce. Sauf que là, je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée. Je laisse le silence s'installer doucement entre nous alors que je fais tourner la pièce sur le plateau encore et encore.

J'ai plein de choses à te dire, à te raconter, à t'avouer, pourtant, là, en face de toi, il n'y a rien qui vient. Je finis par relever mon regard vers toi et je te lance. Je crois que c'est la première fois qu'on fait un truc... Je réfléchis un instant, pas trop sûr du mot que je pourrais utiliser pour qualifier ma pensée. ... normal. Je ponctue ma phrase d'un petit sourire. Je suis heureux, vraiment, mais je ne suis pas habitué à tout ça, à cette normalité (?). Pourtant, je suis plus que content de te retrouver, vraiment. 'fin sans la pièce, les paris et les conneries. Parce qu'on a déjà pris un café ensemble dans un lieu public hein, mais jamais de cette façon, enfin, dans de telles circonstances. C'est tellement étrange, putain, ouais, c'est tout à fait le mot.


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Freya Gauthier
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MessageSujet: Re: Freya & Jordan | J'aurais aimé t'aimer comme on aime le soleil, te dire que le monde est beau et que c'est beau d'aimer...   Ven 9 Juin - 12:07

J’ai du mal à me dire qu’on est passés par une phase où rien n’allait plus entre nous, et qu’on a pu si facilement redevenir…nous. Quelques semaines plus tôt, on était incapables de se parler, et là, là, on vient de rejouer la scène d’un film à l’eau de rose à la con. C’est tellement pas nous…et en même temps, je me fais la remarque que ça me déplairait pas de remettre ça dans un futur plus ou moins proche. De me repointer à l’aéroport comme si de rien n’était, pas forcément avec une pancarte cette fois, mais juste comme ça, pour surprendre Jordan. Tout se passait étonnement bien pour l’instant, et là, les choses sont subitement devenues bizarres, par ma faute. Parce que je me sens soudainement gênée au possible d’avoir eu un geste tendre pour mon mari. Mais Jordan n’a pas l’air de s’en accommoder, et je fronce le nez quand il me dit qu’il a des problèmes de sommeil ces temps-ci. Je ne peux pas m’empêcher de me demander si ça a un lien avec mon départ de la maison, si ses insomnies sont dues à mon absence, et je me dis que je le saurai sans doute jamais. Même si c’était le cas, je sais que ce n’est pas le genre de chose que Jordan me confierai, même sous la torture. Sous la torture non, mais…je connais un moyen de le pousser à la confession, et ce moyen se trouve sur notre plateau. Ouais, la pièce a toujours été notre moyen préféré de communication, toujours, mais j’ai l’impression que ce ne sera plus suffisant maintenant, pas à ce stade des choses. Je détourne les yeux de la pièce, et avale un nouveau morceau de ma pâtisserie, avant de goûter à ce café, qui n’a de café que le nom. Pourtant, je m’amuse de la remarque précédente de Jordan, et le taquine un peu en prétendant que c’est le meilleur café que j’ai bu de ma vie, taquinerie à laquelle il ne tarde pas à répondre par une autre, du même goût, prétendant qu’il a toujours raison. « -Pfff…t’aimerai bien, ouais ! » Je le pousse sans ménagement, et ça y est, cette fois, on est nous de nouveau, pile comme avant, dans nos bons jours. Et putain, ça fait un bien fou !

Le silence s’installe entre nous, et pourtant, il n’a rien de dérangeant. Mon café entre les mains, je ne le lâche pas des yeux, et prends le temps de détailler ses beaux yeux bleus, le contour de sa barbe naissante, ses lèvres. J’apprécie ce moment, ce calme, et j’ai l’impression que je pourrais rester comme ça un bon moment. Mais très vite, je commence à le voir trifouiller une pièce sur le tableau, et malgré moi, je me crispe un peu. Je serre les dents, en me disant que ça y est, tout va partir en vrilles, et que je peux rien faire pour empêcher ça. Mon cerveau carbure pour essayer de trouver une distraction, une phrase toute innocente que je pourrais lancer comme si de rien était, juste pour éviter que la situation nous échappe, mais Jordan est plus rapide que moi, et prend la parole avant que je n’aie l’occasion d’ouvrir la bouche. Pourtant, je suis surprise d’entendre qu’il n’est pas question de pari, et ça me surprend. A tel point, que je finis par esquisser un petit sourire, reflet du sien. Ça fait du bien de le voir sourire, du moins, ça me fait du bien, à moi, et je mets quelques secondes avant de lui répondre, comme si inconsciemment, je voulais profiter dudit sourire. « -C’est bien le normal, non ? » Nouveau sourire, haussement d’épaule innocent, et je me dis que ouais, ne pas se prendre la tête, c’est pas si mal. Et que je pourrais sans doute m’y habituer. « -Moi je trouve que ça nous va bien… » Je tente un petit sourire, et je me dis qu’au fond, je le pense sans doute vraiment. On a jamais vraiment essayé de se parler, de se comporter l’un envers l’autre sans cette foutue pièce, elle conditionne quasiment le moindre mot que l’on s’adresse, elle décide pour ainsi dire de tout dans notre relation. Je sais aussi qu’on ne s’est retrouvés que depuis cinq minutes, mais ces cinq minutes ont été plutôt…cool. Et ouais, j’imaginerai bien les choses continuer sur cette voie. Pourtant, malgré moi, je ne peux pas taire la petite voix qui me susurre que je me leurre, et que les choses vont immanquablement finir par redevenir chaotique. Parce que chaotique, c’est tout ce qu’on sait faire, tout ce à quoi on a été habitués ces dix dernières années.

J’avale une nouvelle gorgée de café, avant de poser mon regard sur les baies vitrées. Elles donnent sur le tarmac, et un avion sur le point de décoller fait naître une idée subitement dans mon esprit. « -Tu m’emmèneras en voyage un jour ? Buenos Aires, ou ailleurs, je m’en fous, tant qu’on se barre un peu d’ici ! » On a jamais eu de projet. Dans le genre jamais, jamais. Oh bien sûr, y’a eu le mariage, mais je ne suis pas certaine qu’on puisse dire qu’il s’agissait réellement d’un projet. La pièce a décidé que Jordan devait se marier avec moi, et pas avec Machin, et on a organisé deux trois trucs pour que cette journée se déroule plus ou moins bien. Mais on a jamais vu au-delà. On a toujours plus ou moins vécu au jour le jour, sans penser au lendemain. On s’en fout plein la gueule, on se couche fâchés l’un après l’autre comme pas possible, et on attend naïvement de voir ce que ça donnera le lendemain. Ça nous a plutôt réussi jusqu’à maintenant. Enfin…dans l’ensemble. Si on oublie cette histoire de divorce. Je sais aussi que notre réconciliation est toute récente, je ne sais même pas si ça va durer, mais j’ai envie d’y croire. Il a réussi à me convaincre qu’on pouvait faire en sorte que ça marche entre nous, que tout redevienne comme avant, peut-être même en mieux. Preuve en est, je suis venu le chercher à l’aéroport. « -Imagine…un bel endroit ensoleillé, la plage, les cocotiers, moi dans un joli bikini… » Je lui lance un clin d’œil, et ouais c’est vrai, j’essaye de lui vendre la chose en espérant que la perspective de me voir en maillot de bain le convaincra que prendre des vacances est une excellence idée. Je sais que lui a déjà vu des tas d’endroits, bien plus que je n’en verrais jamais, moi qui n’ai jamais quitté San Francisco, ou qu’à de trop rares occasions. Ici, c'est tout ce que je connais, et j’avoue que je rêverais d’aller voir si l’herbe est toute aussi verte dans le reste du monde. Ma pâtisserie est terminée depuis quelques instants déjà, et je ne tarde pas à réserver le même sort à mon café. Une fois terminé, je ne prends pas la peine de vérifier si Jordan a fini sa propre boisson, et je lance un enjoué « -On rentre chez nous ? » accompagné du sourire qui va bien. Ouais, je joue les égoïstes, et me fous pas mal de savoir s’il a fini son café ou pas. J’ai repris des forces, et maintenant, tout ce qui m’intéresse, c’est rentrer à la maison, et lui montrer à quel point il m’a manqué. Je sais que la situation va déraper, parce qu’elle dérape toujours quand on est ensemble. C’est pour ça que je veux profiter au maximum de ces instants d’entente. J’agis un peu comme si le temps nous est compté, et c’est con, parce que c’est exactement ce que je me dis. L’heure tourne, les ennuis se rapprochent à grands pas, profitons tant qu’on le peut encore.


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Jordan Gauthier
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MessageSujet: Re: Freya & Jordan | J'aurais aimé t'aimer comme on aime le soleil, te dire que le monde est beau et que c'est beau d'aimer...   Ven 9 Juin - 18:12

C’est bien le normal, non ? Bien ? Ce n'est pas tout à fait ce mot là que j'aurais utilisé. C'est bizarre, déconcertant aussi, peut-être agréable, mais ce n'est pas naturel. Ce n'est pas vraiment nous. Ça ressemble plus au calme avant la tempête, un simple moment de répit avant que ça pète. Moi je trouve que ça nous va bien… Je ne sais pas si ça nous va bien, ni si ça va durer (la vérité, c'est que je suis quasiment sûr que ça ne va pas être le cas), mais c'est agréable. Enfin, ce n'est pas le fait qu'on agisse normalement qui me plait autant, mais bien plus les retrouvailles après des semaines de silence radio, de souffrance, de vide et de douleur. J'ai été tellement mal pendant ces dernières semaines que j'en suis rendu au fait que je suis prêt à tout accepter pour passer du temps avec toi, pour rattraper nos conneries et notre mariage surtout. Je t'ai promis la fidélité alors que Dieu sait (et tu le sais aussi) que ce n'est pas un concept qui m'est familier, ni dans mes habitudes et que ça va me demander des efforts considérables. Je l'ai acceptée parce que c'était la condition sine qua non pour que tu reviennes. Ce qu'il se passe maintenant, ce semblant de normalité, ces instants qui ne nous ressemblent vraiment pas, ce n'est pas le nouveau tournant qu'est en train de prendre notre relation, non, c'est juste les retrouvailles, la joie avant le désastre. Peut-être que si on n'a jamais eu d'instant comme ça, c'est surtout parce qu'on n'a jamais frôlé la catastrophe comme on a pu le faire ces dernières semaines. Ouais, peut-être. Parce que Freya, sincèrement, tu nous vois continuer à agir ainsi ? Tu nous vois nous lancer dans la guimauve à plein temps ? ? Tu nous vois agir comme tous les autres couples au quotidien ? Tu nous vois continuer sans la pièce, les paris, toutes nos conneries, tout ce qui fait que nous sommes nous, qui fait que notre relation est comme elle est ? Ouais, c'est sympa. Je ne serais pas celui qui fera tout péter, pas aujourd'hui, pas alors que tu m'as tellement manqué que j'ai cru que ça me boufferait. Pour l'instant, ça l'est, c'est sympa de te retrouver, de prendre un café avec toi, de parler de tout et de rien, de ne pas se prendre la tête, de ne pas s'amuser d'un rien et finalement, c'est tout ce qui devrait compter. Aujourd'hui, on peut agir comme un couple normal, on peut repousser nos habitudes désastreuses. Demain, et bien, on verra bien.

