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 a ghost from the past (ft. théodore)

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MessageSujet: a ghost from the past (ft. théodore)   Mer 14 Déc - 1:13


Théodore & Lou

A ghost from the past


"Maman on peut aller au parc ?"

J'hocha vaguement de la tête et accorda un sourire à ma fille qui couru mettre ses baskets. Je n'avais pas grand chose de prévu aujourd'hui, ayant déjà écrit tôt ce matin l'article que je posterai en fin d'après-midi sur le blog.

"Papa rentre à quelle heure ?"

Je m'étais pourtant habituée à ce qu'elle l'appelle "Papa" mais étrangement cela me fit plus d'effet que d'habitude. J'avais l'impression que si je laissais totalement tomber Elijah je laissais aussi le père de ma fille. Mais ce n'était pas son père. Biologique du moins. Elle n'avait jamais connu son père biologique mais j'avais rencontré Elijah quelques jours après mon arrivée à Santa Barbara. J'étais alors une gamine enceinte qui ne savait plus vraiment où elle en était. Résultat il a toujours été présent pour ma fille et peu de temps après sa naissance nous nous étions officiellement mis ensemble. Mon père avait été content : Elijah était un type bien, un mec sérieux, un bon boulot, une belle personne. Mais tout avait dérapé vers mi-novembre. J'avais débarqué à l'improviste à son bureau pensant lui faire une surprise mais je l'avais trouvé en pleine activité avec sa secrétaire ... En quelques jours mes valises étaient faites et celles d'Ivy aussi. J'étais partie, j'avais fui car j'avais peur. Peur de ce sentiment d'abandon, de trahison. Mais au fond Elijah m'aimait, et malgré ses conneries parce qu'il avait toujours été un homme à femmes il était lui aussi parti pour venir à San Francisco. J'avais accepté qu'il s'installe dans la chambre d'amis histoire de ne pas trop changer le quotidien d'Ivy qui était habituée à avoir des parents unis et soudés depuis sa naissance.

"Après son travail ma chérie ne t'inquiètes pas."

Car elle était intelligente ma fille du haut de ses neuf ans. Je n'avais pas besoin de lui parler pour qu'elle comprenne. Elle savait bien que quelque chose n'allait pas entre son "père" et moi.

Nous décidâmes de partir à pieds, le Golden Gate Park n'était pas loin de la maison et cela nous permettraient de nous dégourdir les jambes. C'était un magnifique samedi, le climat était encore relativement convenable pour la saison. Ivy riait à chaque pas pour diverses raisons : un oiseau chanteur, une feuille lui arrivant dans la figure, une voiture un peu trop originale à son goût. Elle était l'incarnation même de la joie de vivre et en la regardant je me demandais si j'avais été pareil à son âge. Je n'avais jamais connu ma mère et mon père avait mis un moment avant d'avoir une relation avec une autre femme. Il m'avait donc élèvé comme une vraie princesse de château. J'avais tout ce que je désirais et pourtant je ne me souviens pas avoir un jour était aussi rieuse et souriante qu'Ivy. J'étais fière d'elle, elle faisait mon bonheur de tous les jours et si au tout début elle n'était pas vraiment prévue je n'arrivais aujourd'hui plus à imaginer ma vie sans elle.  

Nous arrivâmes finalement au parc et je m'assis sur un banc :

"Je peux aller jouer avec les oiseaux là-bas ?"

Je lui répondis de ne surtout pas trop s'éloigner. J'avais beau essayer de ne pas trop la couver comme mon père l'avait fait avec moi mais c'était toujours plus ou moins peine perdue : ma fille était mon trésor le plus précieux. Perdue dans mes pensées je la regardait "jouer" avec les oiseaux, ces deniers étaient habitués à la compagnie du parc et n'avaient pas peur lorsqu'elle s'approchait un peu trop près pour les observer.

Je la vis partir un peu plus loin et rentrer dans un homme qui passait par là. Mes réflexes maternels avaient fait en sorte que je m'approche le plus vite possible. Juste à temps pour entendre Ivy s'excuser et voir l'homme se retourner.
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Myrtle Montgomery
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MessageSujet: Re: a ghost from the past (ft. théodore)   Mer 14 Déc - 2:11

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Lou & Théodore
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Je m’étais octroyé une journée de congé. Après tout, j’en avais bien le droit, et surtout, j’étais le patron, donc bon, personne n’avait rien à me dire. Ils n’avaient surtout pas intérêt. Au lieu de rester enfermé entre les quatre murs de mon duplex, j’avais décidé de sortir, faire une petite promenade, malgré la température hivernale qui s’était abattue sur la ville. Je n’étais pas spécialement l’hiver, et tous les désagréments qui étaient livrés avec, mais au moins, contrairement à l’été, si vraiment on avait trop froid, on pouvait toujours rajouter une couche d’habits. Bon, fallait quand même faire attention de ne pas ressembler au bonhomme Michelin non plus. Début d’après-midi, j’étais finalement prêt. J’avais enfilé un simple jeans, et pour le haut, un t-shirt, suivi d’un sweat ainsi que de mon manteau. Et une écharpe bien évidemment. Je laissais de côté le bonnet, je ne ressemblais vraiment à rien avec ce genre d’accessoires. Tant pis pour mes oreilles. Mais je m’y étais préparé. Après avoir vérifié que j’avais bien tout sur moi – portables, écouteurs, porte-monnaie, etc – je sortis de chez moi, ayant dans l'idée de m'y rendre à pieds, n’habitant seulement à quelques pas de là.

Une fois sur place, les mains dans les poches – ayant oublié, idiotement, de mettre des gants – je me baladais un peu partout. Parcourant le parc. Me dégourdir les jambes et profiter de respirer un peu d’air, au lieu d’être toujours enfermé quelque part, tout en regardant les alentours. Certes, le parc était moins rempli qu’à son accoutumée, en été, toutefois, il y avait encore quelques familles qui se promenaient avec leurs bébés, dans leurs poussettes, discutant de tout et de rien, ainsi que quelques joggeurs. Je grimaçais on en voyant quelques-uns. Il fallait vraiment que je m’y remette. Depuis mon accident – et mon mois intensif avec des béquilles – je n’avais plus vraiment eu l’occasion de m’adonner à mon footing matinal, et depuis que je n’avais plus ces satanées cannes, j’avais été trop submergé par plusieurs choses. Je me fis la réflexion que dès le lendemain, je rattraperais le temps perdu, tout en sachant d’avance que c’était beaucoup plus simple de le dire que de le faire. Je baissais gentiment les bras. Cela ne me ressemblait pas. De toute façon, ces derniers temps, ce n’était pas la première fois que je laissais tout tomber. Comme le fait d’accepter qu’une certaine personne puisse rester dormir dans une chambre d’hôtel que j’avais loué, alors que je ne voulais qu’une chose, qu’elle part ! Bon, rien ne servait à remuer le passé. Ce qui était fait était fait. Impossible de revenir en arrière. Au bout d’une petite demi-heure, je me posais finalement sur un bon, avant de m’allumer une cigarette, et de fermer les yeux, tout en tirant quelques bouffées de temps à autre. Profitant du temps présent. Du silence, ponctué toutefois par quelques cris d’enfants non loin de là et par des oiseaux qui ne devaient pas migrer. Une fois la cigarette totalement consumée, je me levai, la jetant dans un cendrier mis à disposition par la ville, et décidai de refaire un petit tour, débloquer ma jambe. Je n’avais peut-être plus besoin de béquilles, mais suite à la blessure, le muscle avait tendance à se crisper trop facilement, surtout quand il devenait froid, et je devais donc l’entraîner petit à petit. J’étais d’ailleurs censé aussi suivre des cours de physiothérapie. Chose que je n’avais pas encore fait. A quoi bon ?

Ce ne fut qu’à quelques mètres de là qu’une tornade s’abattit sur moi, de plein fouet. Je ne compris pas de suite, et, baissant les yeux, je remarquais une jeune enfant, de longs cheveux blonds. Je fus sur le point de lui faire comprendre mon ressenti, avec une remarque bien placée, quand elle leva son regard sur moi. Les mots restèrent en travers de ma gorge en croisant ses grands yeux d’un bleu magnifique. Comme si j’étais hypnotisé. J’haussais les épaules. Après tout, ce n’était qu’une enfant d’une dizaine d’années, selon moi, quoique je n’étais vraiment pas doué pour deviner les âges des enfants, et elle ne l’avait surtout pas fait exprès. Du moins, normalement pas. Si c’était un garçon peut-être, ou alors même une petite peste. Mais elle n’était ni un garçon, ni une peste. A moins qu’elle cachait bien ses yeux derrière son visage d’ange. Et puis, surtout, elle s’excusa. J’en restais presque bouche bée. C’était de plus en plus rare de tomber sur des mômes bien éduqués. Ne voyant aucun adulte devant moi, je me retournais donc, espérant apercevoir sa maman, ou n’importe qu’elle accompagnatrice.  Et là … mon cœur s’arrêta de battre. Une jeune femme brune venait dans notre direction, et la petite fille se jeta entre ses jambes. Il n’y avait plus aucun doute possible. Elles étaient ensemble. Pour ma part, je restais là, sans bouger, comme pétrifié. Mon teint déjà livide avait certainement dû virer au cadavérique. Non non et non. J’essayais de revenir à la raison. Rien n’y faisait. J’avais perdu les moyens. Moi qui, normalement, n’hésitait pas une seconde pour cracher mon venin, voilà que je me retrouvais dans l’impossibilité de prononcer un seul mot. Durant mon adolescence, j’en avais fait des choses. Pas très … saines dirons-nous, et la personne qui se trouvait actuellement en face de moi, en faisait partie. Je déglutis, avant de prendre une grande inspiration. « Lou ? » dis-je, d’une voix ou trahissait mon malaise. Il fallait que je me ressaisisse. Tout de suite. Et maintenant ? Je ne pouvais pas non plus la prendre dans mes bras, en souvenir du bon vieux temps. Pas après ce que je lui avais fait subir. « Ça … ça fait longtemps ». Okay. J’avais envie de me foutre des gifles. De prendre une douche froide. N’importe. Il fallait que je me réveille de ce cauchemar. Puis, comme sortant de ma transe, et le naturel revenant toujours au galop, je fis ce que je savais faire le mieux. Être méchant. « Tiens », commençais-je, un sourire narquois se dessinant sur mes lèvres. « T’es tombée si bas que tu dois faire du babysitting maintenant ? », ricanais-je.  





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MessageSujet: Re: a ghost from the past (ft. théodore)   Mer 14 Déc - 3:36


Théodore & Lou

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J'accouru donc vers ma fille, et celle-ci, timide et intimidée, se jeta dans mes bras. Je la souleva et la garda dans mes bras, notant mentalement que bientôt je ne pourrai plus la porter tellement elle avait grandi. Avant même de regarder l'homme dans lequel elle était rentrée je l'excusa :

"Désolé, elle est un peu étourdie parfois et elle n'a pas ..."

Je coupa net ma phrase. Perdant mon souffle, je cru soudainement que j'allais réellement m'évanouir. Je tiens Ivy un peu plus fort contre moi. Cela allait s'arrêter. Ça ne pouvait pas être lui. Et pourtant ... Je plongea mon regard dans ses yeux bleus, et cela me coupa une nouvelle fois ma respiration lorsque je me rendis compte qu'Ivy avait exactement les mêmes. J'étais pétrifiée, tétanisée. C'était lui, forcément. Il sembla aussi me reconnaître vu l'expression sur son visage. On aurait presque dit qu'il était soudainement malade. Il finit par briser le silence :

"Lou ?"