Tu m’emmèneras en voyage un jour ? Buenos Aires, ou ailleurs, je m’en fous, tant qu’on se barre un peu d’ici ! Encore une fois, je souris un peu plus. Ce n'est pas le fait que tu veuilles voyager qui me fait sourire, non, c'est le fait que tu l'envisages. Tu me demandes de t'emmener ailleurs, un jour, ça veut donc dire que tu te dis qu'il existera ce fameux jour, que tu vois plus loin que maintenant et c'est bien plus que ce que j'ai pu espérer ces derniers temps. J'ai envie de te balancer que je t’emmènerai au bout du monde s'il le faut, ici ou ailleurs, tant que tu restes avec moi parce que bordel, j'ai compris avec ces dernières semaines que j'ai vraiment besoin de toi. J'ai besoin que tu sois là au quotidien, de me dire que quand je rentrerai d'un énième voyage, tu seras là. J'ai besoin que tu m'engueules et que tu m'insultes comme pas permis parce que ça veut dire que tu n'es pas partie. Imagine… un bel endroit ensoleillé, la plage, les cocotiers, moi dans un joli bikini… Je n'ai aucun mal à imaginer, enfin, surtout la dernière partie de ta phrase (et même le début, tu me diras). Je nous imagine bien à l'autre bout du monde, dans un décor paradisiaque, le genre qu'on voit habituellement sur les cartes postales. Toi, moi et c'est tout. Dans mon esprit, il n'y a rien de plus parce que je préfère occulter le plus qui nous pend au nez. Ce plus qui grandit dans ton ventre et dont on n'est probablement pas encore prêt à parler. Du moins, je ne suis pas prêt à le faire. Ça dépendra du bikini que tu choisis. Une petite pique, un nouveau sourire. Te dire ce que je pense vraiment, j'en suis encore aujourd'hui incapable, mais te taquiner, ça je sais le faire. Mais pourquoi pas ouais. Ça pourrait être bien. Je reprends le même mot que tu as utilisé tout à l'heure pour qualifier la normalité. Mes propos sont un putain d'euphémisme comparé à ce que je pense réellement, ça pourrait être carrément mieux que bien, ça me tente beaucoup plus que pourquoi pas. Sauf que je ne sais pas m'ouvrir, je n'ai jamais vraiment dit ce que je pensais que ce soit avec toi ou avec n'importe qui d'autre. Les rares fois où je m'ouvre, c'est quand je suis énervé, que la colère prend le dessus et que je balance ces quatre vérités à la personne en face de moi. Dans une situation pareille, dans une situation normale, je ne sais pas faire. Je suis maladroit, je ne dis probablement pas les choses qui faut, quand il le faut, mais putain, je fais des efforts, j'essaie du moins.

Tu finis ton café d'une traite et... On rentre chez nous ? Chez nous, ça faisait des semaines que cette maison, notre maison, ce n'était plus chez nous. Il y a des plaisirs simples dans la vie et t'entendre prononcer ces mots est l'un d'eux. J'avale une dernière gorgée de mon café avant de le reposer quasiment plein sur le plateau. A moins que t'aies envie de visiter l'aéroport. Je te souris, je me lève et je repose tout notre bordel sur le plateau. Allez viens, on rentre. Je ne suis pas sûr que t'aies envie d'une visite guidée de l'aéroport et très sincèrement, je n'ai absolument pas envie de te la faire. J'attrape ma valise, le plateau que je dépose au niveau du comptoir en saluant une dernière fois la serveuse de tout à l'heure et on finit par sortir de ce café, de cet aéroport aussi.

On prend ta voiture. Ce n'est pas une question, je ne te laisse pas vraiment le choix. Je n'ai pas envie qu'on rentre dans deux voitures différentes, le trajet de l'aéroport à la maison prend quasiment une heure, on vient de se retrouver et je n'ai donc aucune envie de te lâcher maintenant. Je te laisse me guider jusqu'à l'endroit où tu t'es garée parce que j'ai beaucoup de talents, mais je n'arrive pas encore à lire dans tes pensées. C'est con, ça aurait pu m'être utile de temps à autre. On finit par arriver à ta voiture, je te prends les clés des mains pour ouvrir le coffre et caser ma valise dedans.

Je me rapproche alors de toi, te pousse légèrement contre la voiture et cale mon visage à quelques centimètres à peine du tien. Refais plus jamais ça. Mon regard ne quitte plus le tien. Partir, je veux dire. C'est presque une supplique, m'abandonne plus, je ne pourrais pas m'en remettre. Encore une fois, ça ne nous ressemble pas, mais au final, qu'est-ce que ça peut bien faire ?
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Freya Gauthier
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MessageSujet: Re: Freya & Jordan | J'aurais aimé t'aimer comme on aime le soleil, te dire que le monde est beau et que c'est beau d'aimer...   Ven 9 Juin - 21:37

Je fronce doucement le nez, et fini par secouer lentement la tête. Non, vraiment, je ne rêve pas spécialement à cet instant précis de visiter l’aéroport de San Francisco. Je n’ai jamais eu l’occasion de prendre l’avion, c’est vrai, et je ne renonce pas à le prendre un jour, mais une petite visite guidée, là, tout de suite, ça ne me dit effectivement rien. De toutes façons, je sais bien que Jordan plaisante, à sa manière, et qu’il ne pense pas un seul instant à me faire visiter les lieux. Ça doit sans doute être le dernier de ses souhaits à cet instant précis. On finit par quitter le café, Jordan traînant sa valise derrière lui, tandis que j’étouffe malgré moi un long bâillement, sentant la fatigue bien présente. Je marche dans ses pas, sans même réellement faire attention où je mets les pieds, perdue dans mes pensées, et ce n’est qu’en l’entendant me dire qu’on prend ma voiture que j’atterris de nouveau. Je hoche la tête en le gratifiant d’un sourire, et prend la tête de notre petit duo, pour le mener jusqu’à ma place de parking. D’un signe de tête, je lui montre ma nouvelle voiture, l’investissement indispensable que j’ai du faire après que Lola ai crashé la mienne dans un poteau, léger détail qu’on a préféré éviter d’avouer à Jordan…sans même que je sache pourquoi d’ailleurs. Jordan me prend les clés des mains, et tandis qu’il range ses affaires dans le coffre, je jette un regard autour de nous, à cet immense parking, à la petite famille qui passe devant nous, à cette jolie gamine aux cheveux bouclés qui me fait un petit coucou de la main à notre hauteur. C’est sans doute pour ça, je suppose, que je ne vois pas tout de suite Jordan se rapprocher, et me pousser doucement contre la voiture. Je suis surprise, mais mis à part un léger froncement de sourcils, je ne pose aucune question, et ne quitte pas ces beaux yeux bleus qui ne me lâchent pas. Il se rapproche, et…mon cœur se serre malgré moi dans ma poitrine à ses paroles. Ce genre de mots, ce n’est pas nous non plus, pourtant, j’y décèle une sorte de souffrance que je n’aurai jamais pu soupçonner. Je lui ai vraiment manqué finalement, et ces longues semaines séparés l’un de l’autre ont été aussi pénibles pour lui que pour moi. On aurait pu s’éviter tellement de mal si on avait été foutu de se le dire, tout simplement. Mais non, notre façon d’agir, à nous, c’est de taire l’essentiel, de taire ce qui fait du bien à entendre, et de se lancer dans des engueulades destructrices sans fins.  Ma main glisse sur sa hanche, et je nous rapproche encore un peu l’un de l’autre, même si ce n’est sans doute que de quelques infimes petits millimètres. « -Me laisse plus jamais partir alors. » Et je me hausse sur la pointe des pieds pour déposer avec douceur mes lèvres sur les siennes. Je ne m’étais jamais imaginée que Jordan pourrait me dire un jour ce genre de mots, et ils déclenchent en moi une foule de questions qui resteront probablement sans réponse. Pendant quelques instants, je l’imagine vraiment mal, au fond du gouffre suite à mon départ, au bord du désespoir. Triste, comme jamais. Et puis l’image de cette garce à moitié à poil me revient en mémoire, et mon imagination s’évapore d’un coup. Je préfère chasser cette image toujours aussi douloureuse par un nouveau baiser, et me recule légèrement, jusqu’à me reposer complètement contre la carrosserie de la voiture. « -Hum…je suis pas sûre que tu vas pouvoir me faire l’amour dans ma voiture finalement…ou alors, on aura du public ! » Que je lui lance avec un léger sourire en coin, en promenant mon regard sur les alentours, et les différents passants qui traversent le parking, peut-être pour aller rejoindre un être cher à sa sortie d’avion. « -Du coup…je te propose qu’on rentre vite à la maison pour mettre ton plan à exécution ! » Je lui lance un sourire explicite qui ne cache absolument pas le fond de mes pensées, et hausse les sourcils d’un air entendu. Je finis par lui dire que puisqu’il a les clés en main, il n’a qu’à conduire, et je peux pas m’empêcher de lui dire de faire attention à mon nouveau petit bijou. La vérité, c’est que je suis trop crevée pour me taper le retour derrière le volant, et je ne pense pas un seul instant au fait que Jordan doit être aussi fatigué que moi, ou même peut-être plus. Je finis par rejoindre le siège passager, une première dans cette voiture là, et attends sagement qu’il s’installe à son tour.

On quitte le parking, et on rejoint vite l’autoroute, tandis que chaque minute nous rapproche un peu plus de notre chez nous. J’ai hâte de refermer la porte d’entrée de la maison, et de pouvoir laisser libre court à mes envies, de pouvoir enfin combler ce manque qui m’a rongé pendant ces dernières semaines. Je repense à ce jour où je suis revenue à la maison après tout ce temps passé loin de là, aux quelques secondes qu’il m’a fallu pour me décider à récupérer la clé sous le cendrier, et à entrer pour de bon. A tout ce que ça impliquait. A cette seconde chance qu’on s’accordait. Jordan avait viré la quasi-totalité de mes affaires, et autant dire que je n’ai pas mis trop longtemps à réinstaller les maigres biens que je possédais dans notre maison. J’avais un peu de mal à reconnaître les lieux sans aucune trace de ma présence entre ces murs, alors j’ai dépensé quelques dollars par ci, par là, pour apporter la touche de féminité qui manquait depuis mon départ. Le plus con dans cette histoire, c’est que je me fous pas mal qu’il ai brûlé mes vestes, robes, presque l’entièreté de mes affaires. Enfin non, je m’en fous pas tant que ça, ça m’a carrément mise en rogne, mais ce qui m’a fait le plus mal au cœur, c’est de découvrir que Jordan avait viré la photo du jour de notre mariage. Je sais qu’on s’est mariés à cause de la pièce, mais putain, j’adore cette photo. Le mariage n’était peut-être qu’une mascarade, mais on a jamais eu l’air aussi heureux que sur ce cliché. J’ai toujours trouvé qu’elle nous correspondait parfaitement. Complices, rieurs, insouciants. Et c’est sans doute cette insouciance qui nous a conduit là où on en est aujourd’hui. Alors j’ai décidé de la remettre exactement où elle était, avant mon départ. Ça n’a pas été très compliqué de refaire un large cadre digne de ce nom, mais ça l’a été un peu plus de l’accrocher où était sa place, face à notre lit. Et la décoration de notre maison c’est sans doute arrêtée là. Beaucoup de choses irremplaçables ont disparues dans l’un des accès de colère de Jordan, comme le vase hérité de ma grand-mère par exemple, mais il ne servirait sans doute à rien d’en faire la remarque. Je ne veux aborder aucun sujet qui serait susceptible de troubler cette quiétude toute nouvelle que nous partageons. « -Hé, au fait…c’est quoi mon cadeau ? » Je me retourne de biais vers lui, et lui fais un sourire de toutes mes dents, comme une vraie gosse, en faisant référence à ce souvenir qu’il était censé me ramener. Il me faut pas grand-chose, et je me contenterai même d’un aimant à foutre sur notre frigo, mais je suis une gamine quand il s’agit d’ouvrir un paquet cadeau. « -Moi aussi je t’ai peut-être prévu un petit cadeau de retour…» Je fixe le pare-brise, et arbore l’air le plus innocent dont je suis capable, même si un petit sourire finit par étirer le coin de mes lèvres.


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Jordan Gauthier
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MessageSujet: Re: Freya & Jordan | J'aurais aimé t'aimer comme on aime le soleil, te dire que le monde est beau et que c'est beau d'aimer...   Ven 9 Juin - 22:38

Un nouveau miracle, à croire qu'ils s'accumulent, tu me laisses conduire ta voiture, ta nouvelle voiture. Pourtant, je me souviens très bien de toutes les remarques que tu as pu me faire sur mes talents derrière un volant, sur le fait que je suis un vrai danger public et d'autres réflexions aussi peu enthousiastes. Les choses changent, pour l'instant du moins. D'ici peu, on va retrouver nos vieilles habitudes. On va se remettre à s'hurler dessus, à ne pas se comprendre, à tout faire foirer parce que c'est comme ça qu'on fonctionne, parce qu'on est incapable d'agir comme un couple normal, parce qu'on est cons, très cons, trop cons peut-être. N'empêche que pour l'instant, ce n'est pas le cas, pour l'instant, on agit normalement, du moins aussi normalement qu'un couple lambda (ce qu'on n'est pourtant pas) et je ne vais pas m'en plaindre.

Je me glisse donc sur le siège conducteur, ajuste deux-trois trucs et je démarre ton nouveau bolide. Je vais essayer d'éviter les poteaux que je te lance un immense sourire aux lèvres alors que je ne quitte pas la route des yeux. Une petite pique comme on en a l'habitude. Je fais référence à ta dernière voiture, à l'accident avec Lola et au fait que tu as foncé dans un poteau, du moins, c'est ce que je crois, ce que vous m'avez fait croire. Aujourd'hui, je ris de ce stupide accident, pourtant, ce jour-là, j'ai bien cru que j'allais t'étriper (et étriper ma très chère sœur aussi par la même occasion). J'ai vraiment cru qu'il t'était arrivé un truc, que c'était la fin. Pourtant, même après avoir constaté que non, non, il ne t'était rien arrivé de grave, je n'ai pas réussi à te récupérer, à te dire que j'étais vraiment désolé pour tout ce que j'avais pu te faire subir, à t'avouer ce que je ressentais depuis ton départ. Je m'en serais voulu à mort s'il t'était arrivé quelque chose, pourtant, j'ai été (et je le suis encore) incapable de m'ouvrir à toi. On ne sait pas communiquer, on ne l'a jamais fait. Quand on s'ouvre un tout petit peu, on se sent obliger de revenir dessus et de faire souffrir l'autre pour démontrer tout le contraire de ce qu'on a pu dire. Parler à cœur ouvert, ça ne nous ressemble pas et ça ne nous ressemblera probablement jamais. C'est sûrement ce qui nous mènera à notre perte, à moins qu'on arrive à changer, mais j'ai dû mal à y croire.

A peine la voiture démarrée, j'ouvre la fenêtre et je m'allume une cigarette, vieille habitude. Je ne pense pas au fait que ça pourrait te déranger, non, je fais comme chez moi, comme on l'a toujours fait l'un avec l'autre. On roule un instant et je sens la fatigue qui m'assaille, le manque de sommeil commence vraiment à se faire ressentir. On rejoint l'autoroute. Hé, au fait… c’est quoi mon cadeau ? Je ne quitte pas la route des yeux, pourtant, je sens ton regard sur moi. Quel cadeau ? que je lance d'un ton qui se veut innocent. Je me souviens très bien du fait que tu m'as demandé de te ramener un truc de Buenos Aires. Moi aussi je t’ai peut-être prévu un petit cadeau de retour… Cette fois, je me tourne vers toi et je hausse un sourcil, surpris. Ah ouais ?!! C'est quoi ? J'aime pas les surprises, enfin si, j'aime bien les surprises, mais j'aime pas attendre. Je ne suis pas de nature patiente, loin de là et tu le sais très bien depuis le temps. Tu t'es enfin décidée pour un plan à trois ? Je te taquine, je me doute bien qu'il ne s'agit pas de mon cadeau, mais ça ne coûte rien d'essayer. Il parait que l'espoir fait vivre.

Au lieu de prendre la sortie jusqu'à chez nous, je décide au dernier moment de continuer sur l'autoroute. Tu bosses demain ? Je continue de rouler, de nous éloigner de notre maison. Ce n'est probablement pas la meilleure idée là tout de suite parce que les heures de vol, le décalage horaire et le manque de sommeil font que je n'ai qu'une envie ; m'étaler dans notre lit et dormir pendant au moins vingt-quatre heures, sans exagération aucune. Et si on se barrait ? Je ne te laisse pas réfléchir plus, je continue ma proposition. On prend une chambre d'hôtel pour ce soir et demain on se barre pendant un jour, deux jours, une semaine comme tu veux... Je quitte un instant la route des yeux et je te souris. Je suis sérieux, je n'ai pas du tout envie de rentrer. Je ne sais pas si c'est l'idée de retourner dans cette baraque avec tous les mauvais souvenirs des dernières semaines, mais je ne veux pas déjà revenir chez nous. On a toujours été du genre à prendre des décisions stupides et à faire des trucs totalement cons avec la pièce, espérons que même sans elle, tu seras partante...
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Freya Gauthier
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MessageSujet: Re: Freya & Jordan | J'aurais aimé t'aimer comme on aime le soleil, te dire que le monde est beau et que c'est beau d'aimer...   Sam 10 Juin - 12:06

Je le laisse conduire mon nouveau petit bijou, sans aucune pression. Je ne sais pas si c’est parce que j’ai la conviction que pendant son vol, il n’a pas du boire ou fumer de joint, qu’il est donc plutôt clean en ce moment, juste l’envie de lui faire plaisir, ou celle de me reposer un peu, et de profiter du trajet de retour, mais je m’installe pour la première fois côté passager de ma voiture, et je glisse un discret coup d’œil vers Jordan, en plein réglages. On ne tarde pas à partir, et il finit par s’allumer une clope, et ce moment me rappelle tous ceux quasi identiques qu’on a pu passer, depuis ces dix dernières années. Tout à l’air si semblable, alors qu’au fond, je sais que les choses sont on ne peut plus différentes. Jamais on ne s’était enfoncés si profondément dans nos disputes, dans nos conneries. Jamais on avait failli atteindre, toucher d’aussi près le point de non-retour. Et pourtant, malgré toutes les saletés qu’on s’est dites, tous les mots durs, tous les non-dits, toutes nos tromperies, on est là, dans ma voiture, rentrant chez nous, comme si de rien était. Ou presque. Je le taquine un peu pour savoir ce qu’il m’a ramené de son voyage, et je ne peux pas m’empêcher de sourire face à son air suspicieux. Jordan le gamin trépigne déjà d’impatience. « -Alors là, tu rêves mon pote ! » que je lui réponds d’un ton on ne peut plus sérieux, malgré le grand sourire qui se dessine sur mes lèvres après qu’il m’ai demandé si je m’étais enfin décidée pour un plan à trois.

Je sais qu’on a toujours dit, jusqu’à maintenant du moins, qu’on avait une relation tout sauf exclusive. Je sais qu’il a couché avec des tas de filles, et ce même depuis notre mariage, et si ça m’avait toujours plus ou moins convenu, maintenant, il n’est plus question de le partager avec qui que ce soit. Même en ma présence. Il s’y est engagé, et pourtant, je ne peux pas m’empêcher de jeter un coup d’œil inquiet vers lui, me demandant s’il sera capable de tenir sa promesse. Je sais ce qu’il en est de mon côté, c’est même clair depuis un bon moment, mais pour Jordan…je me pose malgré moi la question. C’est stupide, mais je ne peux pas m’empêcher d’imaginer toutes ces jolies filles qu’il a du croiser à Buenos Aires, et je me mords l’intérieur de la joue au moment où une vieille question toute pourrie qui remettrait en question cette nouvelle tranquillité étrange entre nous, et pourtant pas désagréable, quand heureusement, mon téléphone se met à sonner dans mon sac. Prenant ça comme un avertissement divin (bien sûr Freya…), je prends le parti de me taire, et d’attraper mon téléphone pour y découvrir un message de Marley. Elle connaît mon plan qui prévoyait de venir chercher Jordan à l’aéroport, et je savais qu’elle désapprouverait avant même que je n’en mentionne le moindre mot. Mais elle a beau être ma meilleure amie, ma sœur d’âme, ma moitié amicale, il n’empêche que je suis une grande fille, et que je fais ce que je veux. Surtout lorsqu’il s’agit de Jordan, qu’elle ne supporte pas. Elle n’a jamais su voir ce qu’il y avait vraiment entre nous. Personne ne l’a jamais su. Mais je suppose qu’on ne peut pas les en blâmer, vu que même nous on arrive pas à s’en rendre compte. Je commence donc une réponse plus ou moins diplomatique, au moment même où Jordan me demande si je dois retourner à la caserne demain. Je fronce les sourcils, concentrée dans mon message « -Quoi ? Euh…nan. Nan, j’ai quatre jours de repos devant moi, j’ai fait un remplacement la semaine dernière. » que je réponds, vaguement. J’aurai probablement pas du, et préférer rester à la maison me reposer un peu, mais le temps m’a toujours paru particulièrement long à la maison, quand Jordan n’était pas entre ces murs qui devenaient d’un coup trop lourds, trop étouffants, trop silencieux. Je ne lui ai jamais dit, et je ne lui dirais sans doute jamais, mais je me fais royalement chier quand il n’est pas là, et le temps passe avec une lenteur insoutenable. Alors quand mon collègue est venu me voir avec ses yeux de chien battu pour que j’échange une de mes gardes avec la sienne, je n’ai mis que quelques secondes à dire oui, me disant qu’au moins, cela ferait des heures en moins à me morfondre en attendant le retour de Jordan, et que j’y gagnerai un jour pour fêter son retour. En gros, c’était tout bénéf, comme on dit souvent, et la décision n’a pas été dure à prendre. Je finis de pianoter sur mon téléphone le message pas forcément aussi amical qu’en temps normal quand j’écris à Marley, puis range mon téléphone, et redresse la tête pile au moment où on passe le panneau indiquant la sortie pour San Francisco…que Jordan ne prend pas. Par réflexe, je me retourne pour suivre des yeux la route qu’on était censés prendre, et ouvre la bouche, prête à lui demander si la fatigue ne serait pas en train de lui jouer des tours, quand, plus rapide, il se met à parler à son tour. Et sa proposition me laisse sans voix. Je m’apprête à lui demander s’il déconne, mais une fois de plus, il me coupe l’herbe sous le pied, et continue sur sa lancée, me proposant de prendre un hôtel pour la nuit, et d’aviser pour les jours à venir. Cette fois, je me retourne carrément vers lui, sans même chercher à cacher ma surprise. « -Attends, t’es sérieux là ? » Oui, il l’est. Je connais ce regard, je ne le connais que trop bien. Je suis surprise par la proposition…mais autre chose prend bien vite le pas sur la surprise. « -Jordan, tu sais que j’ai aucune affaire avec moi, à part celles que je porte ? Pas de brosse à dent, de sous-vêtements, rien ? » Je ne peux pas m’empêcher de sourire, de rire un peu malgré moi, comme si je trouvais ça carrément dingue. Il ne m’a jamais fait ce genre de proposition, jamais. Je sais qu’on s’est retrouvés depuis pas longtemps, depuis même pas une heure, et sa proposition tombe comme un cheveu sur la soupe. A peine quelques instants plus tôt, je lui demandais de m’emmener un jour en voyage, et là, spontanément, il me propose de bousculer tout ce qu’on aurait pu faire, et de se lancer à l’aventure. Et l’aventure, j’aime ça. Sans doute autant que j’aime Jordan. Alors vivre une aventure avec lui, je vous laisse imaginer dans quel état ça me met. « -Tu sais quoi ? Je marche. Trouve nous un hôtel, on dort, et demain matin, on reprend la route. On planifie rien, on décidera sur le moment quelle sortie prendre, où aller, où s’arrêter. Ça te va ? » Cette fois, je peux pas m’empêcher de lui adresser un large sourire. J’me fous de pas avoir de boxer de rechange, ou de deuxième t-shirt, je me moque de pas avoir prévenu mes parents, Marley, la caserne, ou qui que ce soit. J’ai envie de dire oui, j’ai envie d’aller ailleurs qu’à San Franciscol, n’importe où ailleurs à vrai dire, tant que c’est avec Jordan.