Mon cœur se serra en l'entendant prononcer mon prénom. Je n'avais plus aucun doute par rapport à l'identité de la personne qui se tenait en face de moi. Je me souviens de ce que cela me procurait lorsqu'il prononçait mon prénom des années auparavant. Je ferma quelques secondes les yeux avant de les réouvrir en lâchant un presque inaudible :

"Théo."

Ce n'était pas une question. Juste une affirmation. Un constat. Pourquoi avait-il fallut que je le croise ? San Francisco n'était pas une petite ville pourtant ! Il y avait un important nombre d'habitants ... Et voilà que nous étions dans le même parc à la même heure !

J'avais juste envie de lui tourner le dos. S'il pensait qu'on pourrait engager une conversation comme deux personnes normales il se trompait bien. Je n'avais sûrement pas oublié ce qu'il m'avait dit ce jour-là. Il m'avait coupé la parole, ne m'avait pas laissé lui annoncer la nouvelle. La nouvelle que j'étais enceinte. Pendant des mois ensuite j'avais tenté d'imaginer ce que cela aurait changé s'il m'avait laissé finir et qu'il avait alors su que j'attendais son bébé. Quelle aurait été sa réaction ? Cette question m'avait hanté pendant quelques années ... Mais cela faisait un moment que j'étais passée à autre chose. Pour Ivy, son père se nommait Elijah et ça avait finir par être pareil à mes yeux aussi. Mais l'homme que j'avais en face de moi venait de ruiner toutes les illusions que je m'étais fabriquées ces neuf dernières années.

"Ça … ça fait longtemps."

Je me retiens de lui sortir un simple "connard" mais je pris une grande inspiration. Il fallait que je garde mon calme, d'autant que je ne disais jamais de mots grossiers devant ma fille. C'était un principe pour moi.

"Ouais."

C'est tout ce que j'ai trouvé à répondre. Qu'est-ce qu'il a cru sérieusement ? Oui ça fait longtemps et alors ? Il insinue quoi ? Que maintenant nous avons grandi ? Que tout est oublié ? Dans ses rêves oui !

Je déposa doucement Ivy par terre et lui demanda de retourner observer les oiseaux calmement et de faire attention cette voici-ci. Elle hocha la tête, comprenant que j'allais avoir une conversation d'adultes qu'elle ne devait pas écouter. Elle s'éloigna donc de quelques mètres et je la remercia d'être si gentille, si compréhensive pour son jeune âge. Je ne la quitta pas des yeux, préférant la regarder elle que l'homme qui se trouvait en face de moi.

J'allais perdre mon calme, sa simple présence me donnait des envies de meurtre mais je me contenais du mieux que je pouvais.

"Tiens."

Je le fixa alors, le fixa d'un regard noir de méchanceté et de colère. Un regard qui lui disait bien qu'il avait intérêt à faire attention aux propos qu'il allait dire. Un sourire s'était dessiné sur son visage. Un sourire que je connaissais bien. Il avait toujours eu ce côté un peu méchant et mesquin et c'est ce que je trouvais autrefois séduisant chez lui, j'étais pareil à l'époque après tout. Mais j'avais changé et visiblement pas lui.

"T’es tombée si bas que tu dois faire du babysitting maintenant ?"

Je ne pu m'empêcher de lâcher un rire par rapport à la situation. "C'est ta fille abruti." Aurait été une excellente répartie mais je voulais qu'il s'en rend compte par lui-même. Qu'il hésite, qu'il doute. Et s'il ne s'en rendait pas compte alors tant mieux ! Le père d'Ivy était Elijah. Pas l'inconnu qui se tenait en face de moi et qui m'avait laissé tombée. J'hocha donc les épaules avec désinvolture. La bave du crapaud n'atteint pas la blanche colombe, c'est le proverbe n'est-ce pas ?

"C'est ma fille."

Je lui laissa le temps de digérer l'information. S'il était un minimum intelligent il ferait le rapprochement, et puis c'est pas comme si elle n'était pas son portrait craché ...

Je lui fis un sourire parfaitement hypocrite en lui lâchant un :

"Et toi alors ? T'as que ça à faire ? Te balader dans un parc ? Pas très brillant non plus comme boulot ..."

Je détourna ensuite le regard pour regarder Ivy plus loin, comment pouvait-elle être si parfaite si elle était à moitié lui, à moitié moi ? Je n'étais pas parfaite et lui était loin de l'être aussi. Alors comment pouvait-elle être si incroyable ? C'était une des questions auxquelles je n'aurai jamais de réponse.

Je continuais de respirer calmement et lentement. Retenant chaque insulte que j'avais envie de lui sortir en criant.
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MessageSujet: Re: a ghost from the past (ft. théodore)   Mer 14 Déc - 4:26

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Dès que je l’avais aperçue, j’aurais dû rebrousser chemin. Partir, tout simplement. Après tout, la fillette s’était excusée, et ce n’était pas de sa faute. Alors pourquoi j’étais encore là ? A chercher la confrontation avec sa mère ? Qui se trouvait être Lou ? Pourquoi il fallait toujours que je me mette moi-même dans le pétrin ? Je rageai intérieurement, mais pas contre elle, étonnamment. D’ailleurs je n’osais même pas imaginer ce qui se passait actuellement dans sa tête. Et merde. J’étais maudit. Qu’avais-je bien pu faire au bon dieu pour que ce genre de situation m’arrive à moi ? Déjà croisé Daphné complètement au hasard, alors que je m’étais tout simplement réfugié dans la première boutique sur mon passage pendant une tempête de pluie – boutique qui se trouvait être une librairie, et donc Daphné était la propriétaire – et voilà que maintenant je me retrouvais devant Lou, dans un parc qui devait bien faire plusieurs hectares. Qui plus est dans mon quartier. Je fus pris de vertige, me disant que le monde était bien petit. Depuis la dernière fois que je l’avais vue, que je lui avais tout balancé à la gueule, d’une manière très charmante, je n’avais jamais plus eu de nouvelles d’elle et je n’avais même pas essayer d’en savoir plus. Avait-elle quitté la ville ? Était-elle restée là ? Quoique, si mes souvenirs sont bons, je m’étais dit qu’elle était peut-être partie, ne la revoyant plus. Certainement trop honteuse. Toutefois, combien y avait-il de chances pour que je la recroise, elle ? Rien qu’avec ses réponses courtes, et d’un ton sec, je compris de suite qu’elle était tout autant contente que moi de me revoir. Ça devait bien être le seul point commun. Le regard qui s’ensuivit m’en appris bien plus. Si elle avait eu des balles à la place des yeux, je serais déjà raide mort. Pendant un court instant, une chanson me traversa l’esprit. Elle a les yeux revolver. Une chanson française, que ma mère avait l’habitude d’écouter à la maison. Elle a le regard qui tue. Voilà qui décrivait bien la jeune femme à cet instant précis. Les paroles faillirent franchir mes lèvres, mais je les retins au dernier moment. Ce n’était pas vraiment le bon moment, déjà que je me retrouvais dans de sales draps. Toutefois, malgré son avertissement, je ne pus m’empêcher de faire mon petit commentaire. Non. Je n’avais pas spécialement changé. Du moins si, pendant une période, quatre ans pour être plus précis, avant que tout s’effondre. Ensuite, j’étais redevenu le jeune con et arrogant de l’époque. La petite fille n’était plus avec elle, partant à quelques mètres, ses cheveux blonds volant derrière elle. Il fallait le dire, elle avait une certaine grâce cette petite. A sa réponse, mon sourire se fit encore plus moqueur. Je jetais un coup d’œil rapide à la petite fille, estimant à la va-vite son âge, avant de reporter mon attention sur la maman. « Je vois ». Ni plus, ni moins. Profitant du fait que nous étions seulement entre adultes, je m’allumais une nouvelle cigarette. Vu les circonstances, j’en avais bien besoin. Et un grand verre de whisky aussi. « A ce que je vois, tu n’as pas perdu de temps, suite à notre petite aventure. Toi la fille si follement amoureuse de moi. Qui rêvait déjà d'un beau mariage de princesse ». Je levai les yeux au ciel. « T’as noyé ton chagrin avec le premier venu et, manque de pot, il t’a engrossé ? » Je tirais légèrement sur ma cigarette, plantant mon regard, froid, dans le sien. J’haussais les épaules. « En quoi ma vie t’intéresse ? Si tu le pouvais, tu me tuerais sur place » Je m’approchais d’elle, posant un doigt devant ses lèvres. « Chut. Pas besoin de répondre. Ça suinte par tous les pores de ton corps ». Je reculais, au cas où elle mettrait son plan à exécution. « Puis qui t’as dit que j’ai besoin de travailler ? Perte de mémoire, déjà à ton âge ? Attends, je vais te la rafraîchir. Je suis riche. Mais non, je travaille, que tu me crois ou pas » J’avais juste pris un jour de congé, mais ça, je le taisais. D’ailleurs, pourquoi je lui racontais ma vie ? Fuit. Comme à ton habitude. Prend tes jambes à ton cou. Tant pis pour ta fierté. C’était ce qu’il y avait mieux à faire. Mais non, je ne bougeais toujours pas. Mon regard fut à nouveau attiré par la petite, jouant avec des oiseaux.

Je n’arrivais pas à quitter ce spectacle des yeux, quand, soudainement, mon cœur rata à nouveau un battement et tout mon corps se crispa. C’était limite que je n’allais pas faire un infarctus sur place. Mon dieu. D’où je me tenais, je ne voyais que ses cheveux. Blonds. Je jetais un rapide coup d’œil à la mère. Brune. Je me mordis les lèvres, essayant de réfléchir, à toute vitesse. Tout se mélangeait. A quoi ressemblait-elle déjà ? Ah oui. Des charmants grands yeux bleus … Merde. Je ne savais pas que c’était possible, mais mon teint devint encore plus livide. L’équation était pourtant simple. La gosse devait avoir dans les environs de dix ans, juste une année de plus que sa mère et moi … blonde, yeux bleus … Je repris une grande inspiration, avant de porter la cigarette à ma bouche. Je plantais mon regard, sombre, dans ceux de Lou. « Ta gosse, c’est moi ou … » Les mots se bloquèrent dans ma gorge. Ne voulant pas sortir. Je déglutis. Me mordant encore plus fort la lèvre, la faisant saigner légèrement. J’essayais de passer à autre chose. Faire comme si je n’avais rien remarqué. A cet instant, je voulais juste avoir des œillères, comme les chevaux. « En tout cas » arrivais-je finalement à dire « je vois que ton type d’homme n’a pas changé. Ta gamine est blonde aux yeux bleus, alors que toi t’es brune aux yeux bruns, presque noir … » je m’éloignais, ma voix s’était fait tremblante, ne voulant pas voir la réalité en face. Espérant que je me trompais. Ce n’était pas possible. J’aurais préféré rester dans l’ignorance ou être assez con pour ne pas faire le lien. Pourtant, il y avait encore une infime petite chance. Je m’accrochais à celle-là, malgré le fait que j’avais envie de vomir tripes et boyaux. Je devais avoir attrapé la grippe. Voilà la raison de mon état. Ce n’était pas autre chose. Je secouais la tête. « Le pauvre type. Déjà, tu le prends pour moi, au vu des caractéristiques de ta petite, et en plus, … » Décidément, je n’y arrivais pas. De la bile remonta le long de mon œsophage. Heureusement, non loin de là, il y avait un banc. Je me dirigeais vers celui-ci, m’y laissant tomber lourdement, mon regard passant de la jeune femme à l’enfant. J’étais pris de vertige. Ha. Quel spectacle pitoyable je devais montrer aux gens. Encore heureux que le parc était quasi désert, et qu’à part elle, je ne connaissais personne. Surtout que mes paroles étaient devenus confuses. C’était rare de me voir dans ce genre d’état. Je me promis, que dès que j’irais mieux, cette saleté de grippe loin de moi, je me vengerai. Et je lui ferais bien comprendre qu’elle était juste tombé sur un mauvais jour. Que j’étais toujours le même, et non pas cet être faible. Je me faisais pitié. Je me haïssais même.