Je crois que ma réponse le surprend, il s’attendait sans doute à un non, mais j’ai vraiment envie de faire ça, avec lui. Quoiqu’il en soit, passée la surprise, il continu sur sa lancée, et je lui fais entièrement confiance quant au choix de l’hôtel, me disant qu’il doit plus avoir l’habitude que moi. Pour ma part, je reporte mon regard sur la route, le paysage autour de nous, et je ne peux pas m’empêcher de sourire, un peu malgré moi. Je finis par céder à cette pulsion qui me picote les doigts depuis qu’on est montés en voiture, et je glisse mes doigts dans la nuque de Jordan, les passant dans ses cheveux, jouant avec. Ça non plus, ce n’est pas un geste habituel, mais je m’en moque. Là, maintenant, c’est tout ce dont j’ai envie, et je ne veux pas m’en priver plus longtemps. On parle pas beaucoup, je pense qu’on en a pas forcément besoin, le simple fait qu’on soit là, l’un près de l’autre, c’est suffisant. C’est agréable. C’est au-delà de tout ce qui avait bien pu me traverser l’esprit ces dernières semaines. On finit par quitter l’autoroute, et Jordan nous conduit dans des petites rues qui me sont inconnues, jusqu’à un hôtel, que je ne connais bien sûr pas. Une fois garés, je récupère sa valise, me disant qu’il en a peut-être besoin, me disant surtout que c’est là-dedans que se trouve ma surprise. On se dirige vers l’accueil, où un charmant jeune homme nous accueille, visiblement content d’avoir un peu de compagnie, lui qui a l’air de s’ennuyer ferme. Si en temps normal, je me serai sans doute fait un malin plaisir de me montrer un peu trop amicale avec le réceptionniste, juste pour titiller Jordan, aujourd’hui, cette envie a disparue, et je me comporte comme une fille lambda, tout à fait normale. Ce qu’au fond, je ne serai probablement jamais. Je récupère la clé tendue par le jeune homme, et ne m’attarde pas plus, me dirigeant vers l’ascenseur. J’ai l’impression d’être une gamine, et je me sens toute surexcitée. Je ne sais pas si c’est parce que c’est un peu l’une des premières fois qu’on fait ça ensemble, si c’est parce que je ne suis pas une habituée des hôtels tout court, mais j’ai l’impression d’être sur le point de vivre une grande aventure. J’insère le pass dans la serrure de notre chambre, et lance un immense sourire à Jordan, toute heureuse.

Pourtant, la chambre n’a rien d’extravagant, mais elle me plaît en un coup d’œil : un large lit, du petit mobilier plutôt mignon, et ce qui attire tout de suite mon regard, une immense baignoire dans la salle de bain dont la porte est ouverte. Mon sourire n’a toujours pas disparu, je crois même qu’il s’est encore un peu agrandi à la vue de cette découverte, et je sais déjà comment je risque d’occuper une ou deux heures de ma soirée. Je finis par retirer ma veste, que je balance sur le lit, et me dirige vers la fenêtre, dont je tire l’un des rideaux. « -On est pas trop mal ici. Et la vue…et bien, la vue est plutôt canon… » Mes yeux parcourent les rues, les toits en contrebas, les gens qui marchent, et je finis par me retourner vers Jordan, en lui adressant un petit sourire. « -Tu devrais te reposer un peu, t’as vraiment une sale tronche ! » Hop, une petit pique, comme si souvent entre nous, mais cet éternel sourire qui ne veut plus me quitter depuis que nos regards se sont croisés à l’aéroport.


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Jordan Gauthier
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MessageSujet: Re: Freya & Jordan | J'aurais aimé t'aimer comme on aime le soleil, te dire que le monde est beau et que c'est beau d'aimer...   Sam 10 Juin - 15:38

Je n’ai pas envie de rentrer, de retourner chez nous, dans cette maison dans laquelle on s’est déchiré pendant des semaines. J’ai besoin de souffler, que cette soudaine trêve continue, même si elle sera probablement très brève vu qu’elle ne nous ressemble pas vraiment. Peut-être. C’’est même fort probable, mais pour l’instant, je veux en profiter. J’ai cette putain d’impression que si on rentre dans notre maison, berceau d’un bon nombre de nos engueulades, tout reprendra comme ces dernières semaines. C’est stupide, je le sais très bien parce que nos problèmes ne viennent certainement pas de cette ville ni d’un quelconque lieu dans lequel on a pu manquer de s’entretuer. Non, notre vrai problème vient bien plus de nos caractères à la con (et de notre incapacité à communiquer sans hurler), mais il ne faut pas demander à quelqu’un qui vient de passer des semaines et des semaines à s’enfoncer dans son malheur d’avoir un raisonnement censé. Je viens à peine de te retrouver, alors que je pensais cela impossible. On vient à peine de s’essayer à la normalité ou du moins à quelque chose qui y ressemblerait presque, il faut que ça continue. J’en ai besoin. Alors oui, il serait beaucoup plus simple qu’on se pose et qu’on se parle, qu’on échange sur ce qui a pu se passer au moment où tu as demandé le divorce (oui, il est bien mieux de se dire que le soucis vient du divorce et non de cette chose qui grandit dans ton ventre), qu’on mette une bonne fois pour toute les choses à plat. Sauf qu’on ne sait pas parler et que très franchement, je n’en ai pas la moindre envie. Au fond, je ne veux pas que l’on évoque ce soucis (parce que oui, c’en est un) parce que j’ai cette putain d’impression qu’on n’arrivera jamais à s’accorder sur ce que l’on doit faire de cet être qui va finir par nous bouffer totalement, toi, moi, notre relation (ou ce qui y ressemble). Partir durant un temps, ça ressemblerait presque à fuir, fuir la réalité qui nous attend à la maison, les problèmes qui ne vont pas tarder à ressurgir et au final, ce n’est sûrement pas plus mal. On pose les armes durant quelques instants, on aura tout le temps de relancer les hostilités plus tard, à moins qu’elles nous explosent à la tronche sans qu’on ne puisse les éviter.

Attends, t’es sérieux là ? Je ne quitte pas la route des yeux, je te laisse assimiler la proposition. Bien sûr que je suis sérieux. S’il le faut, je te kidnappe et je t’emmène loin de notre ville natale, même si ce serait quand même mieux qu’on n’en arrive pas à là (quoique...). Jordan, tu sais que j’ai aucune affaire avec moi, à part celles que je porte ? Pas de brosse à dent, de sous-vêtements, rien ? Ta remarque me fait sourire et je secoue un instant la tête. Je n’ai qu’une envie ; me barrer loin d’ici, loin de San Francisco, loin de nos soucis, toi, tu ne penses qu’à tes affaires. On n’a pas tous les mêmes priorités. Sérieux, t’as rien du tout ? Mon sourire s’élargit un peu plus. Tu sais, tu peux te trimballer sans rien, ça me gène pas le moins du monde. Sourire malicieux à la con. Bien au contraire même, enfin, si on se décide à partir je ne sais où, ça commencera probablement à me poser problème, mais on n’en est pas encore là. Il faut encore que tu acceptes de me suivre et ça n’a pas l’air bien parti pour l’instant. J’aurais peut-être dû te sortir la pièce et un ultime défi à la con, quoique, ça n’aurait probablement pas été une meilleure idée non plus. La dernière fois que je t’ai proposé un Pile ou Face, tu as envoyé la pièce à l’autre bout du parking de l’hôpital en me faisant comprendre que les défis, c’était fini (pour l’instant du moins). Tu sais quoi ? Je marche. Trouve nous un hôtel, on dort, et demain matin, on reprend la route. On planifie rien, on décidera sur le moment quelle sortie prendre, où aller, où s’arrêter. Ça te va ? Une nouvelle fois, je me tourne vers toi, mais cette fois avec un air surpris sur le visage remplacé bien vite par un sourire. Ça me va. On t’achètera des trucs si tu veux. On est parti pour l’inconnu, l’aventure. Au final, ce n’est pas vraiment nouveau pour nous. On n’est jamais parti en voyage, mais on a toujours vécu au jour le jour. Il faut dire que notre relation un peu trop spéciale et nos nombreuses prises de bec ne nous ont jamais permis de voir bien loin. À moins que ce soit notre (mon ?) incapacité à se poser vraiment et à se projeter. Mariés oui, mais un mariage un peu bancal, un peu spécial.

Je continue de rouler vers je ne sais où. Ce n’est pourtant pas les hôtels qui manquent dans les alentours, mais je me dirige jusqu’au quartier dans lequel j’ai vécu durant mes années étudiantes avec Az. Ce quartier dans lequel on s’est rencontré. On perd un temps fou une fois arrivés en périphérie avec la circulation, mais après tout, ce n’est pas comme si on était pressé ou attendu quelque part. Je finis par me garer près du premier hôtel qui m’a l’air potable et on file jusqu’à la chambre que l’on réserve pour la nuit. Je te laisse passer devant alors que tu ressembles à une enfant la veille de Noël, toute excitée, ce qui me fait sourire un peu plus. On est pas trop mal ici. Et la vue… et bien, la vue est plutôt canon… J’acquiesce d’un mouvement de tête. Ouais, c’est sympa. Y a une boite pas loin qu’est plutôt cool aussi. Y a souvent des nanas chiantes avec des caractères à la con qui râlent dès qu’on va les voir. On pourra y faire un tour si tu veux. Je fais référence à cette fameuse boite où j’ai passé beaucoup trop de soirées quand j’étais étudiant et où on s’est rencontré. Non pas que j’ai envie d’y aller, encore moins avec toi, ce serait bizarre ? Ouais, bizarre, ce serait comme d’aller à la boulangerie avec son propre pain (réflexion à la con). Puis de toutes façons, je n’ai pas la moindre envie de quitter cette chambre ni de quitter cette bulle dans laquelle on est peu à peu en train de s’enfermer. Une bulle loin du reste du monde et loin des prochaines emmerdes qui pourraient nous tomber dessus.

Tu devrais te reposer un peu, t’as vraiment une sale tronche ! Tu es toujours aussi agréable, ça fait plaisir. Je te retourne le compliment. T’as une sale tête. Je retire mes chaussures que j’envoie valser dans l’entrée de la chambre, probablement en plein milieu du passage, mais ça se saurait si je n’étais pas un vrai bordélique et ce n’est pas maintenant que ça va changer. J’enlève ma veste que je lance sur une chaise avant de virer la tienne du lit et de m’étaler dessus comme une merde. Je prends toute la place pour ne pas changer et je sens la fatigue qui m’assaille. Entre les nombreuses insomnies que je ne cesse d’enchaîner, le voyage, le décalage horaire, le poids de ton absence durant ces dernières semaines et la douleur qui s’envolent petit à petit, je ne vais pas tarder à sombrer, je le sens. Va falloir que tu te trouves une autre chambre, y a plus de place pour toi ici que je te balance pour te taquiner. Je ne te quitte pas des yeux durant un bon moment alors que mes paupières se font de plus en plus lourdes. Je finis par m’endormir quelques instants plus tard. Cette fois, je n’ai pas à tourner pendant des heures et des heures dans mon lit, je n’ai pas besoin non plus de me fumer un joint ou de boire une tonne d’alcool. Non, rien de tout ça. À croire que même si tu me fais sortir de mes gonds à longueur de temps, ta présence m’apaise bien plus que ce que je ne pourrais jamais l’avouer.
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Freya Gauthier
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MessageSujet: Re: Freya & Jordan | J'aurais aimé t'aimer comme on aime le soleil, te dire que le monde est beau et que c'est beau d'aimer...   Sam 10 Juin - 17:09

Mon sourire est instinctif quand il me parle de cette boîte de nuit dans laquelle on s’est rencontrés, et un étrange sentiment de nostalgie m’envahie soudainement. C’est vrai que j’avais râlé ce soir-là, c’est souvent le cas d’ailleurs, et que je l’avais envoyé bouler avec les compliments du chef. Mais il avait tellement persévéré, insisté, sans jamais lâcher le morceau, qu’on avait fini par passer la soirée ensemble, la nuit, et les dix années qui ont suivi. J’ai jamais remercié Marley, mais c’est un peu grâce à elle que j’ai rencontré Jordan au final, elle qui m’a soulé à mort jusqu’à ce que j’accepte de l’accompagner à une foutue soirée étudiante. Si j’avais pu imaginer une seule seconde que cette soirée allait changer à ce point le cours de mon existence, si j’avais su toutes les galères qui allaient suivre, j’aurai probablement quand même voulu assister à cette soirée étudiante. « Je parie que t’y as passé l’une des meilleures soirées de ta vie ! » que je lui réponds, sans me départir de ce sourire qui décidément semble avoir du mal à me quitter. Je me souviens de cette première impression qu’il m’a fait, celle d’être un parfait abruti. Maintenant il est devenu mon parfait abruti, mon mari, et quand j’y pense, ça semble encore totalement dingue. C’est ce soir-là que la partie a commencé, et dix longues années plus tard, on est toujours en plein dedans.

Je peux pas m’empêcher de sourire quand il me lance une vacherie, une semblable à celle que je viens juste de lui dire, mais c’est loin de me vexer. C’est typiquement le genre de mots doux qu’on aime s’envoyer à la tronche. Les « mamours, mon cœur, chaton » et autres niaiseries, c’est vraiment pas notre style, bien trop cliché. Bien trop gerbant. Je lui tire la langue, pour faire bonne figure, mais je sais même pas s’il s’en rend compte, alors qu’il est déjà en train de retirer ses pompes avec toute la délicatesse dont il sait faire preuve, puis sa veste. Et il finit par s’étaler sur le lit, et j’ai l’impression d’avoir déjà vécu cette scène, au moindre détail près, des centaines de fois. Sauf qu’on était chez nous, et qu’on était pas forcément en si bons termes. Je m’adosse au mur, et un fin sourire se dessine peu à peu sur mes lèvres, tandis que j’observe le sommeil gagner sa bataille contre Jordan. Il me regarde, longuement, et ses paupières s’affaissent chaque fois un peu plus, jusqu’à ce que ses yeux finissent par se fermer totalement. Je ne sais pas exactement combien de minutes passent sans que je ne bouge, et je crois bien que c’est la première fois que je me surprends à l’observer dormir aussi longtemps. Je l’ai toujours trouvé beau, très beau, sans doute trop même (ce qui doit sans doute expliquer son immense succès auprès de la gente féminine), et ce dès notre première rencontre, mais les gentillesses qu’il m’a balancé ce soir-là, et la relation tordue qui s’est instaurée ensuite, ont fait que je ne lui ai jamais vraiment fait cet aveu. Je sais d’avance qu’il en profiterait si jamais j’osais le lui avouer, donc je garde ça pour moi, ça lui ferait bien trop plaisir d’entendre ces mots sortir de ma bouche. Au bout de je ne sais combien de temps, je finis par me détacher du mur, et par m’asseoir doucement juste à côté de Jordan, avec milles et unes précautions, pour ne pas le réveiller. J’imagine sans peine à quel point il devait être crevé, lui qui s’est endormi comme une souche avant même de profiter de nos retrouvailles. Une fois assise, je prends encore quelques instants pour l’observer, et je me rends compte à quel point il m’a vraiment manqué, pendant ces longues semaines que nous avons passé loin l’un de l’autre. A un point que je n’aurai jamais pu imaginer. Moi qui me suis toujours vantée d’être une femme indépendante n’ayant besoin de personne, et surtout pas d’un homme, je me suis surprise à revoir mon jugement ces derniers temps, quand mon lit (et mon cœur) était bien trop froid et vide à mon goût. Je passe doucement la main dans ses cheveux, sur sa joue, sur l’arrête de sa mâchoire, et un léger soupir finit par s’échapper de mes lèvres. Le fait de savoir que ce calme ne va pas durer me noue un instant l’estomac, et je finis par retirer ma main, tandis que mon regard quitte le visage de Jordan pour se poser sur l’extérieur. Ouais, ça va merder, à un moment ou à un autre, et je suis certaine que même lui en est conscient, alors on devrait vraiment profiter de cet instant, tant qu’on le peut encore. Je finis par me pencher pour embrasser Jordan sur le front, puis me relève une nouvelle fois avec douceur pour éviter de le réveiller. Je finis par me diriger vers la salle de bain, et vers cette baignoire qui me fait de l’œil depuis qu’on est arrivés. Il ne me faut que quelques toutes petites secondes pour virer mes fringues, et mettre l’eau à couler, à laquelle j’ajoute le flacon de ce qui se trouve sur le bord de la baignoire, et qui ne tarde pas à faire une belle mousse blanche. Puis je ferme la porte à moitié, juste ce qu’il faut pour pouvoir continuer à observer Jordan dormir (mais pas dans le genre flippant), et je me glisse dans ces litres d’eau chaude qui n’attendent plus que moi.

Les minutes passent, devenant des heures, et quand l’eau commence à refroidir, j’en laisse évacuer une bonne quantité par le siphon, puis la remplace par de l’eau presque bouillante, qui me fait un bien fou. Je me laisse totalement allée, et me relaxe comme ça n’a plus été le cas depuis que j’ai quitté la maison, et je profite de cet instant, m’autorisant même à fermer les yeux pour profiter pleinement de ce bain bien mérité. Un peu de musique n’aurait pas été de refus, mais je ne veux pas troubler le sommeil de Jordan, et je sens que Morphée commence également à flirter avec moi. Je me sens détendue comme jamais, et c’est presque à contre cœur que je finis par sortir du bain pour m’enrouler dans l’une des serviettes de l’hôtel. De retour dans la chambre, je jette un coup d’œil à la valise de Jordan, en me mordillant un instant la lèvre inférieure. J’ai bien envie d’y jeter un petit coup d’œil, juste histoire de trouver un t-shirt propre, mais je sais aussi que ma surprise est censée s’y trouver, et je ne veux rien gâcher. Alors finalement, j’enfile une nouvelle fois mon boxer en faisant la grimace, puis mon propre t-shirt, ferme les rideaux, et je grimpe sur le lit. Jordan n’a pas bougé, et prend vraiment toute la place, comme bien souvent, ce qui m’arrache un nouveau sourire. Je m’installe tant bien quand mal, glissant une de mes jambes entre les siennes. Les câlins nocturnes, les nuits collés l’un à l’autre dans des positions aussi improbables que celles qu’ont les personnages de séries télé pour s’endormir, les confessions sur l’oreiller, ça non plus c’est pas notre genre, bien sûr. Mais j’ai passé trop de nuits loin de Jordan pour dormir tranquillement dans mon coin, et c’est plus fort que moi, j’ai besoin de le toucher, de sentir sa peau contre la mienne. Il ne bronche pas, ça ne m’étonne pas vu son état de fatigue, et j’en profite largement, glissant une main sur son flanc, avant d’enfouir mon visage dans le creux de son cou, et de me blottir contre lui. Le silence gagne la chambre, uniquement perturbée par nos deux respirations, et je puise dans ce calme apaisant encore un peu de réconfort. La chaleur de Jordan me gagne peu à peu, m’engourdissant, et sans que je ne comprenne d’où vient cette sensation, ce drôle de sentiment, l’intime conviction que c’est là qu’est ma place, à ses côtés, envahit d’un coup chacune de mes cellules. Ça me fait peur, et en même temps, c’est comme si je l’avais toujours su, et que je l’avais accepté depuis longtemps. Jordan gigote un peu m’arrachant à mes pensées, mais il semble toujours profondément endormi, et je ne tarde pas à le rejoindre dans un sommeil que j’estime largement mérité. Les heures passent, la nuit succède au jour, puis le petit matin ne tarde pas à suivre, et le sommeil ne m’a pas quitté. Oh, j’ai bien du bouger, sans doute un peu, mais j’étais tellement crevée que ni le soleil filtrant à travers les rideaux, ni même Jordan ne sont parvenus à perturber le repos dont j’avais besoin.


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MessageSujet: Re: Freya & Jordan | J'aurais aimé t'aimer comme on aime le soleil, te dire que le monde est beau et que c'est beau d'aimer...   Sam 10 Juin - 20:08

Je me réveille en sursaut alors que la pièce est encore plongée dans l’obscurité. Mauvais rêve, une pale copie de la réalité, du moins, de celle qui m’a hanté ces dernières semaines, celle où tu es partie et où nos échanges ne sont que ponctuels et tournés autour du divorce. Dans mon rêve, tu étais partie avec un autre et tu ne cessais de m’exposer ton bonheur à la tronche. Ce cauchemar, ce n’est pas la première fois qu’il me bouffe et ce n’est probablement pas la dernière non plus. Je sens mon coeur tambouriné dans ma poitrine, il bat trop vite, alors que la panique me submerge. Instinctivement, je passe mon bras sur l’autre côté du lit et je ressens un putain de soulagement lorsque je t’effleure et que les souvenirs de la veille me reviennent petit à petit. Tu es venue me chercher, c’était étrange, vraiment, le genre qui ne nous ressemble pas le moins du monde. On a fini par rouler jusqu’à un hôtel pour passer la nuit. Tu n’es pas partie. Tu n’as pas disparu (à nouveau) alors que je dormais. Tu m’as bien dit par texto le jour de mon anniversaire que tu revenais à la maison, pourtant, chaque jour, j’ai l’impression que tu vas finir par revenir sur ta décision. Hier, en atterrissant, j’avais cette appréhension qui me bouffait, celle que tu avais décidé de changer d’avis et que tu étais partie je ne sais où à nouveau et elle me ronge encore. Je reste un moment en silence, le regard rivé vers toi, alors que ma vue s’acclimate petit à petit à l’obscurité. Je tente tant bien que mal d’apaiser l’angoisse qui me ronge, alors que tu dors à poing fermé à quelques centimètres à peine. Tu ne vas pas partir, tu l’as promis que je me répète en silence, comme si le fait de le dire en boucle allait rendre ces paroles réelles.

Au bout de ce qui me semble être quelques minutes, je sors mon téléphone de la poche de mon jean (quelle idée de s’endormir habillé !) et je suis ébloui par la lumière de l’écran. Il est quatre heures du matin passé, pas franchement l’heure de se réveiller, pourtant, j’ai l’impression que je ne pourrais pas retrouver le sommeil, pas tout de suite en tout cas. Le plus délicatement possible afin de ne pas te réveiller, je me glisse hors du lit. Je m’aide de la lumière de mon téléphone pour retrouver mes chaussures (quelle idée de les balancer n’importe où !), ma veste et le pass de la chambre. Je ne prends pas la peine de passer par la salle de bain, je me glisse discrètement hors de la pièce avant de filer vers les rues quasi désertes. L’air frais me fait un bien fou et je m’allume une cigarette tout en observant quelques fêtards qui rentrent en titubant au loin. Ça me fait doucement sourire et ça me rappelle mes années étudiantes, puis celles après. J’ai toujours apprécié cette ville, ce quartier et encore plus le fait de vivre dans une grande ville. Si tu m’avais écouté, ce que tu ne fais jamais, on vivrait en plein centre ville, mais ce n’est pas nouveau, tu n’en fais toujours qu’à ta tête. Vu qu’on n’arrivait pas à se décider, la pièce l’a fait pour nous et ce jour-là (comme de nombreux autres), elle a décidé de m’abandonner.