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MessageSujet: Re: a ghost from the past (ft. théodore)   Mer 14 Déc - 6:22


Théodore & Lou

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Qu'est-ce que je faisais ici déjà ? Ah oui Ivy avait voulu aller au parc. Comment je m'étais retrouvée dans cette situation ? Face à la seule personne que je ne voulais plus jamais recroiser ...

"Je vois."

La manière dont il avait regardé ma fille avant de le dire, car oui c'était ma fille et sûrement pas la sienne. Que cherchait-il ? Une baffe en pleine figure ? Ma main me démangeait de plus en plus et je me félicitais de réussir à garder mon sang froid à ce point là. Je n'aurais jamais cru cela possible. Il s'alluma une cigarette. Preuve qu'il était stressé et ne savait pas vraiment comment réagir face à moi.

"A ce que je vois, tu n’as pas perdu de temps, suite à notre petite aventure. Toi la fille si follement amoureuse de moi. Qui rêvait déjà d'un beau mariage de princesse."

J'ignorais sa première phrase. Je le savais assez malin pour finir par faire le rapprochement entre Ivy et lui. Il lui fallait juste un peu de temps. J'eu un petit sourire en coin :

"J'avais mes raisons de vouloir un beau mariage de princesse comme tu dis."

Je n'avais pas fumé depuis des années, j'avais arrêté lors de ma grossesse, grâce à Elijah qui m'avait persuadé que cela était mieux pour mon bébé. Pourtant là tout de suite j'en avais besoin. J'avais besoin de décompresser. Je vérifia qu'Ivy était bien occupée à regarder les oiseaux et attrapa la cigarette de Théo, la lui arrachant presque. Je tira rapidement une tafe avant de la lui rendre.

"T’as noyé ton chagrin avec le premier venu et, manque de pot, il t’a engrossé ?"

Le premier venu ? Je me souviens à quel point j'avais été amoureuse de lui, alors non ce n'était pas le premier venu. Je regarda ma fille, toujours aussi fascinée par les oiseaux même si la connaissant j'étais certaine qu'elle m'observait aussi de temps en temps.

"Quand je la vois je me dis qu'elle est tout sauf un manque de pot."

C'était peu dire. Depuis qu'elle était naît mon monde tourné autour d'Ivy. Alors un manque de pot ? Nous étions jeunes et nous ne étions pas bien protégés voilà tout. Mais chaque jour aux côtés de ma fille était plus un cadeau qu'autre chose.

"En quoi ma vie t’intéresse ? Si tu le pouvais, tu me tuerais sur place."

J'allai répliquer. Je ne sais pas exactement quoi mais j'allai répliquer quelque chose lorsqu'il me coupa. Un doigt sur mes lèvres pour ne pas que j'ouvre la bouche. Ce fut plus fort que moi je trembla. Je ne sais pas pourquoi, après toutes ses années il ne pouvait pas encore me faire de l'effet ... C'était probablement, sûrement, forcément de la haine.

"Chut. Pas besoin de répondre. Ça suinte par tous les pores de ton corps."

Mon regard noir revient et je balaya son doigt de mes lèvres d'un rapide geste de la main.

"Ne me touche pas."

Mon ton était lent et sec. Oui, si je pouvais je le tuerai sur place. Il recula alors et je le félicita silencieusement d'avoir compris mon avertissement.  

"Puis qui t’as dit que j’ai besoin de travailler ? Perte de mémoire, déjà à ton âge ? Attends, je vais te la rafraîchir. Je suis riche. Mais non, je travaille, que tu me crois ou pas."

Je me souviens d'un coup de la vie de petit prince, non de roi qu'avait Théo lors de son adolescence. Mon père gagné beaucoup d'argent et je n'avait jamais manqué de rien. Lui aussi était riche mais très économe et je ne m'étais pas souvent vantée de son argent. Sauf lors de mon adolescence bien sûr. Je lance d'un ton cinglant :

"Quand ça te concerne je suis en effet totalement amnésique. Et c'est mieux comme ça."

Puis nous regardâmes Ivy et ses oiseaux. J'observa ensuite attentivement le visage de Théo et je compris qu'il commençait à se poser des questions. Il me regarda brièvement avant d'observer Ivy à nouveau, le teint plus livide que jamais.    

Il remit la cigarette à ses lèvres, avant de me regarder dans les yeux et de commencer :

"Ta gosse, c’est moi ou …"

"Elle te ressemble ? Logique elle est à moitié de toi." Mais je garda cette phrase pour moi, préférant le regarder paniquer et chercher ses mots.

"En tout cas je vois que ton type d’homme n’a pas changé. Ta gamine est blonde aux yeux bleus, alors que toi t’es brune aux yeux bruns, presque noirs …"

Je resta inerte. Depuis lui je n'étais plus jamais sortie avec un blond. Il n'y avait eu que lui et Elijah comme hommes dans ma vie. Et Elijah était châtain aux yeux clairs mais sûrement pas bleus comme ceux de Théo. Alors s'il était mon type d'homme ? Pas vraiment, c'était plutôt le contraire. À cause de notre "histoire" je sais que je ne pourrai plus jamais être en couple avec un blond aux yeux bleus.

Je crois qu'il commençait à réaliser ce qu'il venait de dire et surtout ce que cela signifié. Il s'était du coup un peu éloigné.  

"Le pauvre type. Déjà, tu le prends pour moi, au vu des caractéristiques de ta petite, et en plus, …"

Voulant lui faire comprendre une bonne fois pour toute je m'approcha de lui. De façon à être juste sous son nez, en le regardant dans les yeux je lui murmura :

"T'as raison. C'est un pauvre type."

Il parti alors s'asseoir sur un banc non loin, vraiment au plus mal. Entre temps Ivy était revenue me voir, collée à mes jambes. Je sentis le regard de Théo nous observer. Avant que je puisse la retenir Ivy se dirigea vers lui. Je resta à quelques mètres de la scène, les observant.

Il n'y a pas si longtemps Ivy m'avait fait la réflexion qu'elle n'avait pas la même couleur de cheveux et yeux qu'Elijah ou moi. Et quelqu'un lui avait dit à l'école que c'était parce que nous n'étions pas ses vrais parents. Je lui avait alors dit que j'étais sa maman la seule et l'unique mais qu'Elijah était son deuxième papa. Que son premier papa m'avait laissé lorsqu'elle n'était pas encore naît. J'avais craint sa réaction mais elle avait paru rassurée et m'avait même remercié pour ma sincérité. C'était il y a presque un an et je ne pensais pas revoir un jour son "premier papa", je ne pensais pas qu'elle le verrai non plus.

Elle était en face de lui, il était toujours assis sur son banc. Je m'approcha doucement d'eux, me plaçant derrière ma fille et me demandant lequel comprendrait en premier. Elle demanda alors de sa jolie voix de fillette :

"Ça va Monsieur ?"
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MessageSujet: Re: a ghost from the past (ft. théodore)   Mer 14 Déc - 14:29

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Je devais être fou. Ou sadomaso. Voilà la seule explication possible. Je n’en voyais pas d’autres. Sans me départir de mon sourire moqueur, je jetais un rapide coup d’œil à ses mains. Pas d’alliance. Pouf, envolé le mariage de princesse. « Et tu n’as toujours pas réalisé ton rêve. Pas trop frustrée ? » demandais-je, le plus naturellement du monde. Comme si ce n’était pas normal de ne pas être marié à vingt-cinq ans. « Tu n’as trouvé personne à ma hauteur ? Ou personne ne te supportait ? »  Je souris, cette fois-ci, normalement. Mais pour ceux qui me connaissaient, ils savaient très bien qu’il n’était pas forcément plus sincère. Je restais ensuite silencieux, concernant sa remarque sur la petite. J’étais peut-être un vrai connard, mais m’attaquer à une gamine, jamais. J’avais tout de même des principes. Et puis bon, ça devait certainement être vrai. Pour certaines. J’avais déjà entendu assez souvent des femmes parler de leur progéniture, pour la prunelle de leur vie, le cadeau du ciel, etc. Sauf pour ma mère. Pour elle, j’étais plutôt un cadeau empoisonné, l’empêchant de s’élever dans la hiérarchie et de faire carrière, comme elle le voulait. Connaissant Lou, du moins l’ancienne Lou, il fallait le dire, elle avait l’air changée. Sauf avec moi. C’était quand même bizarre, me demandais-je, qu’un simple bébé puisse changer radicalement une personne. Je balayais toutefois mes réflexions d’un revers de la main, haussant les épaules. Après tout, la question ne se posait même pas, je n’étais pas concerné. Je m’approchais ensuite d’elle, lui intimant l’ordre de se taire, posant délicatement un doigt sur ses lèvres. Avant de m’éloigner, raison de sûreté, je me penchais vers elle, son oreille, et je lui chuchotais « Ce n’est pas ce tu disais la dernière fois ». Je fis un clin d’œil, mais qu’elle ne dut certainement pas voir, et je repris ma position initiale, laissant un peu plus de distance. Au cas où. J’avais appris qu’il ne fallait jamais sous-estimer une femme en colère. « Tu veux que je ranime tes souvenirs ? »

Puis, sans trop savoir pourquoi, je m’étais mis à regarder un peu trop la petite, qui jouait non loin de là, et je commençais à me sentir mal. Très mal même. Je n’étais vraiment pas dans mon état normal. Je n’arrivais pas à aligner deux phrases, à trouver mes mots. Je bafouillais. J’étais devenu blanc et nauséeux. J’avais finalement réussi à aller m’asseoir, un peu plus loin, ou cas où j’étais en train de faire un malaise, sans vraiment attendre de réponses de sa part. Je ne voulais pas. Rien entendre. Je me tenais le ventre, les yeux vitreux, la tête baissée, me concentrant sur n’importe quoi. La moindre petite chose insignifiante, juste pour que je tienne le coup. Une voix, douce, s’éleva. Je levai la tête, lentement, et mes yeux rencontrèrent ceux de la petite. J’en eus un haut-le-cœur. J’ouvris la bouche pour répondre, mais aucun son ne sortit. « Je … » sans rien rajouter, je me levai, la poussant gentiment pour qu’elle ne soit pas sur mon passage, et j’allais un peu plus loin, derrière un petit bosquet, avant de me pencher le plus possible et vomir. De la bile. Je m’essuyais ensuite avec un mouchoir que j’avais apporté avec moi, et je retournais m’asseoir. Elles étaient toujours là, bien évidemment. Mais, j’allais mieux. C’était ce que je croyais. Je fixais la petite, qui m’avait posé une question, sans vraiment la regarder. Mes yeux s’étaient plutôt posé sur un point derrière elle. « Oui oui  … enfin non ». Je pris une grande inspiration. J’étais tellement nul en matière d’enfant que je ne savais même pas comment leur parler. « Ne reste pas là ». Je fixais ensuite sa mère, la fusillant du regard. « Pas trop envie que tu me foutes sur le dos le fait qu’elle soit malade par ma faute », rajoutais-je d’un ton brusque. Presque méchant. Puis, me souvenant de la petite, mon corps se crispa à nouveau. Ce n’était peut-être pas une bonne raison pour parler sur ce ton à sa mère. « Foutue gastro », dis-je plus pour moi-même, espérant du fond du cœur que c’était juste passager, ou une grippe. N’importe quoi. Même si, à y voir de plus près, c’était louche que ça arrive d’un seul coup. Sans prévenir. Je restais un moment silencieux. Qu’elle tableau étrange on devait donner. Toutefois, ayant repris un peu de couleur – étant passé à autre chose – je me levai, avant de me pencher vers la petite. « Tu passes une bonne journée ? » Oui. C’était étrange. Moi parler à une enfant. Toutefois, c’était mieux que de parler avec Lou. La petite, au moins, était encore innocente et elle n’avait rien demandé. « On t’as déjà dit que tu avais des yeux magnifiques » Décidément, je n’arrivais pas à m’y faire avec ses yeux. Ils avaient quelque chose de spécial, sans savoir quoi exactement. La couleur peut-être ? Aucune idée. Et c’était fou aussi, comment, avec un enfant, on tutoyait dès la première minute, sans aucune gêne, et qu’avec les adultes jamais on y penserait. Je me concentrais donc sur elle.





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MessageSujet: Re: a ghost from the past (ft. théodore)   Mer 14 Déc - 15:18


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"Et tu n’as toujours pas réalisé ton rêve. Pas trop frustrée ?"

J'hocha les épaules, une simple réponse :

"Chaque chose en son temps."

Penser au mariage me fit penser à Elijah. Je ne savais toujours pas ce que je devais faire par rapport à lui. J'avais d'ailleurs surpris une bague de fiançailles dans ses affaires, belle, simple, magnifique. Je ne lui avais pas dit et depuis je ne cessais de me questionner. Comment étais-je supposée réagir s'il demandait ma main ? Aucune idée. Je ne savais même plus ce que nous étions maintenant. Pas en couple c'est certain mais de là à dire que c'était fini, que nous étions célibataires ...

"Tu n’as trouvé personne à ma hauteur ? Ou personne ne te supportait ?"

Son sourire, quoi que toujours assez faux me fit sourire aussi. J'avais toujours autant envie de l'étriper mais j'avoua la triste vérité en marmonnant légèrement :

"Peut être bien un peu des deux tout compte fait."

Elijah avait beau avoir des nombreuses qualités il avait été infidèle et cela le faisait descendre très bas sur l'échelle de mon estime. Pourquoi m'avait-il trompé ? C'était la question qui m'hantait jour et nuit. Peut être parce que j'étais insupportable à vivre ? Cette histoire m'avait fait perdre toute confiance en moi et je ne cessais de me remettre en question depuis ...




"Ce n’est pas ce tu disais la dernière fois."

"Abruti", pour la deuxième fois je me retenais de l'insulter. Je ne voulais pas être celle qui lancerait les hostilités. Ce punaise de frisson m'envahit de nouveau lorsqu'il me fit un clin d'œil mais je fis comme si de rien n'était. Gardant mon calme comme toujours.

"Tu veux que je ranime tes souvenirs ?"

Une partie moi avant envie de répondre oui. Pourquoi ? Parce que j'aimais les défis et que je sentais qu'il m'en lançait un. C'était forcément la seule raison ... Je me mordis la lèvre en le regardant, pur réflexe de ma part lorsque j'étais gênée et au fond intimidée.

"Ils n'ont aucunement besoin d'être ranimés et tu le sais très bien."

Je souris légèrement après avoir dit cela. Regardant ailleurs, incapable de soutenir son regard de glace plus longtemps. Bien sûr que je me souvenais de tout. De ses caresses jusqu'à ce jour où j'avais eu l'impression que le monde entier s'écroulait. Je me souvenais de tout même si j'aurais préféré être amnésique comme je le disais si bien.




"Oui oui  … enfin non."

Il venait tout de même de vomir ! Il devait sans doute être malade, je n'avais pas espoir que ce soit le simple fait de me revoir qui provoque une telle réaction chez lui. A moins que ce soit le fait qu'il commence à faire un rapprochement par rapport à Ivy ? Je n'avais aucune manière de savoir ce qui se passait actuellement dans son cerveau, malheureusement. Je resta debout à regarder Ivy qui sans le savoir parler à son "premier papa" comme je l'avais un jour nommé.

"Ne reste pas là."

Puis il me regarda :

"Pas trop envie que tu me foutes sur le dos le fait qu’elle soit malade par ma faute."

J'hocha la tête, il avait raison, Ivy s'était donc rapprochée de moi, se collant contre mes jambes. Continuant de dévisager Théo.  

"J'ai déjà envie de te tuer alors si en plus tu rends ma fille malade ..."

Mon ton était aussi cinglant que le sien mais encore une fois je faisais des efforts, notamment parce que la fille écoutait la conversation.
Il y eu un petit moment de silence avant qu'il ne se relève, se sentant probablement mieux. A mon grand étonnement il commença à parler avec Ivy.

"Tu passes une bonne journée ?"

Une part de moi avait envie de partir avec ma fille. Qu'il ne la voit plus jamais. Que je garde mon trésor pour moi seule. Mais Ivy répondit, ce qui me sorti de mes pensées :

"Oui Monsieur, j'aime bien venir voir les oiseaux."

Je retiens un rire mais lâcha tout de même un sourire : elle avait neuf ans et s'exprimait comme si elle en avait cinq de plus et tournait un spot publicitaire.

"On t’as déjà dit que tu avais des yeux magnifiques."

Je me crispa immédiatement en l'entendant lui parler de ses yeux. De ses magnifiques yeux qu'elle tenait de lui en fait ... Mais si j'avais manqué de souffle lorsqu'il lui avait dit cela ce ne fit rien par rapport à l'état dans lequel je me retrouva lorsqu'elle lui répondit :

"Merci. C'est pas les mêmes que maman ou papa. Je pense que ça doit être les mêmes que mon premier papa."
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MessageSujet: Re: a ghost from the past (ft. théodore)   Mer 14 Déc - 16:25

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Je me concentrais entièrement sur la petite. Il n’y avait qu’elle, même si, il faut bien l’avouer, ce n’était peut-être pas la meilleure chose à faire. De toute façon, dès qu’on prend une mauvaise décision, les autres suivent invariablement. A sa remarque, toutefois, je posais mon regard sur elle. L’air de dire : bah quoi ? C’est l’hiver, y a des virus partout. Ce n’est pas de ma faute. Puis je savais que je n’étais malade. Enfin, je l’espérais. Je ne l’étais pas souvent, et je détestais cette sensation.  « Fais attention à ce que tu dis. Déjà qu’elle entend tout … Puis je doute que tu aies le courage de lever la main sur moi, pour plusieurs raisons. La première, et la plus importante, j’imagine, et que je ne pense pas que tu veuilles laisser ta fille toute seule pendant que tu croupiras en prison, pour meurtre ». C’était bon à savoir, m’empêche. Maintenant que je savais qu’elle avait une fille, je savais aussi qu’elle ne tentera rien contre moi. Mais est-ce que j’en avais vraiment envie ? Je n’en étais pas si sûr. « Puis quel bel exemple tu lui donnerais », je levai les yeux au ciel, avant de reporter l'attention sur la petite.

« Ha … les oiseaux » c’était sorti tout seul, tout en jetant un coup d’œil là où elle était avant, et ou les oiseaux avaient repris place. Je n’avais jamais vraiment réellement fait attention à ces animaux. Déjà que je n’avais pas vraiment du temps pour moi, alors … C’était un peu comme pour les étoiles. J’avais finalement dû être enfermé sur une terrasse, contre mon gré, pour finalement profiter du spectacle et profiter de ce que la vie avait à nous offrir. Toutefois, au Monsieur, j’avais légèrement grimacé. Okay, elle était bien élevée, mais de là à le dire à tout bout de champ … La pauvre petite, déjà façonnée à son âge. A sa remarque suivante, sur ses yeux, je fis imperceptiblement Lou se crisper, tandis que mon corps faisait de même. Apparemment, elle ne s’attendait pas non plus à avoir cette réponse. Et moi non plus, je dois bien l’avouer. Je restais un moment silencieux, me repassant ces quelques mots, en boucle. Essayant d’y trouver un sens. Après tout, c’était très simple. J’avais déjà remarqué qu’elle n’avait pas les mêmes yeux que sa mère, mais ne connaissant pas son père, je ne pouvais rien dire. Et à la bombe qu’elle venait de lâcher, elle avait deux papas. Tout devint flou dans ma tête. Tout se mélangeait, alors qu’il y avait une explication toute simple. Lou avait eu un enfant. Avec Pierre, Paul ou Jean, et, suite à une séparation, elle s’est trouvée quelqu’un d’autre, qui a pris la place du vrai père. C’était la solution la plus logique, comme deux plus deux font quatre. Je me penchais à nouveau vers elle. « Tu dois être contente alors d’avoir deux papas, non ? » 

Je jetai un coup d’œil rapide à la jeune femme brune, prenant rapidement une décision. Je reportais mon attention sur l’enfant, lui souriant, sincèrement. C’était toujours comme ça avec les enfants. Tout ce qu’on avait passé des années à façonner, pour se protéger, disparaissait à la seconde même. « Ecoute … euh … tu t’appelles comment ? », je fis une petite pause, avant de reprendre « Il faut que je discute un instant avec ta maman, est-ce que ça te dérangerai de retourner jouer avec les oiseaux ? Ne t’inquiète pas, je n’en aurais pas pour longtemps ». Je vis qu’elle hésitait, la demande venant d’un inconnu, mais sa mère lui fit signe de partir et en moins de deux, elle était retournée jouer avec les oiseaux. Pour ma part, je m’approchais de Lou, un sourire carnassier aux lèvres. « Petite cachottière. Alors comme ça, elle a deux papas ? Je vois que tu n’as vraiment pas perdu de temps ». Je me passais la langue sur les lèvres, sans m’en rendre compte. « Et qu’est-ce qu’il en pense, le premier, d’être remplacé de la sorte ? », demandais-je, le plus naturellement du monde. Je n’avais oublié qu’elle s’était crispée à l’annonce de la fillette. Et je comptais bien jouer là-dessus, gardant ce que j’avais vu pour moi-même, le ressortant au moment propice, si elle ne voulait pas cracher le morceau. Car oui, une part de moi, était curieuse, et une autre part, voulait mettre les choses au clair, et éloigner le doute qui s’insinuait de plus en plus dans mon être. Ce n’était juste pas possible. « A moins que tu l’as piégé, en lui faisant un enfant dans le dos, voulant le retenir ? Tu n’avais pas réussi avec moi, autant trouver une autre technique, et finalement, ça n’a pas marché ? »  Instinctivement, j'avais croisé les bras. Malgré la couche d’habits, le froid commençait lentement à s’imprégner dans ma peau. Et je doutais fortement qu’elle soit d’accord de se rendre dans un autre endroit en ma compagnie.





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MessageSujet: Re: a ghost from the past (ft. théodore)   Mer 14 Déc - 17:17


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"Ha … les oiseaux."

J'avais envie de rire. Il n'en avait rien à faire et cela s'entendait parfaitement dans le ton de sa voix.

Puis Ivy lâcha la bombe. Elle était parfaitement bien élevée et faisait toujours tout pour m'aider donc si elle avait su dans quel pétrin cette phrase me mettrait elle ne l'aurait pas dite. Mais elle restait une enfant, bien que très mature elle était aussi innocente, insouciante.

"Tu dois être contente alors d’avoir deux papas, non ?"