J’ai l’impression que cette époque remonte à tellement loin et qu’on n’arrivera jamais plus à retrouver ce qu’on avait à ce moment-là. Oui, nos vies (et notre relation) étaient loin d’être parfaites, mais il n’y avait pas tous ces doutes et toute cette souffrance. On n’avait de cesse de se lancer des paris plus stupides les uns que les autres, d’en rire, de se faire souffrir, oui, mais pas comme ces derniers temps. Puis ça passait et on recommençait, encore et toujours. C’était ça notre quotidien. Aujourd’hui, on avance à l’aveugle, on tâtonne et putain, on n’est vraiment pas doué à ça, du moins, je ne le suis pas. Je n’ai jamais été dans une vraie relation, du moins, j’ai toujours dit aux nanas qui avaient le malheur de finir avec moi, que je ne voulais rien de sérieux. Certaines l’ont accepté sans broncher, d’autres se sont mises à espérer me changer, mais j’ai toujours été clair. Si on a fini mariés tous les deux, ce n’était certainement pas suite à une espèce de continuité de notre relation ou que sais-je encore comme tous couples lambdas. Non, nous, on l’a fait à cause (grâce ?) à un pari parce qu’on ne revient pas sur l’un d’eux, parce que ça nous amusait, parce que, peut-être, que ça nous correspondait plus que ce qu’on n’aurait jamais pu se l’avouer. Quoiqu’il en soit, on ne l’a pas fait pour les bonnes raisons, on agit rarement pour les bonnes raisons d’ailleurs. On foire toujours tout, on en rit (plus ou moins de bon coeur), on oublie (ou on fait comme si) et on recommence. C’est comme ça qu’on a toujours agi. C’est comme ça qu’on devrait continuer d’agir. Sauf que tu as soudainement décidé que ce n’était plus suffisant et si ces dernières semaines m’ont appris quelque chose, c’est que sans toi, je ne suis plus que souffrance. Alors on en est là, plus de pièce, plus de paris, plus de tromperies... ça promet !

J’écrase ma cigarette dans le cendrier devant l’hôtel et j’en rallume une autre aussitôt que je fume le regard perdu dans le vide. Une fois finie, je retourne à l’intérieur, prends une canette de Fanta dans un distributeur que j’ouvre tout en me dirigeant vers notre chambre. J’ai l’habitude des hôtels, mais ça doit être l’une des premières fois que l’on se prend une chambre tous les deux. On en a fait des choses ensemble, mais il faut croire qu’on a oublié de faire tous ces trucs que les couples font normalement. Je retourne dans la chambre en silence, je vire toutes mes affaires et garde simplement mon boxer avant de me glisser à tes côtés. Une nouvelle fois, j’ai cet espèce de soulagement lorsque je réalise que tu n’as pas bougé et que tu es toujours endormie dans le lit. C’est stupide parce que si tu étais partie, je t’aurais vu, n’empêche qu’après des semaines d’absence, c’est quelque chose que je ne contrôle pas. Je reste silencieux, je cale ma respiration sur la tienne et je finis par je ne sais quel miracle à me rendormir, à croire que j’ai beaucoup de sommeil en retard à rattraper.

Quand j’ouvre à nouveau les yeux, le soleil perce doucement à travers les rideaux et tu dors toujours à poing fermé. J’émerge doucement nichant ma tête sous la couette afin de me protéger de la lumière qui vient de l’extérieur. Les autres clients de l’hôtel s’activent autour de nous, j’entends des bruits qui proviennent du couloir pourtant je n’ai aucune envie de quitter le confort de la chambre. Une fois habitué à la lumière, je bois une gorgée de la cannette de soda que je n’ai pas fini et qui traine sur la table de chevet, puis je me tourne vers toi et je t’observe en silence. Ton visage est à moitié caché derrière tes cheveux et je me retiens de virer délicatement une mèche de tes cheveux (what the fuck, qu’est-ce qu’il me prend ?). Je ne reste pas statique bien longtemps, je m’approche et doucement, je me mets à faire des cercles sur ta cuisse. On n’a jamais été du genre à traîner pendant des heures au lit le matin, ni à être très tactile ou très câlin, mais là, c’est presque vital. J’en ai besoin, j’ai besoin de sentir ta présence près de moi, de te toucher, de savoir que tu es là et que tu ne vas pas repartir sur un coup de tête. Je finis par repousser doucement tes cheveux, alors que tu ouvres doucement les yeux et un sourire vient immédiatement éclairer mon visage. Salut toi que je te souffle d’une voix rauque. Il y a des petits plaisirs simples dans la vie. Le fait de me réveiller à tes côtés est l’un d’eux, je ne pensais pas que ça serait le cas et pourtant. À croire que ton absence m’a fait réaliser tous ces petits trucs qui étaient devenus banals et qui font pourtant un bien fou. Je recommence mon cirque le long de ta cuisse et je remonte doucement. T’as ronflé toute la nuit, j’ai quasi pas pu dormir que je te lance plein sourire pour te taquiner. Ce n’est pas vrai, enfin, si c’est le cas, ça ne m’a pas perturbé le moins du monde. Tu veux aller manger ou... ? Ma main se retrouve au niveau de ton boxer et l’un de mes doigts longe le bas de ton ventre. ... faire autre chose ? Une lueur passe dans mes yeux et mes intentions sont on ne peut plus clair alors que je te souris doucement.
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Freya Gauthier
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MessageSujet: Re: Freya & Jordan | J'aurais aimé t'aimer comme on aime le soleil, te dire que le monde est beau et que c'est beau d'aimer...   Sam 10 Juin - 22:00

Je me suis endormie comme une masse, bien au chaud, lovée contre Jordan. Les heures passent, et le sommeil ne me quitte pas, à croire que j’étais vraiment crevée, ou que la présence de Jordan me détend comme jamais. Le soleil perce désormais à travers les rideaux, mais cela ne me perturbe pas le moins du monde. Je suis réveillée, mais je suis encore trop crevée pour daigner ouvrir mes yeux, et je reste immobile, bien trop molle pour me décider à bouger ne serait-ce que le petit doigt. Je me demande si Jordan dort encore de son côté, et je ne tarde pas à avoir ma réponse, quand je l’entends et le sens bouger à mes côtés. Ça ne me décide pas pour autant à bouger, au contraire, la curiosité me titille, et j’attends de voir ce qu’il va faire. Je ne suis pas déçue, lorsque je ne tarde pas à sentir ses doigts glisser sur ma cuisse, y dessiner des motifs dont lui seul a le secret, et je dois me faire violence pour ne pas sourire. Heureusement, je sens une mèche de cheveux sur mon visage, et je me dis que ça a peut-être caché le léger tressautement au coin de ma lèvre. Mais mon visage ne reste pas caché bien longtemps, et Jordan finit par le découvrir, avec une délicatesse que j’ai un peu de mal à lui reconnaître. Quoiqu’il en soit, je finis par ouvrir les yeux, et mon regard tombe directement sur le beau visage de Jordan. Son sourire est contagieux, et un similaire se dessine sur mon visage, sourire qui s’agrandit à son pic. Je sais qu’il ment, il n’a pas la tronche de quelqu’un qui n’aurait pas fermé l’œil de la nuit. En tout cas, il a meilleure mine que hier, et la nuit de sommeil a du lui faire du bien. Je réponds à sa remarque en lui tirant la langue, et plisse les yeux en sentant ses doigts se perdre sur mon boxer. Je lui adresse un sourire un coin, et la réponse fuse, sans même que je n’ai besoin d’y réfléchir. « -Autre chose, clairement. Je n’ai faim que de toi… » que je lui balance, avec un sourire qui répond au sien. Ouais, vraiment, après tout ce temps passé loin l’un de l’autre, je ne pense pas une seule seconde à un quelconque petit déjeuner, et ce malgré mon ventre qui gargouille. Je me tourne légèrement sur le côté, comme pour offrir plus mon ventre à Jordan, tandis que ses doigts continuent leur manège, embrasant chaque millimètre de peau qu’ils touchent. Mon sourire s’agrandit encore, tandis qu’à mon tour, je fais glisser mes doigts le long de son bras, puis de son épaule, de son torse. Le toucher, me réveiller à ses côtés même, le voir sourire, ça fait un bien fou, et je me rends compte une nouvelle fois, avec une force presque effrayante, à quel point il a pu me manquer. A quel point ma vie est nulle à chier, et vide de sens quand il n’est pas dans le coin. A quel point tout semble sans intérêt, et plus pénible. Mes lèvres finissent par trouver les siennes, et les possèdent, ne les quittent plus. Je ne mets que quelques instants à m’embraser littéralement, à perdre le contrôle, comme bien souvent lorsque Jordan me touche. Je me rapproche un peu plus, et c’est le début d’une longue matinée qui me fait perdre le fil du temps. J’ai l’impression que mes sens, que mes sentiments, que tout ce que je vis et ressens est décuplé, que chaque centimètre carré de ma peau, de mon corps est en feu. Et c’est putain d’agréable. On a remis ça une bonne partie de la matinée, je n’ai pas tenu de comptes, mais ça aurait pu durer encore toute la journée, toute la vie, que j’y aurai trouvé mon compte.

Jordan et moi avons finalement échangé de place, et le soleil éclaire désormais mon visage, mais c’est loin de me déranger. Je me sens apaisée, apaisée comme je ne l’ai jamais été en 27 ans. Mes bras sont repliés sous mon oreiller, et je suis couchée sur le ventre, un étrange sourire flottant sur mes lèvres. Et je suis…heureuse, putain d’heureuse même, et c’est vraiment une sensation…bizarre. J’ai vraiment pas l’habitude. Pourtant, étrangement, je pense que je pourrais m’y faire. Et j’ai à peine eu le temps de me faire cette remarque qu’une voix sournoise me murmure à l’oreille de ne pas m’y habituer, car tout va capoter, comme toujours quand il s’agit de nous. Je redoute cet instant, et c’est carrément stupide, mais j’ai peur qu’on n'ait pas le temps de profiter assez de nos retrouvailles, avant que tout parte en vrilles de nouveau. Parce que ça va partir en vrilles, je le sais, Jordan le sait. On est deux abrutis, incapables de ne pas s’entretuer, et de se déchirer. Et pourtant, malgré le fait que je sache cela, j’ai envie d’y croire, comme Jordan n’a pas arrêté de me le répéter, envie de croire qu’on peut y arriver, ensemble. Envie de croire qu’on pourrait s’aimer comme n’importe qui, qu’on pourrait vivre une belle histoire tous les deux, loin de tout ce qui a toujours fait notre relation. Mais nous, on est pas n’importe qui, et je suppose que c’est bien de là que vient tout le problème.  « -Dis moi qu’on se séparera plus jamais. Et qu’on restera ensemble…jusqu’à ce qu’on soit vieux, tout ridés, et aigris… Dis le moi, Jordan...» que je murmure, rivant mes yeux droits dans ceux de Jordan. A cet instant, je déteste ma propre voix, que je trouve creuse, et faible, qui tremblote légèrement, et qui demande presque à Jordan de faire une promesse qu’aucun de nous deux n’est capable de tenir. J’ai toujours eu l’impression d’être plus vulnérable, plus sensible aussi, après mes étreintes avec Jordan. Comme si malgré lui, il était capable de calmer la sauvage en moi, pour révéler celle que je suis vraiment, et que j’ai parfois du mal à assumer. Parce qu’au fond, je ne suis bien que ça, une pauvre petite fille de 27 ans, apeurée par l’amour, qui crève de trouille d’ouvrir son cœur à l’homme qu’elle aime, par peur de ne pas être aimée en retour. Alors plutôt que de risquer un échec, plutôt que de me faire briser le cœur en 1000 morceaux, sans savoir si j’arriverai à m’en remettre, je préfère jouer, jouer les filles détachées et insensibles, les filles sans attaches qui peuvent se barrer du jour au lendemain, sans rien ressentir. Du moins en apparence. Pourtant, malgré toutes ces fois où on s’est envoyés en l’air, j’ai jamais ressenti…ça. Cette chose sur laquelle je n’arrive même pas à mettre de mot. Ce serait donc ça, le bonheur ? J’en sais strictement rien. Mais cette espèce de paix intérieure me donne des ailes, et me colle un sourire sur les lèvres qui ne veut plus me quitter. « -T’es celui avec qui je m’engueule le mieux, et je sais que c’est réciproque. C’est une sacrée bonne raison pour qu’on arrête nos conneries, non ? » Mon sourire finit par me quitter, et mes propos sonnent bien plus sérieux que ce que je m’étais imaginée. Je pense chacun des mots que j’ai dits. Je sais qu’il existe des millions et des millions de gars sur cette Terre, et pourtant, c’est avec l’imbécile couché à mes côtés que je veux faire ma vie. On est incapables de s’entendre, d’être sérieux plus de deux minutes, de ne pas s’étriper pendant plus de quelques heures, de parler à cœur ouvert, de ne pas se faire de mal. J’ai vécu mes plus beaux instants aux côtés de Jordan. Mais sans doute les pires aussi. Et pourtant, tout me ramène toujours à lui. Je sais même pas s’il se rend compte d’à quel point il compte pour moi, ou de ce que je ressens réellement. C’est pas le genre de choses dont on parle de toutes les façons. Il faut dire qu’on parle jamais de grand-chose. On est toujours trop occupés à se prendre la tête pour que dalle.


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MessageSujet: Re: Freya & Jordan | J'aurais aimé t'aimer comme on aime le soleil, te dire que le monde est beau et que c'est beau d'aimer...   Sam 10 Juin - 22:24

Dis moi qu'on se séparera plus jamais. Et qu'on restera ensemble... jusqu'à ce qu'on soit vieux, tout ridés et aigris... Dis le moi, Jordan... Je souris. Habituellement, je n'aime pas ce genre de conversations, je n'aime pas m'ouvrir et je sais que tu n'aimes pas non plus le faire, pourtant, t'entendre dire qu'on ne se séparera plus, qu'on restera ensemble, qu'on va arranger les choses, ça me fait un bien fou. On était si proche du point de non retour, si proche du divorce et de mettre un terme à tout cela. Je suis heureux, vraiment heureux que les choses prennent enfin un nouveau tournant. Je sais qu'on se dirige vers une pente glissante, qu'on n'est pas habitué à tout cela, mais j'ai espoir qu'on arrive à trouver des compromis. Ça ne sera pas tous les jours roses parce qu'on est nous, mais on peut très bien réussir à sauver notre mariage. Promis quand on sera vieux et tout ridés, on continuera à faire chier le reste du monde avec nos conneries. Ce n'est peut-être pas tout à fait ce que tu attendais, mais c'est une promesse comme une autre, une que je peux tenir sans trop de difficultés, bien plus simple que la fidélité que je t'ai pourtant promise il y a quelques jours de cela. Je nous vois bien faire chier toute la maison de retraite et tout le personnel. Je ris à l'idée. Je nous imagine bien continuer les défis stupides, devenir deux petits vieux totalement insupportables, un peu comme ce qu'on est aujourd'hui avec la vieillesse en plus. Je finis tout de même par retrouver mon sérieux parce que bien que je n'aime pas ça, je sens que la conversation est en train de prendre ce tournant. Mais je ne compte pas partir, ni signer les papiers du divorce. Je te le promets... Après tout, c'est toi qui a décidé de partir. Je n'ai jamais voulu mettre un terme à notre relation, ni changer quoique ce soit de cette dernière, ça me convenait très bien avant, avant le bébé. Je soutiens durant quelques instants ton regard avant de détourner les yeux pour attraper mon portable sur la table de nuit de ton côté. J'essaie de ne pas t'écraser et je m'étale à nouveau. T’es celui avec qui je m’engueule le mieux, et je sais que c’est réciproque. C’est une sacrée bonne raison pour qu’on arrête nos conneries, non ? Je relève les yeux vers toi. Je n'aime pas cette discussion, je n'aime pas ce que la phrase « on arrête nos conneries » impliquent. Pourtant, je te souris. Ça dépend, tu continueras de gueuler quand même ? J'aime bien quand tu râles. Je tente une tête qui se veut innocente alors que c'est loin d'être le cas. C'est la vérité, j'aime beaucoup te pousser à bout, te voir péter une durite et j'imagine que ça doit être réciproque vu que tu fais parfois tout pour m'énerver. Je fuis ta véritable question.

Je regarde enfin l'heure sur mon téléphone. Il est presque onze heures, presque l'heure qu'on rende la chambre et j'en profite pour sortir du lit, pour mettre un terme à cette discussion beaucoup trop étrange. Allez la feignasse, il faut qu'on bouge ou on va se faire virer ! Je m'étire avant d'ouvrir ma valise afin de trouver des vêtements de rechange. Heureusement que je ne suis pas du tout organisé et que je prends toujours beaucoup plus de vêtements que ce qu'il faut. J'en sors deux tee-shirt, deux boxers, un jean et ma trousse de toilette. Je te jette dessus les affaires qui te sont destinées. Tiens, si tu veux te changer. Pour la délicatesse, on repassera. Je m'apprête à partir dans la salle de bain avant de faire demi-tour. Je me mets à fouiller dans le fond de ma valise avant de sortir une petite boite. Ton fameux cadeau, un collier et un pendentif en argent que j'ai trouvé dans une bijouterie quand je me suis enfin décidé à sortir de ma chambre d'hôtel. Je le pose sur le rebord du lit en te souriant. On n'a jamais été trop du genre à se faire des cadeaux. J'ai fait un tas de voyage, pourtant, je t'ai rarement ramenée des souvenirs, à croire que ça aussi, ce n'est pas notre truc. Tu vois que je suis le mari de l'année. On y croit ! Je n'attends pas que tu ouvres la boite, je file sous l'eau chaude.
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MessageSujet: Re: Freya & Jordan | J'aurais aimé t'aimer comme on aime le soleil, te dire que le monde est beau et que c'est beau d'aimer...   Mer 14 Juin - 15:50

Couchée sur le ventre, je peux pas m’empêcher de fixer longuement Jordan, et de m’ouvrir un peu à lui. J’aime pas particulièrement ça, mais ça a été plus fort que moi, c’est sans doute dû à la situation, aux retrouvailles, à l’émotion ou je ne sais quelle autre connerie. Je réarrange l’oreiller sous ma tête, alors que Jordan se décide enfin à me répondre, tandis que je plisse lentement les yeux en entendant sa promesse qu’on continuera d’agir comme les gros relou qu’on est quand on serait vieux. Je hausse un sourcil, et ne peux m’empêcher de faire une moue dubitative, en pensant que ce n’était pas exactement le genre de réponse que j’attendais. Mais ça ne devrait pas vraiment m’étonner, c’est tellement typique de Jordan l’huître, d’éviter de se montrer trop sentimental, et de se planquer derrière son vieux sarcasme pour ne pas s’impliquer. Je lève les yeux au ciel, alors qu’il continue son petit manège, et que je finis par me tourner pour me mettre sur le dos, en fixant le plafond. Pourtant, à ses paroles suivantes, je peux pas m’empêcher de tourner une nouvelle fois mon visage vers lui, alors qu’il redevient subitement sérieux, et qu’il promet qu’il ne va pas partir, pas plus qu’il ne compte signer les papiers du divorce. Je reste sans réaction pendant quelques secondes, avant d’esquisser lentement un petit sourire, et de hocher simplement la tête. Je crois qu’à cet instant, c’est vraiment tout ce que j’ai besoin d’entendre.

Je proteste, pour la forme, quand il s’étale sur moi pour attraper son téléphone, comme s’il avait tout simplement pas pu me demander de le lui passer. Et une nouvelle fois, c’est Jordan le gamin qui répond à mes paroles, et face à sa tête de gosse innocent, j’attrape l’oreiller sous ma tête pour le lui envoyer à la tronche. J’ai bien envie de lui rétorquer que je gueule jamais, mais ce serait sans doute un énorme mensonge, gueuler étant un peu la base de notre relation, la seule façon dont on sait communiquer. Je rigole un peu malgré moi, pas certaine de savoir comment faire pour ne pas râler. C’est un peu ma seconde nature, c’est sans doute pour ça que Marley a pris la mauvaise habitude de m’appeler Grincheuse quand on était encore que lycéennes. Un vieux surnom qui ne m’a jamais vraiment quitté, malgré moi. Je remarque qu’une fois encore, il a décidé de pas répondre directement, ou de faire le gars qui comprend pas vraiment où je veux en venir. Je suppose que je ne saurai jamais ce qu’il en est vraiment.

Quoiqu’il en soit, le sujet semble clos, et tandis que Jordan jette un coup d’œil sur son téléphone, j’en profite pour m’étirer longuement dans le lit, ne me gênant pas pour le bousculer au passage. Je hausse un sourcil quand il m’appelle la feignasse, ne me reconnaissant absolument pas dans ce surnom qu’il vient de m’adresser. Jordan finit par se lever du lit et farfouiller dans sa valise, tandis que je me redresse pour m’adosser contre la tête de lit, et l’observer faire, tandis qu’il finit par me balancer dessus deux trois fringues pour que je puisse me changer. C’est vrai qu’on a un peu pris la décision de partir sur un coup de tête, et que je me retrouve sans rien sur moi. Je lui lance un « -Merci », avant de prendre lesdites fringues et de les étendre devant moi. Ça devrait faire l’affaire. Jordan s’apprête à quitter la chambre pour filer sous la douche, quand il fait subitement demi-tour pour retourner une nouvelle sa valise dans tous les sens. Je l’observe faire en plissant les yeux, avant de me mettre à sourire comme une gamine quand je vois le petit paquet que Jordan dépose au bord de notre lit. Mon cadeau, enfin. Je peux pas cacher le large sourire qui étire mes lèvres, alors que je trépigne d’impatience de pouvoir l’ouvrir. « -Mais oui mais oui, mon chéri, le meilleur mari du monde, même ! » Je lui réponds du ton le plus sarcastique dont je suis capable, tandis qu’il quitte la pièce et me laisse seule avec mon petit cadeau…sur lequel je fonds en deux secondes comme une petite fille le jour de Noël. Il me faut quelques secondes pour attraper mon marcel que Jordan a balancé sur ma table de nuit, et mon sourire ne m’a toujours pas quittée quand j’ouvre enfin sur la petite boîte, et que mon regard tombe sur le collier et le pendentif qui viennent tout droit de Buenos Aires. Moins d’une minute plus tard, je me retrouve devant le miroir de la chambre, à attacher le collier à l’arrière de mon cou, et à observer mon reflet dans la glace, et le large sourire qui fend mon visage en deux. C’est une journée qui commence bien, j’en suis sûre.

J’attrape la canette de fanta posée de mon côté du lit, et en bois une longue gorgée avant de poser mon regard sur le lit défait, la valise ouverte de Jordan, nos fringues partout dans la chambre. Je peux pas m’empêcher de repenser à ce moment où on s’est retrouvés à l’aéroport, et à tout ce qui s’en est suivi. Jordan m’a assuré qu’on pouvait s’en sortir, qu’on pouvait y arriver, et je me surprends à croire qu’on est sur une bonne voie…pour l’instant. Je ramène une nouvelle fois la canette à mes lèvres, puis la repose sur la table de nuit, avant d’aller ouvrir les rideaux, et la fenêtre en grand. Le soleil brillait fort dans le ciel, les passants se pressent déjà dans la rue, et l’odeur de bouffe des restaurants du coin emplit l’air. Je prends une longue inspiration…que je regrette aussitôt, en sentant une bile acide remonter. Et merde ! Je me précipite vers la salle de bain où Jordan est toujours sous la douche, et j’arrive in extremis aux toilettes pour y gerber tout le contenu de mon estomac, qui heureusement n’est pas grand-chose. Pour le côté romantique, on repassera, hein. J'essaye de respirer pour calmer la nausée, mais c'est un échec, et je me retrouve la tête dans la cuvette une nouvelle fois. Quand j'ai l'impression que ça va mieux, je me redresse en soupirant, avant d'aller me passer de l'eau sur le visage. L'eau sous la douche s'est arrêtée, et je crois pouvoir deviner le regard de Jordan posé sur moi. Doucement, j'attrape une serviette pour m'essuyer le visage, captant son regard azur dans le miroir, avant de hausser une épaule, comme pour dire que quoi qu'il vient de se passer, c'est pas grand chose, et ça ne vaut certainement pas la peine qu'ils s'arrêtent là-dessus.