Cette fois c'est moi qui devient blanche comme un cachet d'aspirine. Que cherchait-il exactement ? J'essayais de me convaincre qu'il n'avait aucune arrière pensée mais j'étais persuadée au fond qu'il avait monté une sorte de plan machiavélique juste pour m'énerver. Moi parano ? Pas du tout !

Ivy répondit avec le plus grand des naturels :

"Je sais pas j'ai jamais vu mon premier papa. Maman m'a parlé qu'une fois de lui."

Mon cœur se serra. Ivy avait toujours semblé parfaitement heureuse aux côtés d'Elijah mais elle était intelligente et instinctive et je suppose qu'elle avait toujours su au fond que quelque chose n'allait pas, en plus de cette histoire de couleur des cheveux et des yeux. Quand je lui avait dit qu'il était son "deuxième papa" je ne pensais pas que cela la marquerait autant. Aujourd'hui elle semblait plutôt triste et déçue que je ne lui ai jamais parlé plus que ça de son "premier papa" cependant après la discussion que nous avions eu à ce sujet elle ne m'en avait plus jamais reparlé.

"Ecoute … euh … tu t’appelles comment ?"

Elle lui répondit en souriant :

"Ivy."

Mon teint vira encore une fois au blanc cadavre lorsqu'il lui dit :

"Il faut que je discute un instant avec ta maman, est-ce que ça te dérangerai de retourner jouer avec les oiseaux ? Ne t’inquiète pas, je n’en aurais pas pour longtemps."

Ma fille me regarda, m'interrogeant du regard. J'hocha simplement de la tête, lui souriant et elle parti.

Théo en profita ensuite pour se rapprocher de moi, un sourire carnassier sur les lèvres. C'est fou, il y a quelques secondes, lorsqu'il était aux côtés d'Ivy j'aurais juré que c'était quelqu'un d'autre, un mec bien en quelque sorte. Et aussitôt celle-ci éloignée, aussitôt je retrouvais l'abruti que je rêvais de baffer. Je me jura à moi-même mentalement que s'il se rapproché encore je ne retiendrai pas ma main.

"Petite cachottière. Alors comme ça, elle a deux papas ? Je vois que tu n’as vraiment pas perdu de temps."

Encore une fois l'envie de lui balancer la vérité en pleine face était extrêmement tentante mais je pensa à Ivy. Je ne voulais pas qu'elle le connaisse. Enfin c'était peut être trop tard mais je ne voulais pas qu'il soit son père, son premier papa ou quoi que ce soit pour elle. Neuf ans sans lui et elle s'en sortait très bien.

"Et qu’est-ce qu’il en pense, le premier, d’être remplacé de la sorte ?"

Il ne se rendait pas compte que ses questions depuis le début le désignaient lui-même. C'en était presque comique à la fin. Je réfléchis quelques instants, hésitante, avant de répondre :

"C'est pas comme s'il avait son mot à dire."

J'essaya de ne pas porter d'attention à ses lèvres qu'il venait de se lécher. Sérieusement Lou ? Ses lèvres ? C'est tout ce que tu trouves à regarder ? Pour la première fois depuis le début de nos "retrouvailles" je le détailla et l'observa plus attentivement. Physiquement parlant. Il avait grandit mais avait toujours cette silhouette svelte que j'aurais reconnu entre mille, malheureusement. Des cheveux toujours aussi blonds, et des yeux qui m'étaient familiers tant j'avais l'habitude de les voir au quotidien chez ma fille.

"A moins que tu l’as piégé, en lui faisant un enfant dans le dos, voulant le retenir ? Tu n’avais pas réussi avec moi, autant trouver une autre technique, et finalement, ça n’a pas marché ?"

Je réfléchis à nouveau quelques instants. Une bonne minute passa avant que je lui annonce ma réponse, toute pensée :

"C'est plutôt compliqué de faire le coup de l'enfant dans le dos quand on ne l'avait pas prévu soi-même et que le géniteur en question ne te laisses même pas le temps de lui annoncer la nouvelle et préfère te dire que tu es un passe-temps."

Je ne sais pas s'il se souvenait exactement de ce qu'il m'avait dit ce jour-là mais si c'était le cas il allait finir par se poser de sérieuses questions. Ce n'est pas comme si je venais -presque- de lui annoncer que c'était lui le père ...
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MessageSujet: Re: a ghost from the past (ft. théodore)   Mer 14 Déc - 18:07

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Je n’étais qu’un simple PDG sans prétention, mais avec le temps, et les années, j’avais bien appris à comprendre le langage non verbal. La gestuelle du corps. Déjà adolescent, je détaillé tout le monde, et leur réaction à mon approche voulait tout dire. Par la suite, aussi, avec mes employé(e)s, c’était pareil. Personne n’avait vraiment de secret pour moi, sauf que je ne voulais pas le voir, volontairement. Et clairement, là, Lou avait quelque chose à cacher. Dès le départ de la petite Ivy, son teint s’était soudainement transformé et rivalisait avec le mien, tout autant cadavérique. Il fallait toutefois que je prenne sur moi, et que je pose des questions, pour être sûr. Priant secrètement que je me trompais.  Que mes calculs étaient faux. Je m’étais planté à quelques centimètres d’elle, trouvant le temps de plus en plus lent. Comme s’il s’était arrêté tout à coup. « Evidemment. Les hommes n’ont jamais leur mot à dire » Je levai les yeux au ciel face à cette injustice. On a beau dire ce que l’on veut, au final, ce sont toujours les femmes qui ont le pouvoir. Dans tous les domaines, qu’on le veuille ou non. Rien qu’à voir comment ma mère traitait mon père. Et toutes ces femmes dans la même situation qu’Ivy, qui interdisaient tout droit de visite à leur enfance, sous n’importe quel prétexte. Puis, le silence se fit. Je voyais bien qu’elle n’était pas à l’aise. Devait y avoir anguille sous roche. Le temps ralentit encore plus, et je n’avais rien pour m’accrocher. Plus le temps passait, plus je me disais que j’avais raison, et là, à ce moment précis, elle lâcha la bombe.

Tout me revint à l’esprit en quelques minutes. Le fameux message, environ deux mois après notre brève aventure. Il faut que je te parle, c’est urgent. Notre rendez-vous dans un petit café. Moi qui arrive en retard, comme le je m’en foutiste que j’étais à l’époque. Elle qui, tout comme aujourd’hui, était mal à l’aise. Avec ses surnoms niais à la mord moi le nœud.  Mon dieu, que je détestais ça.  Son baratin sur nous deux. A croire qu’elle avait déjà tout prévu, de A à Z. Moi qui l’avait interrompue. N’ayant pas le temps pour ces bêtises de gamine. Son aveu, dont je connaissais déjà la teneur, avant que je ne l’interrompe à nouveau, lui faisant bien comprendre ce que je pensais d’elle. Qu’elle n’était rien. Un simple pari entre copains, à qui arrivait à coucher avec elle le premier. Pari gagné d’ailleurs. Je ne me souvenais plus de toute la teneur de la discussion, mais que je l’avais traitée de simple passe-temps. Oui. Merde. Ce n’était quand même pas possible que … ? Non. Pitié. Non. Tout sauf ça. Ce jour-là, elle avait une grande nouvelle à m’annoncer – pour elle surtout – et je doute sincèrement que c’était juste pour m’avouer ses sentiments. Je ne l’avais pas laissé finir et voilà que … Je secouais la tête. C’était tout ce que je pouvais faire à l'instant présent.  

Mon sang s’était liquéfié dans mes veines. J’avais la tête qui tournait, pris de vertige. Je ne sentais plus aucune sensation, ni le froid. La fin du monde venait de sonner. Je restais planté là, livide, comme mort. Aucun mot ni son franchissant mes lèvres. Ma vue s’était brouillée. Ce n’était pas une bombe qu’elle venait de lâcher là. C’était l’apocalypse. Je pris finalement une grande inspiration, au bout de cinq bonnes minutes, mes yeux faisant la navette entre elle et la petite. Ça me sautait aux yeux. Ses cheveux, ses yeux, ses paroles. Ça ne pouvait pas être une blague, et dieu sait que j’aurais préféré qu’elle me fasse marcher. « Attends … tu … Ivy … moi ? » Heureusement que certaines personnes ne me voyaient pas. J’avais perdu de toute ma superbe. Puis, je percutais enfin. Ce n’était pas possible. Elle me faisait marcher. Ça devrait être ça. Tout comme l’avait fait mon ex, avec qui j’avais partagé la vie durant quatre année. Tout s’était passé pour le mieux avec elle, jusqu’au jour où. Jamais je ne l’oublierais, et c’était d’ailleurs en partie à cause de cette histoire, que j’étais de nouveau un vrai salop. Alors que j’avais changé. Elle m’avait avoué être enceinte. J’étais content. Je me voyais vraiment fonder une famille avec elle, un avenir. Puis, à sept mois, la désillusion. Fausse-couche. Pleurs. La relation avait continué pendant une année. Avant que je ne découvre le pot au rose. Je devais rentrer à San Francisco après mes études, reprendre les rênes de l’entreprise familiale, tandis qu’elle, voulait rester sur place. Nous n’étions pas d’accord sur la suite. Et c’était là qu’elle avait eu la bonne idée de simuler une grossesse. Si réaliste. Je ne sais toujours pas maintenant comme elle avait pu mener à bien son plan, toutefois, il n’y avait jamais eu de grossesse, ni de fausse-couche. Ce que j’appris, bien malgré moi.  La raison ? Elle voulait me garder à ses côtés, quoique qu’il arrive. Un peu comme je l’avais dit il y a quelques instants à Lou. Sauf que voilà. Je l’avais quitté à la seconde même. Je sortis de mes pensées, reprenant mes esprits. « Avoue, tu me fais marcher, c’est ça ? » Je savais que j’avais tort. « Tu t’es dit : tiens, et si je lui faisais croire que c’était lui le … », non, je n’arrivais pas à prononcer ce mot « … pour lui soutirer de l’argent ». Je me demandais même comment je tenais encore débout. Que je ne m’étais pas évanoui. Je la suppliais presque du regard, qu’elle me dise ce que j’avais besoin d’entendre. Un haut le cœur refit son retour. Je posais ma main devant ma bouche. « J’ai envie de vomir », murmurais-je plus pour moi-même. Tout s’était effondré autour de moi, et tant que je n’aurais pas de preuves concrètes, je me raccrochais à la moindre petite explication, si rocambolesque soit-elle. C'était bien plus que ce qu'un homme pouvait supporter.





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Je l'observa attentivement. Il n'était vraiment pas dans son assiette. En même temps je compatissais : c'était une sacrée nouvelle à avaler ...

"Attends … tu … Ivy … moi ?"

Sans le quitter des yeux j'hocha silencieusement la tête. J'avais pas mal appréhendé sa réaction mais là ça dépassait tout entendement. On aurait dit que son cœur allait arrêter de battre d'un instant à l'autre. Lorsqu'il émit l'hypothèse d'un mensonge pour avoir de l'argent je sus que même lui ne croyait pas en ce qu'il disait :

"Pourquoi aurais-je attendu neuf ans hein ?"

Il était vraiment au plus mal et même si je le détestais toujours pour ce qu'il m'avait fait je ne pouvais me résoudre à le laisser comme ça. Je lui attrapa donc doucement la main et le fit bouger pour qu'il s'assoit sur un banc. Je m'assis à ses côtés, gardant nos mains liées. J'aurais pu la retirer mais il semblait en réel état de choc et j'avais lu quelque part que dans ces moments-là il fallait respecter le silence de la personne et lui montrer qu'elle n'était pas seule. Le fait de lui tenir la main était ma manière de lui montrer que j'étais là. Que je le détester mais que je n'étais pas inhumaine. Et surtout qu'au fond je l'aimerai toujours puisqu'il est le père de ma fille.

Quelques longues minutes passèrent. Je regarda Ivy qui observait inlassablement ses oiseaux tout en me jetant des coups d'œil inquiets. Je me décida finalement à rompre le silence. Théo était toujours aussi livide et j'avais peur de sa réaction à ce que j'allais lui dire. Lentement je commença :

"Ce jour-là je voulais en fait t'annoncer que j'étais enceinte. C'est pour ça que je t'ai d'abord parlé d'avenir ensemble. Un bébé c'est pas rien et je voulais être sûre qu'on était sur la même longueur d'onde. Ce qui n'était évidemment pas le cas. Tu ne m'as même pas laissé le temps de te dire la vérité. Alors je sais que tu dois être choqué et je le comprends mais quelque soit ta réaction j'espère que tu comprendras ma décision de t'avoir caché Ivy pendant toutes ses années."

Je pris une grande inspiration. Attendant qu'il se remette de ses émotions en silence. Finalement, au bout d'un moment, je lui serra un peu plus la main et le regarda dans les yeux, oui je m'inquiétais pour lui je l'avoue :

"Dis quelque chose s'il te plaît. N'importe quoi même si c'est pour l'insulter !"
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MessageSujet: Re: a ghost from the past (ft. théodore)   Jeu 15 Déc - 0:36

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Je ne me sentais pas bien. Réellement pas bien. Tout compte fait, j’aurais préféré être malade. Mais non. Mon cerveau s’était mis en stand-by. Elle ne faisait rien pour me contredire. Je le savais bien, depuis le début, que j’avais raison, mais, comment dire, une petite lueur d’espoir était toujours là. Qui s’était vite envolée vu la réaction de Lou. Je suis resté un long moment, très long même, silencieux. A regarder dans le vide. Je ne sentis même pas sa main venir attraper la mienne, ni la sensation de marcher, quand elle m’entraîna vers un banc, ou elle m’aida à m’asseoir, tout en gardant sa main dans la mienne. Je ne fis rien pour l’enlever. C’était réconfortant. Quand elle commença son explication, je regardais toujours droit devant moi. J’entendis ce qu’elle me disait, mais je ne voulais toujours pas y croire, et ils rentraient pour ressortir tout autant rapidement de mon autre oreille. Quel merdier, sérieux.  

J’étais dans un état catatonique. « Dis quelque chose, s’il-te-plaît. N’importe quoi, même si c’est pour l’insulter ! » Ça devait être sa remarque qui me fit revenir à moi. Me faire sortir de ma léthargie. Et sans prévenir – je me surpris moi-même – je paris dans un fou rire. Impossible à me contrôler. Je relâchais tout. Ce n’était peut-être pas la meilleure chose à faire, mais je n’y pouvais rien. Je pleurais même. Mais pas des larmes de tristesse, non non. C’était dû à l’étrangeté de la situation. Je manquais de souffle et ma mâchoire commençait à me faire mal. Je me tournais finalement vers elle, toujours hoquetant. « L’insulter ? T’es folle ou bien ? Tu crois vraiment que je vais insulter ma fille ? » C’était dit. Le mot était sorti sans peine. Pas sûr que je m’en sois rendu compte. C’était encore trop flou. Trop étrange. Trop récent. Il me faudra certainement plusieurs jours pour assimiler ce que je venais d’apprendre. Je coupais ensuite tout contact visuel, je me levai, retirant ma main de la sienne, juste pour me dégourdir les jambes, avant de me rasseoir. Je sortis mon paquet de cigarette, en prenant une, puis je le tendis vers la jeune femme « Tu veux ? ». Deux secondes après, j’allumais la mienne. J’étais – à peu près – revenu à moi. Du moins, je ne rigolais plus. C’était déjà ça ! Je repris mon sérieux, sans la regarder. « Tu pensais me le dire un jour ? » Je ne voulais pas revenir sur le passé, et oui, j’en étais bien conscient, si je l’avais laissée parler, il y a neuf ans en arrière, je serais déjà au courant et cette situation n’avait pas lieu d’être. « Que ... que … », non, le mot père, lui, ne voulait toujours pas franchir mes lèvres. Mon dieu. Que j’avais envie d’un bon verre de whisky.

Instinctivement, ma main chercha la sienne, avant de la trouver, et de la serrer. Un seul son sortit ensuite de ma bouche. « Pourquoi ? » C’était vague comme question, mais elle visait plutôt son comportement à elle. Pourquoi ne pas m’avoir insulté ? Giflé ? Griffer ? Ou tout autre ? Pourquoi ne s’est-elle pas énervée ? Pourquoi est-elle à mes côtés, à me réconforter de la bombe qu’elle avait lâché ? Si j’étais elle, ou plutôt la situation inversée, je jubilerais. Après ce que je lui ai fait plaisir, la traitant comme une chienne, une moins que rien, c’était tout ce que je méritais. Et pourtant. Non. Elle ne se comportait pas comme je l’avais escompté. Et j’aurais préféré. C’était comme si maintenant, j’avais des comptes à lui rendre. Hors, j’en étais incapable. Je ne savais même pas encore ce que je devais faire avec la petite. « C’est joli Ivy ». C’était sorti tout seul. De toute façon, vu mon état actuel, j’étais sur pilote automatique devant l’annonce. Je tournais finalement la tête vers elle, séchant au passage les larmes de tout à l’heure. « Réagis, merde. T’es … je ne sais pas moi. J’ai gâché ta vie entière. Du début à la fin, et en plus, … la petite n’a jamais connu son père. Je … Réagis, c’est tout ce que je te demande ». C’est à cet instant précis que la petite Ivy décida de revenir vers nous, un grand sourire accroché aux lèvres, tenant dans sa main une belle feuille, qu’elle avait certainement dénichée quelque part. Une des seules rescapées de l’hiver. Tout comme nous, elle avait le teint pâle et semblait crever de froid. Ses dents s’entrechoquaient. Maintenant que j’étais au courant, tout éclata au grand jour. Effectivement, elle avait beaucoup pris de moi. Comment avais-je fait pour être autant aveugle ? Je me penchais vers Lou, chuchotant, pour éviter que la petite nous entende. « Bon … je doute que tu veuilles gâcher ta journée en restant une seconde de plus avec moi. On discutera une autre fois, je le crains. A moins que tu acceptes d’aller … », je regardais autour de moi. Quelle idée à la con. Il n’y avait que des arbres. « … je connais un petit café non loin d’ici » J’haussais les épaules  





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MessageSujet: Re: a ghost from the past (ft. théodore)   Jeu 15 Déc - 3:14


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"Dis quelque chose, s’il-te-plaît. N’importe quoi, même si c’est pour l’insulter !"

J'en étais réduite à ça. Mais il parti dans un fou rire et cela me rassura : même si je l'avais dit je n'étais pas sûre que je l'aurai laissé insulter ma fille. Ma fille. Je réalisa soudainement que c'était aussi la sienne. Un vrai choc qui fit que mon cœur loupa a un battement lorsqu'il dit :

"L’insulter ? T’es folle ou bien ? Tu crois vraiment que je vais insulter ma fille ?"

Je mis un petit moment à comprendre ce qu'il venait de dire. Qu'est-ce que j'étais entrain de faire ? Je m'étais jurée de ne jamais le revoir, de le claquer si je le voyais un jour et de surtout faire en sorte qu'il ne voit pas Ivy, qu'il ne la connaisse pas, qu'il n'entre pas dans sa vie.

"C'était pour te faire réagir. Ne t'inquiètes pas que je ne t'aurai pas laissé insulter longtemps ma ... Enfin notre ...

Je n'étais pas encore capable de le dire. Pendant neuf ans Lou avait été ma fille. Et même si Elijah jouait le rôle de père de remplacement jamais "notre fille". Ces deux petits mots ne voulaient pas franchir mes lèvres.

C'était mal parti si je ne voulais pas de lui dans la vie d'Ivy, très mal parti. Et pourtant d'un côté j'aurais voulu croire qu'il avait changé, qu'il pouvait même devenir un bon père avec le temps mais c'était beaucoup trop idyllique. Il se leva et sorti son paquet de cigarettes, m'en proposant une. Même si j'en aurais bien eu besoin je déclina poliment, expliquant :

"Merci mais j'ai arrêté. Pour elle."

Je ne voulais pas de ça dans la vie de ma fille. Mon père fumait comme un pompier et résultat je m'étais retrouvée à lui voler des clopes dès douze ans et j'en étais pas fière. Alors quand j'avais été enceinte j'avais eu du mal à m'en décrocher mais j'avais arrêté pour Ivy et grâce à l'aide de chaque instant d'Elijah. Je ne voulais pas penser à lui et pourtant il faudrait bien que je lui dise que j'avais retrouvé le père d'Ivy. Je me rendais bien compte que rien ne serait plus comme avant entre lui et moi. La situation n'était déjà pas facile mais quand il apprendrait que j'avais revu Théo et qu'Ivy l'avait rencontré ... Je ne préférais pas y penser. Elijah avait élevé Ivy comme sa propre fille et j'avais plutôt peur de sa réaction vis à vis du père biologique de celle-ci.

"Tu pensais me le dire un jour ?"

Il s'était allumé sa cigarette, avait reprit son sérieux en posant cette question. Il hésita ensuite mais ne réussit pas à dire le "que j'étais son père". C'était sûrement trop récent et trop important comme nouvelle pour qu'il puisse l'accepter aussi vite. J'haussa des épaules :

"Je suis revenue à San Francisco sur un coup de tête. Sinon je serais sûrement restée tout le reste de ma vie à Santa Barbara et Ivy aussi. J'avoue que même encore tout à l'heure quand je t'ai vu ... Je ne voulais pas que tu sois au courant."

Et il n'aurait jamais su qu'il avait une fille. Je trouva cela soudainement un peu cruel de ma part en y réfléchissant bien. Puis je me souviens de ces mots qu'il m'avait balancé en pleine figure et toute pitié s'envola aussitôt. Il chercha ma main et étonnement je ne la retira pas. Cette proximité ne m'était pas inconfortable contrairement à ce que j'aurais pensé. Il la serra lorsqu'il me demanda tout simplement :

"Pourquoi ?"

Dans sa voix je sentis un fond de gentillesse. Je manqua alors de craquer. J'avais les larmes aux yeux lorsque je lui expliqua. Des larmes de quoi ? Aucune idée peut être de colère, de rage, de tristesse, un peu des trois sûrement.

"Je ... J'ai ... J'ai tout sacrifié pour elle. Y'a pas un seul jour où je regrette tu vois mais j'ai dû lâcher mes études, quitter la ville. Ça a pas était très facile. Et même si j'avais mon père et mon ... Enfin je n'étais pas seule. Mais je ne t'avais pas toi. Tu n'étais pas là pour tout : la grossesse, la naissance, les premiers mots, les premiers pas, tout ! Et le pire c'est que même après ce que tu m'avais balancé en pleine gueule tu continuais à me manquer. Puis les années ont passées et il est devenu évident que je pouvais vivre sans toi et même bien m'en sortir. Petit à petit ce n'est plus de la tristesse que j'ai ressenti en pensant à toi mais de la colère. Je t'en voudrai toute ma vie pour ce que tu m'as dit ce jour-là, pour avoir laissé la gamine de seize ans enceinte éperdument amoureuse que j'étais. Mais t'es son père et t'es ... T'as été le premier pour moi et je peux juste pas te détester comme je l'aimerai. Raison plus pour te détester d'ailleurs."