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MessageSujet: Re: Freya & Jordan | J'aurais aimé t'aimer comme on aime le soleil, te dire que le monde est beau et que c'est beau d'aimer...   Jeu 15 Juin - 19:08

Je profite de l'eau chaude et de ce moment de tranquillité. Finalement, peut-être qu'on peut vraiment rattraper les choses, notre mariage, notre relation ou ce qui nous lie. Il suffit d'éviter les mauvais sujets, d'apprendre à agir un peu plus comme un couple normal et un peu moins comme les abrutis qu'on a l'habitude d'être. Ouais, c'est faisable, si seulement on oublie ce truc qui grandit dans ton ventre et s'il se décide à disparaître de lui-même. On peut et on va rattraper le coup. Douce illusion, Jordan ! Tes problèmes ne vont pas fuir parce que tu ne veux pas les évoquer, tu devrais pourtant le savoir depuis le temps. Ils vont vous rattraper. Cet enfant ne va pas s'envoler par magie et à un moment, il faudra bien que vous parliez de ce sujet que tu veux pourtant tant éviter. Vous allez faire quoi, hein ? Pourquoi est-ce que tu ne lui dis pas simplement que tu ne veux pas de ce gosse ? Pourquoi est-ce que tu ne cherches pas à lui parler pour que vous trouviez une solution viable ? Dis, pourquoi ? Parce que tu sais très bien au fond de toi que ça ne sera pas si simple ! Bien sûr que tu le sais, tu as bien essayé une fois avec la pièce et regarde où est-ce que ça vous a mené. Ce bébé, ce problème (parce que ne le nie pas, c'en est un à tes yeux) est loin d'être réglé ! Je soupire un instant et éloigne toutes les pensées concernant le truc qui grandit dans ton ventre. Non, non, on ne va pas tout déjà gâcher. On est fort pour se prendre la tête et il suffirait d'un rien pour que ça reparte en cacahuète, mais je n'ai aucune envie que ça parte en vrilles, pas maintenant, pas déjà.

Tu rentres dans la salle de bain et je n'y fais pas attention jusqu'au moment où je t'entends vomir dans la cuvette. Je t'observe un instant à travers la vitre et sans réfléchir, je te demande si ça va. Question relativement stupide étant donné que tu viens de dégueuler. D'ailleurs, tu n'as pas le temps de me répondre que tu recommences. Merde. J'éteins l'eau de la douche, pas très sûr de ce que je dois faire et tu te relèves avant de te passer de l'eau sur le visage. Tu me vois et tu me fais un signe d'épaule pour me signaler que tout va bien. Euuuh... Tu viens de vomir, non, clairement, ça ne va pas. Tu veux qu'on rentre ? Mon besoin d'aventure peut attendre. Tu te sens mieux ? Je finis de me préparer et on va manger un truc. Je t'adresse un petit sourire avant de rallumer l'eau. Si tu voulais pas partir avec moi, il suffisait de le dire, pas besoin de tomber malade pour faire capoter nos plans ! Je ris un instant avant de me figer totalement. Je repasse la tête en dehors de la douche, avant d'ajouter. T'es bien malade, hein ? C'est probablement la première fois que j'ai autant envie que quelqu'un vomisse à cause d'une maladie, d'un truc qui est mal passé ou d'une connerie du style. 'fin, je veux dire, c'est pas le... Le quoi, Jordan ? Vas y, dis le, c'est juste un mot, rien de plus. ... truc ? Mes yeux s'écarquillent un instant, alors que je t'observe, totalement paniqué. Je referme finalement la vitre d'un mouvement brusque avant de te tourner le dos. Pourquoi est-ce que les choses sont toujours obligées de mal tourner ? Je t'ignore, toi, tes possibles réponses, la réaction que tu peux avoir. J'ai besoin de souffler, de m'échapper de cette discussion qu'on ne pourra pas éternellement éviter. Je sens très bien que je suis en train de me monter le bourrichon et que je pète une durite pour rien, mais, ça, ce truc, ce bébé, je ne peux pas. Je ne peux pas faire comme si tout allait bien, alors que putain, non, rien ne va ! On ne peut pas faire semblant éternellement, à un moment, si on ne réagit pas à temps, il va finir par pointer le bout de son nez et ça, clairement, ce n'est pas possible.

Je ne sais pas combien de temps je reste sous la douche, mais probablement trop longtemps. Je finis tout de même par sortir. Je m'enferme dans un mutisme qui ne me ressemble pas vraiment et je prends tout mon temps pour me préparer sans ouvrir la bouche et sans faire attention à ta présence. Si j'ouvre la bouche, je risque de prononcer des mots que je vais finir par regretter...
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Freya Gauthier
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MessageSujet: Re: Freya & Jordan | J'aurais aimé t'aimer comme on aime le soleil, te dire que le monde est beau et que c'est beau d'aimer...   Sam 17 Juin - 22:39

Je m’essuie longuement le visage, sans doute plus longuement que ce qui est nécessaire. Une petite goutte s’échappe et coule dans mon cou, mais je ne fais rien pour stopper sa course. Je me contente de fixer Jordan dans le miroir, de prendre une attitude désinvolte pour montrer que tout va bien, même si j’en suis pas certaine au fond. Finalement, je me tourne vers lui, alors qu’il se met à enchaîner les mots sans me laisser le temps de répondre : « -Non, non…ça va… » Il a rallumé l’eau, et j’ai parlé si bas que je suis même pas certaine qu’il ai entendu. J’ai faim, j’ai juste faim, ça doit bien être ça, non ? C’est ça de manger un demi-donut en 24 heures. J’essaye de sourire avec enthousiasme à sa petite remarque, mais je suis pas certaine que ça ai fonctionné. Je voudrais lui dire que même au bord de l’agonie, j’aurai quand même voulu prendre ces quelques jours loin de tout avec lui, mais les mots ne sortent pas. Quand il reprend la parole en me demandant si je suis bien malade, je fronce les sourcils subitement, alors qu’il s’emballe tout seul, et j’ouvre la bouche pour lui répondre, avant de la refermer aussitôt en l’entendant parler de « truc ». Je marque un temps d’arrêt, je sais pas pourquoi ça me gêne autant de l’entendre appeler comme ça le pois chiche. Façon, j’ai pas le temps de réagir, il referme brusquement la vitre de la douche, comme pour mettre un terme définitif à cette conversation qui n’a même pas vraiment commencé. Je fais semblant de pas avoir vu son air paniqué lorsqu’il a pensé au bébé, et je bas en retraite dans la chambre sans demander mon reste.

Je m’assois sur le lit en soupirant, et attrape le collier qui pend à mon cou. Putain, j’aurai même pas eu l’occasion de le remercier, pas alors que cette aventure vient de prendre un tournant radical. Jordan finit par sortir de la douche, enfin, et revient dans la chambre pour finir de se préparer, sans m’adresser le moindre regard. En fait, j’aurai pu être ailleurs, carrément absente, ça aurait été là même chose. Je serre les dents, et prends sur moi pour ne faire aucune remarque et fermer ma gueule. Au lieu de ça, je rejoins à mon tour la salle de bain, vire toute mes fringues avant de me glisser à mon tour sous l’eau de la douche. Putain, fais chier. Pourquoi est-ce qu’il a fallu que tout capote aussi rapidement ? Merde, merde, et encore merde. Tout allait pourtant si bien jusqu’à maintenant, et la situation a basculé en une fraction de seconde. Pouf, juste comme ça, en un claquement de doigts. Je soupire, et laisse l’eau couler, longtemps, en augmentant peu à peu la température. Je me repasse en boucle ce moment où tout a merdé, ces quelques secondes où notre gentille petite virée va probablement prendre fin. Je sais pas combien de temps je reste là-dessous, peu importe au fond, et je finis par sortir en foutant de l’eau partout, au point que la salle de bain devient une gigantesque flaque d’eau. Tant pis. Je sors de la salle de bain à moitié à poil, et enfile les fringues prêtées par Jordan, avant d’entrer dans mon pantalon. J’essaye de glisser un coup d’œil vers Jordan, mais il reste hermétiquement enfermé dans une bulle dont il m’a clairement exclue, et ça me fait royalement chier. Il pourrait pas parler, pour une fois, au lieu d’agir comme un vrai gamin ?

Je lui passe devant pour aller me planter devant la glace, et essaye de coiffer comme je peux mes cheveux mouillés de mes doigts. C’est débile, tout ça, c’est franchement débile. On va pas continuer à s’ignorer et à ne plus se parler éternellement. Alors je finis par pousser un petit soupir, par m’appuyer contre la table de la chambre, et je fixe Jordan, longtemps, trop longtemps pour que ce soit innocent. « -Jordan, sérieusement… » Je me mords l’intérieur des joues pendant quelques brèves secondes. Je sais très bien ce qui se passera si je me montre aussi directe qu’en temps normal, si je me donne pas la peine de me montrer un minimum diplomate. Il va se refermer, encore plus, se braquer comme pas possible, et on finira immanquablement par faire ce pour quoi on est le plus doués : se prendre la tête, et tout foutre en l’air. Il me faut quelques secondes de plus pour que mon regard s’ancre dans le sien. « -Tu vas quand même pas rester muet jusqu’à la fin de ta vie, hein ? Tu tiendrais même pas ! » Je sais même pas si j’essaye de faire de l’humour, de détendre l’atmosphère, ou autre chose. Je savais bien que la situation allait finir par se dégrader, à un moment ou à un autre, je pensais juste pas que ça arriverait aussi rapidement.

Au fond, on a pas jamais vraiment eu l’occasion de discuter de ma grossesse. Le seul moment où on a abordé le sujet, c’est quand je l’ai annoncé à Jordan, et on peut pas vraiment dire que ça c’est très bien passé. Preuve en est qu’une procédure de divorce s’en est suivi. Le sujet est problématique, il est même pire que ça au fond, et j’ai pas vraiment plus envie de l’aborder que lui. Il veut pas de gosse, et moi, je sais pas ce que je veux. Je me vois pas mère, je me suis jamais vraiment vu mère d’ailleurs, mais maintenant que je suis face à la situation, ça complique un peu les choses. Le médecin m’a parlé des différentes options qui s’offraient à moi, en me conseillant d’en discuter avec le futur papa, et j’ai pas vraiment eu le courage de lui répondre qu’on savait pas vraiment discuter de choses aussi sérieuses qu’un bébé. Je suis paumée, littéralement, et j’ai aussi l’impression de me retrouver un peu toute seule face à cet imprévu. C’est pas vraiment comme si je pouvais demander à Jordan de m’accompagner à la prochaine échographie. Bonjour le malaise. Mes lèvres se serrent l’une contre l’autre, fort, jusqu’à ne former plus qu’une mince ligne : « -Je veux pas rentrer… » Il m’a demandé ça y’a genre une heure, mais cet abruti ne m’a pas laissé en placer une avec ses conneries. J’ai pas envie de rentrer, et j’ai pas envie qu’on quitte cet espèce de bulle de bonheur dans laquelle on s’est enfermés depuis hier, ce petit nuage sur lequel on flotte. Et j’ai pas non plus envie de discuter du bébé, pas aujourd’hui. Ça peut bien attendre demain, non ? Ou même le jour d’après ? « -On pourrait pas, juste…j’en sais rien, oublier ce qui vient de se passer ? » J’ai l’impression que c’est un peu une proposition en l’air, qu’on pourra sans doute plus retrouver l’ambiance qui régnait dans la chambre, entre nous, avant que je me mette à gerber. « -Deux jours…on pourrait pas être des gens normaux, qui se prennent pas la tête, pendant deux putains de jours ?! » Ma voix sonne comme une horrible supplique qui m’agace moi-même, et je déteste le ton faiblard de ma voix. Je le regarde en haussant les épaules, en espérant de tout cœur qu’il arrivera à prendre sur lui pour éviter que la guerre entre nous ne reprenne.


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