Je repris ma respiration. Une larme coula sur ma joue mais je n'y prêta pas attention. Regardant nos mains toujours serrées. Qu'est-ce que j'étais entrain de faire ? Je ne pouvais pas retourner vers lui d'une quelconque manière qu'il soit. Il fallait que je protège Ivy de lui avant qu'il ne soit trop tard, avant qu'il ne lui fasse du mal. Mais au fond je savais que j'essayais de me trouver des excuses. Que jamais il ne lui ferait quoique ce soit.

"C’est joli Ivy."

J'eu un faible sourire :

"Ma mère voulait m'appeler comme ça ..."

Mais c'était avant qu'elle décède à ma naissance et que mon père décide finalement de me nommer Lou en son honneur puisqu'elle s'appelait Louisa.

"Réagis, merde. T’es … je ne sais pas moi. J’ai gâché ta vie entière. Du début à la fin, et en plus, … la petite n’a jamais connu son père. Je … Réagis, c’est tout ce que je te demande."

Je le regarda dans les yeux. C'était une invitation très tentante. J'allais lui donner une bonne claque qui ne lui aurai pas fait grand chose vu le manque de force soudain dont je souffrais. Mais Ivy arriva à cet instant précis. Elle avait une grande feuille dans la main et semblait vouloir nous la montrer, habituée à ce genre de geste venant d'elle je lui dis avec un grand sourire :

"Qu'elle est belle ta feuille ma chérie !"

Je vis qu'elle avait froid et la pris immédiatement dans mes bras, la frottant pour la réchauffer au maximum. Théo se pencha alors vers mon oreille :

"Bon … je doute que tu veuilles gâcher ta journée en restant une seconde de plus avec moi. On discutera une autre fois, je le crains. A moins que tu acceptes d’aller ..."

Il hésita avant de finir :

"… je connais un petit café non loin d’ici."

J'essaya de réfléchir du mieux possible. Étrangement je voulais lui parler. Il avait dit "je le crains" en évoquant le fait que nous ne parlions pas maintenant alors ça voulait bien dire qu'il avait besoin de parler. Je le regarda quelque instants avant de sortir mon téléphone de ma poche :

"Laisse-moi deux minutes."

Mes doigts tremblèrent légèrement lorsque je composa le numéro d'Elijah.

"Oui salut c'est moi."

"Écoute tu es au boulot là ? Est-ce que tu peux venir chercher Ivy au parc s'il te plaît ?"

"Je ... Enfin j'ai retrouvé son... Oui je l'ai retrouvé."

"Je sais oui."

"On peut en reparler une autre fois s'il te plaît ? J'ai juste besoin que tu viennes la récupérer pour que je puisse lui parler."

"Dans un café oui !"

"Parfait merci."


Je raccrocha et souffla assez bruyamment en tournant ma tête vers la fille :

"Papa va venir te récupérer pour t'emmener à la patinoire."

Elle me fit un grand sourire et je regarda ensuite Théo, lui murmurant à son oreille à voix basse :

"Je te suis dès qu'elle est partie."
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MessageSujet: Re: a ghost from the past (ft. théodore)   Jeu 15 Déc - 14:49

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Je l’écoutais attentivement, sans rien dire, ni l’interrompre. Et sans répondre. Tout était encore flou dans ma tête. Il fallait que j’y mette de l’ordre avant. Pour une fois, j’essayais de faire les choses correctement. Alors j’avais préféré me taire, enregistrant tout ce qu’elle venait de me dire, pour le ressortir plus tard, quand l’occasion se présentera. Un silence s’installa entre nous, et la petite Ivy me sauva la mise, revenant vers nous, toute joyeuse. C’est à ce moment que je profitais de demander à sa mère, si on pouvait en discuter, mais ailleurs. Je recommençais petit à petit à ressentir à nouveau toutes les sensations, et le froid s’imprégnait de plus en plus dans ma chair. Il ne faisait pas si froid pourtant. Elle hésita, avant de prendre son téléphone et d’appeler je ne sais qui. Avant de raccrocher, avertissant sa fille qui son papa allait venir la chercher. Je grimaçais inconsciemment à sa remarque. Son papa, c’était moi. Et pas quelqu’un d’autre. J’ai été pris d’une bouffée de jalousie, qui, je le sais bien, était mal placée. Il y a a peine quelques minutes, je ne connaissais même pas son existence, ma vie roulait comme sur des roulettes, et voilà que maintenant à l’annonce de l’autre papa, je bouillonnais. C’était le comble. J’hochais tout simplement la tête, me levant. « Je vais t’attendre ailleurs ». Je ne voulais pas rester là, avec elles, à devoir faire semblant que tout aille bien, et surtout, me retrouver devant l’autre. Celui qui avait pris ma place, dans le cœur de ma fille. Mon dieu, que je devenais niais ! Je me penchais vers la petite, lui souriant. « Je suis content de t’avoir connu, petite Ivy », je lui posais la main sur l’épaule. « Amuse-toi bien à la patinoire », j’avais failli rajouter avec ton papa, mais ces mots restèrent coincés dans ma gorge. Un simple signe de tête à Lou, et je m’éloignais, m’arrêtant à quelques mètres de là, me posant sur un autre bout, tuant le temps comme je le pouvais.  J’avais choisi cette place précise parce que je savais que Lou devait passer devant.

Une demi-heure passa quand elle passa le bout de son nez. « Ce n’est pas trop tôt », râlais-je. Le naturel revenait au galop, et maintenant, plus de faux semblant. La petite n’était plus parmi nous. « Suis-moi », rajoutais-je tout simplement, partant en direction de la sortie du parc, Lou sur mes talons. Il nous fallut encore environ une petite quinzaine de minutes avant de rejoindre le petit café que j’avais en tête. Je m’arrêtais devant, finissant en quelques bouffées la cigarette que j’avais allumée sur le chemin, avant de rentrer, au chaud ! Je balayais la pièce du regard. Le café était déjà à moitié plein. Tu m’étonnes, avec ce temps. Je dénichais une table vide vers le fond, et je m’y dirigeais, Lou me suivant, toujours. Je m’assis contre le mur – d’où je pouvais avoir une vue d’ensemble – tout en enlevant les couches de vêtements que je portais sur moi. Je posais les mains sur la table. « Bon » Je ne pus poursuivre, le serveur arrivant au même instant, pour prendre nos commandes. Pour ma part, même si, l’idée d’avoir un café chaud entre les mains étaient plaisante, j’optais plutôt pour un double whisky. En plein milieu de l’après-midi. Mais je m’en foutais. J’avais encore le droit de faire ce que je voulais, et la situation le permettait. J’attendis qu’elle fasse de même, et le serveur partit, pour poser mon regard dans le sien. Les choses sérieuses allaient commencer. « Je te repose la question, pourquoi tu me l’as dit ? Tu viens de me le dire toi-même, tu hésitais encore tout à l’heure, alors pourquoi avoir changé d’avis ? ». Le ton s’était fait plus froid, plus dur, que tout à l’heure dans le parc. Je dus attendre pour avoir une réponse car le serveur revint avec nos commandes. Dès le verre posé sur la table, je le pris en main avant d’en boire une gorgée. « Pourquoi ne pas m’avoir laissé dans l’indifférence ? Et t’as pensé un seul instant à ta fille ? » Je secouais la tête. La regardant d’un œil mauvais. Sa fille, qui, allait se retrouver au milieu d’un bordel pas possible, sans qu’elle le veuille, à cause de sa mère, qui n’avais pas réussi à fermer sa gueule. « Et j’imagine, en plus, que maintenant, je dois faire comme ces neuf dernières années ? Qu’elle n’existe pas ? »

Je pris une nouvelle gorgée. Grande inspiration. « Et tu n’as pas compris. Le pourquoi de tout à l’heure », je levai les yeux au ciel. Voilà, j’étais de nouveau moi-même. « Je savais déjà tout ce que tu m’as dit. Je n’avais pas besoin de l’entendre de nouveau. Je ne suis pas sénile encore. Et non, ne t’attends pas à avoir des excuses de ma ère. Le pourquoi, vu qu’il faut tout t’expliquer, c’était savoir pourquoi tu te comportais gentiment avec moi. Je veux dire, si on échangeait les rôles … Mais non, tu as été gentille, tu ne m’as pas insulté une seule fois, ni gifler ou autre, alors que tu en avais l’occasion, et tu m’as même pris la main ! Bordel. Qu’est-ce qui ne tourne pas rond dans ta tête ? Voilà la vraie raison de mon pourquoi. Elle est ou là Lou de l’époque ? Celle qui ne se laissait pas marcher sur les pieds ? Celle qui se battait ? Disparue ? » J’y allais peut-être un peu fort, mais il fallait que ça sorte. Elle ne se rendait pas compte, que là, elle me donnait tous les droits. Pourquoi ne pas se comporter comme un salop, quand on sait qu’après, elles restèrent toutes gentilles et ne réagissent pas ? Je la regardais, croisant les bras, impassible. Sans aucun sourire.  





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MessageSujet: Re: a ghost from the past (ft. théodore)   Jeu 15 Déc - 20:12


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Théo décida de m'attendre plus loin. Était-il jaloux ? Je n'en savais rien. Tout ce que je savais c'était que je m'étais foutu dans un vrai merdier. Il dit à Ivy qu'il avait été content de la rencontrer et elle lui dit qu'elle aussi elle était contente. Il avait posé une main sur son épaule et j'espérais que la légère grimace que j'avais faite était passée inaperçue. Elijah arriva quelques minutes plus tard et comme d'habitude se fut tendu entre nous mais cette fois je vis quelque chose dans son regard : de l'inquiétude, de la peur même. Et lorsqu'il me prit dans ses bras je sus que cette inquiétude me concernait : il ne voulait pas que j'aille discuter avec Théo. Forcément il voulait me protéger de lui, de mes erreurs du passé. Mais j'avais pris la decision et il la respecta. Il repartit avec la petite en me disant une dernière fois de faire attention à moi et de l'appeler au moindre soucis. J'hocha vaguement la tête, les mains dans les poches de mon pull et regarda la voiture s'éloigner. Je resta quelques minutes comme ça. Debout, immobile, dans le froid. La température descendait chaque minute, du moins c'était mon impression. Mon cerveau ne voulait juste plus réfléchir. Pourquoi Ivy avait-elle voulu aller au parc ? Pourquoi avait-il fallu qu'il soit là et qu'elle lui rentre dedans ? Ce qui s'annonçait comme une belle journée virait officiellement au cauchemar !

"Ce n’est pas trop tôt"

Le vrai Théo était de retour. Celui qui grogne, qui râle, qui est chiant et détestable. Je leva les yeux au ciel mais je ne répondis rien. J'allais finir par exploser, j'avais cette impression d'être une grenade dégoupillée : d'une seconde à l'autre ça allait partir en vrille mais en attendant j'étais calme. Le calme avant la tempête. Je le suivis donc sans rien rajouter. Quinze minutes plus tard environ nous étions assis à cette table au fond du petit café dont il avait parlé. Il allait commencer la discussion mais fus coupé par le serveur. Il commanda un double-whisky. Ah oui quand même. Je me retiens encore une fois de faire un commentaire. Je commanda un café. Noir, brûlant et sans sucre, comme à mon habitude. Une fois le serveur parti, Théo commença à déballer ce qu'il voulait me dire depuis tout à l'heure je pense :

"Je te repose la question, pourquoi tu me l’as dit ? Tu viens de me le dire toi-même, tu hésitais encore tout à l’heure, alors pourquoi avoir changé d’avis ?"

Je le tua du regard. Littéralement. N'avait-il rien compris ? J'ouvris la bouche puis la referma : les commandes étaient arrivées. Il se jeta sur son whisky aussi vite que je me jeta sur mon café. On m'avait souvent fait remarquer que peu de gens pouvait boire un café aussi chaud que moi. Mais la chaleur ne m'avait jamais dérangeait, contrairement au froid. Finalement mon ton se fit sec et c'est vrai légèrement méchant lorsque je lui répondis tout simplement :

"Parce que t'es son père."

Je bus lentement une autre gorgée. Essayant de me contrôler mais j'avais vraiment envie de ... Je ne sais pas mais de me défouler. J'aurais eu un punching-ball ça aurait été parfait mais bon l'endroit n'était pas vraiment approprié.

"Pourquoi ne pas m’avoir laissé dans l’indifférence ? Et t’as pensé un seul instant à ta fille ?"

S'il y avait bien une chose que je ne tolérerai pas c'est qu'il me traite d'égoïste.

"Pardon ? Penser à ma fille ? Je ne fait que ça depuis ses dix dernières années !"

J'avais parlé légèrement plus fort que prévu mais heureusement notre table était assez isolée. Je baissa donc légèrement le ton lorsque je repris :

"Ma fille a le droit de savoir. Et elle le sait déjà. Elle l'a toujours su qu'elle avait deux papas. Mais elle a le droit de savoir que son père est un abruti fini qui m'a prise pour une conne. Alors oui tu as le mauvais rôle dans l'histoire, celui du premier papa qui l'a abandonné avant même qu'elle naisse. Mais tu sais quoi ? C'est amplement mérité !"

Nos regards en disaient long sur nos ressentis. Chacun en voulait à l'autre pour ses raisons.  

"Et j’imagine, en plus, que maintenant, je dois faire comme ces neuf dernières années ? Qu’elle n’existe pas ?"

Je pris deux gorgées de café cette fois avant de répondre. Je n'avais pas pensé à tout ça. C'est vrai j'avais été bête.

"J'en sais rien, à toi de voir, à toi de me dire. Elle a l'air de bien t'aimer en plus ... Elle est au moins aussi naïve que moi à l'époque."

Puis il m'annonça que je n'avais pas compris son "pourquoi" de tout à l'heure. Au fur et à mesure qu'il déballé ces mots, ces phrases, je reprenais des couleurs, et me sentais envahit d'une intense chaleur : la colère.

"Je savais déjà tout ce que tu m’as dit. Je n’avais pas besoin de l’entendre de nouveau. Je ne suis pas sénile encore. Et non, ne t’attends pas à avoir des excuses de ma ère. Le pourquoi, vu qu’il faut tout t’expliquer, c’était savoir pourquoi tu te comportais gentiment avec moi. Je veux dire, si on échangeait les rôles … Mais non, tu as été gentille, tu ne m’as pas insulté une seule fois, ni gifler ou autre, alors que tu en avais l’occasion, et tu m’as même pris la main ! Bordel. Qu’est-ce qui ne tourne pas rond dans ta tête ? Voilà la vraie raison de mon pourquoi. Elle est ou là Lou de l’époque ? Celle qui ne se laissait pas marcher sur les pieds ? Celle qui se battait ? Disparue ?"

Cette fois-ci c'est moi qui partie dans un rire immense. Un vrai fou rire qui dura quelques minutes, je finis par boire du café puis pouf ... La grenade explosa.

"Tu sais ce que ça fait ? D'avoir seize ans et d'apprendre que le mec qu'on aime et en fait un pauvre con de première classe ? Je vais te le dire ! On a l'impression que c'est nous le problème, que c'est nous qui devons changer ! Je croyais que tout était de ma faute ! À la seconde même où tu m'a laissé tomber je me suis dite que c'était ma faute ! Ma faute tu imagines ! Alors oui j'ai changé par ta faute ! Tu m'as fait me remettre en question alors que le problème ne venait sûrement pas de moi !"

Je tapa d'un coup violemment du poing sur la table, coup de chance que nos boissons ne se renversent pas. Je ne pouvais juste plus me contenir. Plus je parlais et plus je levais le ton :

"Je ne t'ai pas insulté jusqu'à maintenant c'est vrai. Tu veux savoir pourquoi ? Parce que j'ai cru quatre secondes que t'avais je sais pas moi ... Changé ? Non je dirais même grandit ! Mais en fait Monsieur est toujours l'adolescent arrogant et hautain que j'ai connu et je n'ai plus aucun espoir pour lui !"

Je bus d'une traite ce qui restait de mon café avant de finir en criant cette fois :

"Alors tu sais quoi Théodore Leroy ? Va te faire foutre !"

Et ma main partie toute seule sur sa joue. Une claque, pas trop forte mais une claque quand même. Je sortie immédiatement de table, sans un regard vers lui, pour aller vers les toilettes à l'autre bout du café. Je les avais repérés en entrant.
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MessageSujet: Re: a ghost from the past (ft. théodore)   Lun 19 Déc - 16:07

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Ha enfin ! Voilà ou elle était là Lou que je connaissais de l'époque. C'était à se demander si je n'arrivais plus à faire réagir personne, mais apparemment, si, j'avais encore ce don. Il n'avait pas fallu longtemps en plus. Dès qu'elle n'était plus sa fille, elle redevenait elle-même. Comme à l'époque, il y a neuf ans en arrière. Pour ma part, j'avais dit tout ce que j'avais à dire, d'un ton égal. Sans élever la voix, ni sans être trop méchant, dans mon intonation. Et souvent, c'était bien pire. Je l'écoutais me répondre, point par point, ne l'interrompant pas. La laisser parler. Vider son sac, et ensuite, j'aviserais. Parce que t'es son père.  A nouveau, j'en eu un haut-le-cœur. Et je levai les yeux au ciel. C'est bon, j'avais compris là ! Je n'étais pas sénile non plus. Pour la peine, et pour essayer de cacher une grimace, je portais mon verre à mes lèvres. Pardon ? Penser à ma fille ? Je ne fais que ça depuis ces dix dernières années ! Si tu le dis. L'envie me démangeait de l'interrompre. Et non, de mon point de vue, elle n'avait pas du tout pensé à sa fille. Car, si, en effet, elle l'aurait fait, elle ne m'aurait jamais annoncé que j'étais son père biologique. Dans le cas contraire, elle aurait pu continuer à poursuivre sa vie comme elle en avait l'habitude, sans qu'Ivy me croise, et qu'elle ne pose trop de question. Je n'avais pas encore réellement réfléchi à la question – il me faudra certainement un bon moment pour avaler cette nouvelle situation – mais imaginons que je veuille un droit de visite, ou autre ? Je ne suis pas si sûr que Lou soit d'accord, et justement, dans ces cas là, la petite va se retrouver au milieu, alors qu'elle n'a rien demandé et qu'elle appelle déjà quelqu'un d'autre papa. Un imposteur à mes yeux. Il fallait vraiment que je lui dise ma manière de pensée. Car, justement, contrairement à elle, je pense à la petite. Et le merdier qui suivra. Si vraiment elle y tenait, elle aurait dû se taire. Ne rien me dire. Ma vie n'aurait pas basculer si abruptement.  Ma fille a le droit de savoir [...] C'est amplement mérité !   Cette fois-ci, je ne pus m'empêcher de réagir, me promettant que je n'interviendrais plus. Jusqu'à quand elle aura fini. « Dis-moi, toi qui dit que ta fille a le droit de savoir, tu vas aussi lui dire qui était réellement le Monsieur du parc ? Ou tu vas esquiver ou inventer n'importe quelle excuse ? » Je la regardais dans les yeux, essayant de la sonder. Elle écumait de rage. Pour mon plus grand plaisir. Jamais elle n'arrivera à me blesser, ni à me faire du mal, comme moi j'arriverais à le faire rien qu'en claquant des doigts. Un sourire mauvais, moqueur, se dessina sur mes lèvres.

Et blablabla. Je n'écoutais que d'une oreille. Ce refrain, que je l'avais entendu des milliers de fois. Et c'était toujours la même chose. A croire que toutes les femmes étaient pareilles. Toutes naïves. Je soupirais. Sérieusement ? « Attends, attends. Je t'arrête tout de suite là. Déjà, non, je ne peux pas savoir. Mais, si mes souvenirs sont bons, tout le monde, je dis bien tout le monde, connaissait ma réputation à l'époque. Alors ne dis pas que tu n'étais pas prévenue. Tu savais très bien ou tu mettais les pieds en me suivant en haut. Alors oui, en partie, c'est de ta faute. Je savais que t'étais si naïve, mais pas à ce point. Et je n'étais pas le seul à le penser. Comme quoi, on a beau être une petite princesse .... Et puis, peut-être que, si tu te serais protégée correctement, on en serais pas là aujourd'hui ». Je vidais d'un trait mon verre, sachant pertinemment que c'était un dialogue de sourd. Chacun remettant la faute sur l'autre. Ne voulant pas accepter sa part de responsabilité. A la mention du fait que j'avais changé, je grimaçais. Elle n'avait pas tort. Oui, j'avais changé, avant de revenir un petit con arrogant. « Je ne t'ai jamais demandé d'espérer moi » ricanais-je. « Et apparemment, toi, tu te laisses toujours embobiner. Voyant du blanc partout alors que le noir et le gris existe aussi. Tu n'as pas plus grandi que moi ».

J'avoue, celle-là, je ne l'avais pas vu venir. Sa main s'abattit comme un couperet sur ma joue. J'essayais de rester impassible, étant donné que je me retrouvais en public, mais intérieurement, je bouillonnais. Certes, la gifle était méritée et je pensais qu'elle l'aurait fait bien plus tôt, mais ce n'était pas pour autant que l'acceptais. Des visages se retournèrent vers nous, que je fusillais du regard leur faisant bien comprendre que ça ne leur regardait pas. Elle s'était levée, et était partie, en direction des toilettes. Levant à nouveau les yeux au ciel, je la suivis, quelques secondes plus tard. Elle n'allait pas s'en sortir aussi facilement. Bon. Petit problème. Les toilettes étaient séparées. Soit j'attends qu'elle sorte – ce qui pouvait durer des heures – soit je me faisais violence, et au risque de me faire expulser, de me faufiler dans les toilettes pour dames. Ce que je fis. La pièce était vide et une seule cabine était occupée. Marchant vers celle-ci, je réfléchissais à une excuse toute prête, au cas ou je me ferais surprendre. Je toquais à la porte, nonchalamment. « Lou ? Sors de là, tu veux ? » Elle n'émit aucun bruit. Rien. Je soupirais. « Bon. Tant pis pour toi. Tu devras quand même subir ce que j'ai a te dire, que tu le veuilles ou non, même à travers une porte ». Je m'appuyais d'ailleurs contre celle-ci. « Tu dis avoir voulu protéger ta vie pendant ces dernières années, alors déjà, pourquoi ne jamais lui avoir parlé de moi ? Et pourquoi me l'avoir dit, surtout ? Tu l'as dit toi même non ? Que jusqu'au dernier moment, tu voulais garder la vérité à toi toute seule. Et, j'aurais préféré que tu te taise, sur ce coup-là. Égoïste, qui ne pense qu'à elle-même. C'est comme pour ta môme. Si, par hasard, je déciderais de saisir la justice, ou autre, pour avoir un droit de visite et un droit de regard sur elle, tu ferais quoi ? Et elle, dans tout ça ? En plein milieu, tout ce que tu voulais éviter. Alors ne me dis pas que tu l'as fait surtout pour elle. Et puis merde. Agis un peu comme une adulte ! T'as plus seize ans non ? Sors de là, et on discutera, tranquillement ».   





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